SIGNALÉTIQUE/ALSACE. Cap' de ralentir ?, Lève le pied !, Fais gaffe, on est là ! : ce sont quelques-uns des panneaux qu'I-Care teste en cette rentrée scolaire en Alsace, pour inciter les automobilistes, les conducteurs de bus et tous les autres usagers à la prudence aux abords des écoles. 

Basée à Wittelsheim (Haut-Rhin), la PME qui compte parmi les leaders du marché des radars pédagogiques, poursuit une diversification au sein de sa famille de métier : les solutions de sécurité dans les villes et villages.

 

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L’Alsace constitue la région-test d’ici à la fin de l’année, de ces panneaux ponctuels de sécurité routière, avant d’envisager la commercialisation ailleurs en France.

 

Dans la foulée de Cernay, la pionnière, près du siège de l’entreprise, une petite dizaine de communes du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort les plus limitrophes de l’Alsace (Roppe, La Chapelle-sous-Rougemont) ont en cette rentrée scolaire, adopté l’offre « I-Care School ».

 

Ces panneaux incitant les automobilistes à ralentir à l'approche des écoles, ont vocation à être aposés cinq ou six fois par an, histoire de bien faire rentrer le message dans la tête des gens. Basée à Wittelsheim (Haut-Rhin), la PME a mis au point sept types de messages écrits et imagés, à la teneur plus ou moins « soft » ou « hard », selon la tonalité que les municipalités veulent donner à leurs campagnes de prévention des accidents.

 

« L’Alsace constitue la région-test d’ici à la fin de l’année, avant d’envisager la commercialisation ailleurs en France. Dans cette optique, nous présenterons le produit au prochain salon des maires cet automne », annonce le gérant et fondateur Antony Mezzarobba.

 

Pour la PME alsacienne, cette nouveauté s’inscrit dans la logique de diversification au sein de sa famille de métier : les solutions de sécurité dans les villes et villages.

 

Concurrence exacerbée dans le radar pédagogique

 

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Le radar pédagogique reste le pilier d’activité avec 70 % des ventes.

 

I-Care est née en 2010 après que Antony Mezzarobba a revendu sa première société de vidéosurveillance urbaine au groupe Spie. Très vite, elle s’est faite connaître par un produit alors novateur qui n’a pas tardé à attirer l’attention des médias : le radar pédagogique. « En sondant les clients collectivités à la création de la nouvelle société, il est vite apparu que la sécurité routière serait la niche porteuse », souligne Antony Mezzarobba.

 

Le fameux radar reste le pilier d’activité avec 70 % des ventes, mais fonder l’avenir sur lui seul serait une erreur, juge le jeune dirigeant. « Le radar pédagogique demeure une bonne porte d’entrée dans les collectivités. Pour elles, il reste la solution la moins coûteuse en terme de prévention-sécurité, par rapport à des aménagements de voirie. »

 

Le dirigeant évalue le gisement de volume : « on estime qu’un tiers seulement des communes en sont équipés. Mais les marges ont fondu, sous l’effet d’une concurrence de plus en plus exacerbée ».

 

I-Care a donc cherché des compléments. Avec succès, l'entreprise s’est lancée dans les panneaux électroniques d’affichage d’infos municipales, auxquels il apporte notamment le « plus » d’alertes météo grâce à un partenariat avec Météo France.

 

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Lecture automatisée de plaques

 

Le dernier né des produits, I-Care School, poursuit donc le mouvement. « Nous allons aussi retourner dans la vidéoprotection urbaine avec des produits dans l’air du temps comme la lecture automatisée de plaques », poursuit Antony Mezzarobba.

 

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I-Care s’est lancé dans les panneaux électroniques d’affichage d’infos municipales, avec des alertes météo grâce à un partenariat avec Météo France.

 

Les contrats de maintenance représentent également un filon intéressant. En outre, les produits de diversification ouvrent la porte à un portefeuille de clientèle complémentaire aux collectivités françaises : les sites industriels d’une part (panneaux d’affichage par exemple) et l’export d’autre part, qui chacun comptent pour environ 10 % des débouchés.

 

La PME poursuit ainsi sa pente ascendante. Depuis 2011, son chiffre d’affaires a été multiplié par plus de deux pour atteindre 3,5 millions d’€ l’an dernier et les effectifs ont presque doublé, soit 20 salariés aujourd’hui.

 

« Nous couvrons en interne toute la chaîne de réalisation : conception-développement, fabrication, logistique, pose et SAV », précise le gérant. I-Care assure l’assemblage, le câblage, le clipsage et le test de composants sous-traités à proximité :  80 % des fournisseurs sont éloignés de moins de 100 km, annonce-t-elle.

 

L’externalisation concerne notamment les éléments électroniques confiés entre autres aux alsaciens Estelec et Thurmelec ou au franc-comtois Merem, l’injection plastique pour les cadres de support, et la sérigraphie.

 

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Christian Robischon

Qui est Antony Mezzarobba

 

A 33 ans, Antony Mezzarobba a déjà un long parcours d’entrepreneur derrière lui. En fait, il n’a fait que cela depuis sa sortie du système scolaire, fort précoce puisqu’elle s’est située au bac en 1999.

 

Deux ans après, il a lancé une première affaire dans l’import de 4x4. Il a effectué son entrée dans l’univers de la sécurité urbaine en 2006 avec Amecsys et ses caméras de surveillance. La revente à Spie a débouché sur la création d’I-Care quatre ans plus tard.

 

Antony Mezzarobba ne s’est pas arrêté là. De fil en aiguille, il a constitué un petit groupe dénommé Amex, qui comprend également une société de maintenance/réparation de matériel électrique, une autre de matériels stratégiques de télécommunications pour la Défense et depuis quelques mois d’une entreprise d’identification de plaques d’immatriculations.

 

Toutes basées dans le Sud-Alsace, les entités aboutissent à un cumul de 60 salariés et 10 millions d’€ de chiffre d’affaires.

 

« La fibre de l’entrepreneuriat continue à vibrer en moi », déclare-t-il, en avouant qu’elle l’amènera peut-être à changer un jour de secteur professionnel.  «  J’encourage les jeunes à créer leur entreprise, pour cela il leur faut du travail, de l’envie… mais aussi du courage car chaque jour apporte aussi son lot de déceptions. J’ai l’impression que se lancer aujourd’hui est plus difficile qu’à mes débuts », témoigne-t-il. 

 

Lui-même a ressenti le besoin de compléter son bagage de formation qu’il reconnaît léger. Par une VAE (validation des acquis de l’expérience), il a décroché un BTS et une licence en action commerciale et en commerce international.

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