Les scénographes de la cité de la gastronomie et du vin de Dijon n’ont pas encore dévoilé la façon dont ils illustreront le repas gastronomique des Français, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, mais une visite du chantier lève certains coins du voile. Les travaux doivent s’achever fin 2021 pour une ouverture dans un an.


Dans la cité de la gastronomie et du vin de Dijon, projet issu de l’inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine mondial de l’Unesco, le visiteur pourra d’abord bien manger, ou plutôt découvrir des saveurs. La mairie de Dijon qui a la charge de l’animation des lieux édifiés par le groupe Eiffage, veut à la fois soigner l’aspect qualitatif des prestations et participer à l’éducation gustative des visiteurs. 

Elle veut faire honneur à l’école Ferrandi qui s’installe sur deux niveaux dans le bâtiment d’accueil, identifiable par son avancée en bordure de la rue de l’Hôpital, face au centre-ville, que son architecte Anthony Béchu appelle le « canon de lumière ». De cette école hôtelière basée à Paris sortent plusieurs chefs étoilés et Meilleurs Ouvriers de France (MOF) boulangers et pâtissiers. Elle espère bien trouver un terreau favorable en Bourgogne pour sa centaine d’élèves attendus au printemps 2022 qui se formeront de façon intensive, en cinq mois, à la pâtisserie ou à la cuisine française.

 

negociants

Tout amateur de cuisine pourra, durant quelques heures, s’imaginer devant les fourneaux d’un établissement renommé grâce à des cours de cuisine (payants) donnés par l’école. Mais le « cœur du réacteur » comme l’appelle François Deseille, élu de Dijon chargé du projet, sera l’espace de cuisine événémentiel dont on est en train de bâtir les fondations, tout près de l'ancienne chapelle de l’hôpital général.
Dans une grande salle de 600 m2 dotée de gradins, des chefs locaux feront des démonstrations culinaires, type Top Chef, devant un public, tour à tour scolaire, local et de touristes. Les séquences filmées seront retransmises notamment sur les réseaux sociaux. Voilà pour apprendre la cuisine ou améliorer ses talents culinaires.

 

2.500 références de vins du monde entier

canoncigv
L'entrée de la cité de la gastronomie et du vin présente un pignon entièrement vitré dirigé vers le centre-ville. Le bâtiment abritera l’école de cuisine Ferrandi, un espace d’exposition et l'école des vins de Bourgogne. © Traces Ecrites
courberrier
La cour Berrier sera recouverte d’une verrière pour étendre les activités des 3.500 m2 de cellules commerciales aménagées dans un bâtiment rénové, par le promoteur immobilier K-Rei. © Traces Ecrites


Le côté bon coup de fourchette se cultivera dans le même quartier, organisé tout autour de la cour Berrier, la partie la plus ancienne de l’ancien hôpital. Seize cellules commerciales dont les étals déborderont sous une canopée de verre, proposeront à la vente des produits locaux et des mets élaborés, à déguster sur place ou à emporter. L’emplacement d’un restaurant gastronomique est déjà identifié (mais pas son chef).
L’une des ailes de la cour hébergera une gigantesque cave à vins où le visiteur pourra faire des dégustations grâce à 250 distributeurs de vin au verre et (et des provisions) parmi 2.500 références du monde entier. Place est aussi réservée, expliquent les élus, pour un bar à bières et même à moutardes.

Quant à l’initiation à la dégustation du vin, ce sera l’affaire de l’école des vins de Bourgogne, sise à Beaune et qui ouvre une antenne dans le bâtiment d’accueil. Tandis qu’à Beaune, elle propose des formations longues (1 à 3 jours) pour un public de professionnels et d’amateurs éclairés, ici en une demi-heure ou trois quarts d’heure, on pourra apprendre les bases de la dégustation des vins de Bourgogne.

 

justdijonavril

Voilà pour les nourritures terrestres. Les nourritures intellectuelles devant participer à la connaissance des vins de Bourgogne et de la gastronomie trouvent leur place en plusieurs endroits.
Dans l’ancienne chapelle de l’hôpital, classée aux monuments historiques, et dont le décor sera rafraîchi, le visiteur pourra tout savoir sur les Climats, autre « classement  Unesco » en faveur du vignoble de Bourgogne. Des écrans géants raconteront la vigne et le vignoble et feront comprendre ces fameux climats, autant de parcelles autrefois toutes closes qui par leur sol et leur exposition donnent une identité particulière à chaque appellation.

La cuisine française fera l’objet de 1.500 m2 d’expositions permanentes et temporaires dans le bâtiment d’accueil, conçues comme des décors dans lesquels le visiteur déambulera.  L’une d’elle fera appel aux sens, une autre associera le vin et les mets. Un autre équipement culturel prend place sur le site, par opportunité. La ville a  choisi d’y installer le Centre d’interprétation d’architecture et du patrimoine de Dijon. Rien à voir avec l’Unesco, mais cette fois au label « Ville d’Art et d’Histoire » qui veut qu’un lieu raconte l’histoire locale.

La billetterie sera à la carte, pour une ou plusieurs prestations pour éviter d’en faire un lieu exclusivement touristique, mais plutôt un quartier urbain où l’on peut se promener sans « consommer ». La ville veut éviter le syndrome de Lyon dont la cité de la gastronomie édifiée sur les mêmes motivations d’illustration du repas gastronomique des Français a fermé ses portes un an après son ouverture.

chapelleclimats
La Chapelle des Climats, chapelle désacralisée de l’ancien hôpital, verra ses décors repeints, ses vitraux et ses sculptures rénovées avant de devenir le centre d’interprétation des Climats du vignoble de Bourgogne. Les typicités du vignoble de Bourgogne seront racontées sur des écrans géants et des « corners » présenteront (sans vente) les produits régionaux de la Bourgogne et de la Franche-Comté. © Traces Ecrites
villagebyca
La première livraison de la cité sera le Village by CA, en septembre 2021, 760 m2 d’accueil de start-up dans cette construction neuve. L’ancienne porte de l’hôpital a été reculée de 60 cm afin de laisser place à un trottoir sur la rue de l’Hôpital. © Traces Ecrites
logementsfrancois
Ces bâtiments anciens sont rénovés pour en faire des logements de standing par le promoteur François 1er. © Traces Ecrites
otsi
Ces salles voûtées du 18ème siècle abriteront une antenne de l’office de tourisme de Dijon et sa boutique. © Traces Ecrites
expopatrisserie
Une esquisse d’un décor d’exposition sur la pâtisserie. © Traces Ecrites
espaceeve
En premier plan sur la seconde photo, les fondations de l’espace de cuisine événementiel. © Traces Ecrites


Connaître le secteur du tourisme en Côte-d’Or en cliquant sur le logo

invest

Commentez !

Combien font "1 plus 8" ?