FERROVIAIRE/MARNE. D'origine allemande, l'équipementier ferroviaire s’installera d'ici cet été dans une nouvelle usine à Reims.

Un investissement de 7 millions d’€ destiné à accompagner la croissance de l’activité de service à côté de son métier historique d’assembleur de systèmes de freinage.

Knorr-BremseSystèmes Ferroviaires France fournit des constructeurs ensembliers tels qu’Alstom ou Bombardier, et des opérateurs comme la SNCF, la RATP,  Eurotunnel, ou Keolis.

 

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L’usine rémoise achète des pièces moulées ou usinées et les assemble. ©Frédéric Marais / Agence Info

 

Knorr-Bremse Systèmes Ferroviaires France est sans doute l’une des dernières usines installées en plein cœur de la ville à Reims. Mais cette situation de plus en plus rare appartiendra bientôt au passé, puisque la PME va migrer en périphérie d'ici l’été 2016, dans les locaux d’une ancienne imprimerie industrielle située à Tinqueux.

 

Grâce à ce transfert, la filiale de la branche rail du groupe allemand Knorr-Bremse gagnera une moitié de surface et pourra réunir sur un seul site son atelier de production et ses bureaux, aujourd’hui séparés.

 

« Ce nouveau bâtiment va aussi nous permettre de gagner en productivité et en efficience, tout en améliorant l’accueil de nos clients et les conditions de travail de nos salariés », souligne le P-DG, Eric Tassilly.

 

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La nouvelle usine de 6 840 m2 s’installera dans les locaux vides de l’imprimerie Hebdoprint à Tinqueux, dans la banlieue de Reims. ©Knorr-Bremse

 

L’investissement s’élève à 7 millions d’€, dont 4 pour le réaménagement des locaux, le reste étant consacré à l’achat de nouveaux équipements, comme une grenailleuse et une cabine de peinture.

 

Le business plan prévoit une remontée du chiffre d’affaires à 68,5 millions d’€ en 2017, après le creux qui a suivi la crise économique.

 

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Nommé en 2006 à la tête de l’entreprise, soit dix ans après l’ouverture de ce site issu du regroupement des équipes de Lisieux et de Colombes à Reims, le dirigeant a délibérément opté pour une stratégie de diversification.

 

« La proportion dans notre chiffre d’affaires de l’activité de service est passée de 20 à 50 % dans le but d’amortir le caractère cyclique de la première monte », explique Eric Tassilly. Knorr-Bremse Reims est même devenu organisme de formation agréé pour le compte de ses clients.

 

80 % de maintenance

 

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L’activité se partage entre la première monte et le service après-vente. ©Frédéric Marais / Agence Info

 

Si le cœur de métier de l’usine rémoise reste l’assemblage de systèmes de freinage pour tout ce qui roule sur rails — TGV, rames automotrices, tramways, métros, wagons, locomotives —, elle est aussi spécialisée dans la réparation, la maintenance et la fourniture de pièces détachées. « Dans l’atelier, on fait 80 % de maintenance et 20 % de première monte », précise le P-DG.

 

Sur les 150 salariés de l’entreprise, une dizaine est d’ailleurs en poste à demeure chez les constructeurs de trains et ne mettent jamais les pieds à Reims.

 

L’une des explications est d’ordre contractuel : l’obligation de réparer gratuitement pendant deux ans un train neuf après sa livraison.

 

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Knorr-Bremse Reims a cherché parallèlement à diversifier son activité : les portes depuis 2007 et la climatisation depuis 2013. La filiale a du coup abandonné son nom d’origine - Freinrail - en 2014, devenu trop restrictif, pour acter cette diversification.

 

Même si le frein reste ultra dominant avec 93 % de l’activité, contre 5 % pour les portes (d’accès, d’intérieur, de quai) et 2 % pour la climatisation.

 

La nouvelle usine doit toutefois permettre de développer l’activité de maintenance des systèmes de climatisation.

 

Ce nouvel établissement est un signal fort envoyé par le groupe Knorr-Bremse, leader mondial des systèmes de freinage pour trains et camions avec 87 sites dans 29 pays, 23 000 salariés et un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2014.

 

En Afrique francophone

 

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©Frédéric Marais/Agence Info.

 

« Au travers de cet investissement, Knorr-Bremse reconnaît l’importance du marché français, le deuxième en Europe après le marché allemand, et son potentiel de développement, notamment autour des projets à venir en Ile-de-France », indique la direction.

 

Mais le site rémois a également pour mission de servir de plate-forme logistique en France et à l’étranger, notamment en Afrique francophone (Algérie, Maroc, etc.), où il réalise un peu moins de 10 % de son chiffre d’affaires.

 

Toutes activités confondues, ses clients sont des constructeurs ensembliers tels qu’Alstom ou Bombardier, des opérateurs internationaux comme la SNCF, la RATP et Eurotunnel, ou régionaux comme Keolis.

 

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©Frédéric Marais/Agence Info

Qui est Eric Tassilly ?

 

Agé de 53 ans, le P-DG de Knorr-Bremse Systèmes Ferroviaires France SA est sorti ingénieur de l’Ecole des mines de Paris.

 

Il a d’abord travaillé pendant quatre ans à la RATP puis pendant seize ans chez Alstom Transport avant de rejoindre Knorr-Bremse en 2006, date à laquelle il prend la direction de l’usine rémoise.

 

Celle-ci comptait moins de 100 salariés à son arrivée.

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