Assemblage de composants horlogers.
Assemblage de composants horlogers.

HORLOGERIE. Le concepteur et développeur franc-comtois de mécanismes horlogers, installé à quelques kilomètres de la Suisse, conduit une astucieuse politique sociale pour fidéliser son personnel.

Isa France, filiale d’un groupe chinois, engage parallèlement une stratégie de diversification vers d’autres secteurs comme le médical, l’aérospatial et la téléphonie.

Très intégrée, l'entreprise dispose de capacités de production surdimensionnées.

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Que faire lorsqu’on est comme Isa France, une entreprise comtoise située à un kilomètre à vol d’oiseau de la Suisse et de ses salaires plus qu’attractifs ? Réponse : mener une intelligente politique sociale pour fidéliser son personnel.

« D’autant que nous regroupons des profils professionnels en forte tension : usineurs, mécaniciens, contrôleurs… », énumère Philippe Truchot, le président et directeur général.

Six mois de baisse d’activité en 2012 a été le déclencheur. Au lieu de recourir au chômage partiel, voire à des licenciements, l’entreprise (10 millions d’€ de chiffre d’affaires 93 salariés) s’engage dans une vaste politique de formation.

Pas moins de 250 000 € sont dépensés pour qualifier un total de 23 personnes réparties dans tous les métiers de la production.

L'entreprise dispose d'équipements ultra-performants. Ici le secteur dédié à l'érosion.
L'entreprise dispose d'équipements ultra-performants. Ici le secteur dédié à l'érosion.

Un parc machine impressionnant

L’affaire aurait pu en rester là, mais Isa France, ne voulait pas, une fois formés, les voir céder aux sirènes des salaires parfois doubles, en Suisse.

« Avec Nathalie Pepe-Aubry, notre DRH, nous avons considéré qu’une bonne ambiance au travail était une valeur déterminante pour conserver son personnel », indique le dirigeant.

Chaque nouveau salarié bénéficie ainsi d’un parcours d’accueil et d’intégration. Il est suivi par un tuteur jusqu’à ce qu’il prenne ses marques. À l’issue d’une période de trois mois, un « petit-déjeuner gourmand » lui permet de mieux connaître les arcanes de la société qui l’emploie et celles de son groupe d’appartenance.

« En 2006, nous subissions un turn-over supérieur à 10%, il est aujourd’hui inférieur à 5% », assure Philippe Truchot.

Comme quoi, l’argent ne fait pas tout.

Cette manière de motiver ses troupes porte également ses fruits en termes de production. Le fabricant de pièces d’ébauche de mouvements à quartz pour les plus grands horlogers mondiaux possède un parc machines imposant (*), hérité de l’histoire de l’entreprise lorsqu’elle réalisait des dizaines de millions de pièces par an.

Section affûtage mécanique d'Isa France.
Section affûtage mécanique d'Isa France.

Une forte intégration

« Aujourd’hui, nous industrialisons des composants à plus forte valeur ajoutée et cherchons à mieux nous diversifier, ce qui ne souffre aucune compromission avec la qualité finale», commente le président d’Isa France.

De 15% d’activité en dehors du secteur horloger, le fabricant compte progressivement passer à 30 ou 40%. Cette stratégie lui fait cibler des secteurs tels l’aérospatial, le médical ou encore la téléphonie.

Outre sa capacité de produire en grand volume, donc à moindre de coût, il est aussi capable de créer tous les outillages nécessaires : micro découpage, étampes de rectification, moules pour micro-injection…

« Grâce à notre service R&D en Suisse et à notre bureau industriel sur place, nous pouvons tout prendre en charge jusqu’au parachèvement et les contrôles finaux de pièces allant de 0,2 à 50 mm », note Philippe Truchot.

Isa France est filiale depuis 1998 d’un groupe Chinois éponyme (chiffre d’affaires non communiqué). Outre l’unité de Villers-le-Lac, ce dernier exploite cinq autres sites de production dans le monde (un en Suisse et quatre en Chine), en s’appuyant sur un effectif de 1200 personnes.

Philippe Truchot, président d'Isa France.
Philippe Truchot, président d'Isa France.

Qui est Philippe Truchot ?

Docteur en sciences de l’ingénieur Philippe Truchot est un spécialiste des quartz horlogers.

Entré dans l’entreprise en 1995, il travaille déjà sur un vaste programme de recherche pour les industrialiser puis, il intègre la production et monte progressivement tous les échelons pour devenir le directeur général et président d’Isa France.

Ses compétences doivent séduire son employeur car il est par ailleurs le directeur du site suisse (74 salariés). Disponible et humaniste, il privilégie un management ouvert et « attentionné ».

(*) Pas moins de 25 presses à découper, 20 presses à injecter, 40 machines d’usinage, 50 lignes d’assemblage et de nombreux équipements de traitement thermique comme de surface qui font l’objet d’un réinvestissement annuel à hauteur de 300 000 €, tant pour l’entretien que le renouvellement.

Crédit photos : Isa France

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