audincourt

Modification de l'espace urbain à Audincourt. BEJ/Egis.

 

TRANSPORTS EN COMMUN. Pour une somme maintenue à 100 millions d’€, le nouveau projet de transport par bus à haut niveau de service du pays de Montbéliard augmente la couverture du territoire : il rajoute une ligne et ouvre la voie à une extension à l’Aire urbaine, jusqu'à l'hôpital intercommunal et la gare TGV de Belfort.

De foire d'empoigne, il n'y a point eu jeudi soir au conseil d'agglomération de Montbéliard. La reconfiguration post municipales du THNS (transport par bus à haut niveau de service) a suscité un vote à la quasi unanimité.

Les postures pré-électorales proclamant l’abandon du THNS (Relire l'article de Traces Ecrites News ici) ont laissé la place à une analyse plus objective qui conclut à son caractère indispensable, mais évolutif.

« Je me suis immergé dans ce dossier sans parti pris ni idée préconçue. Nos prédécesseurs ont eu raison de l’initier. Y renoncer nous aurait coûté quelque 40 millions d’€, du fait notamment du remboursement du versement transports et des recours des entreprises. Mais le projet n’était pas bien ficelé. Nous étions donc condamnés à le faire évoluer », a exposé en préambule Marcel Bonnot, le président (UMP) de Pays de Montbéliard Agglomération.

Le nouvel exécutif communautaire renonce au très débattu passage sous rails de 16 millions d’€, boulevard des Alliés à Montbéliard, conformément à la demande de la nouvelle municipalité.

Le tracé du bus en site à haut niveau de service. Cliquez sur la carte pour la lire.
Le tracé du bus en site à haut niveau de service.

Suppression du passage sous rail

Pour un double motif mis en exergue par Marcel Bonnot.  « Il n’apporte rien au caractère opérant du THNS » en terme de fréquentation et de cadence.

Et son financement était hypothétique.

La promesse d’une participation de 50 % de l’Etat et de Réseau Ferré de France (RFF) n’a pas été confirmée, l’opérateur ferroviaire faisant valoir au contraire que, pour ce genre de projets, son enveloppe était plafonnée à … 200 000 €.

Mais, et c’est là un point d’évolution majeur, l’économie ainsi générée sera réinjectée dans une plus grande couverture du territoire.

D’une part, dans la création d’une troisième ligne desservant Hérimoncourt, Seloncourt et Sochaux, à l'est de l'agglomération, donc le musée Peugeot, l’usine PSA, le centre aquatique Citédo...

D’autre part, dans la mise à l’étude d’une ligne « Aire urbaine » de desserte de l’hôpital médian et de la gare TGV Belfort-Montbéliard.

Son coût spécifique limité à 2,25 millions d’€ de matériel roulant, pour la part de Pays de Montbéliard Aglomération (PMA), laisse penser qu’elle deviendra réalité… si les collectivités belfortaines disent oui.

L'hôpital médian dès son ouverture

Les élus de Montbéliard souhaitent voir arriver les bus à l’hôpital médian, en construction entre Montbéliard et Belfort, dès son ouverture mi-2016.

Les autres modifications pour la voirie concernent le réaménagement de la seule rue de la Schliffe à Montbéliard pour y créer une voie en site propre, et l’abandon du giratoire de la Bollardière à Valentigney, « un vrai carrefour des Champs-Elysées vu son emprise », critique Marcel Bonnot.

Au total, le budget reste à 100,7 millions d’€ HT (valeur 2012). Les dépenses supplémentaires en matériel roulant s'élèvent à 6,75 millions d’€ pour la nouvelle ligne 3 et la prolongation jusqu'à l'aire urbaine.

La maîtrise d’œuvre pour la ligne 3 est chiffrée à 836 400 €, mais PMA n’a pas encore tranché si elle serait interne ou externe.

L'itinéraire ira jusqu'à la gare TGV Belfort-Montbéliard si les collectivités belfortaines disent oui. Photo : RFF.
L'itinéraire ira jusqu'à la gare TGV Belfort-Montbéliard si les collectivités belfortaines disent oui. Photo : RFF.

L’impact de la reconfiguration sur les entreprises de travaux publics concentrait les inquiétudes. Il sera réel, mais dans une proportion finalement limitée.

L’enveloppe de travaux perd 9,2 millions d’€ d’une mouture à l’autre pour représenter 55,7 millions d’€ HT.

Cette somme comprend 9 millions d’€ de travaux spécifiques à la nouvelle ligne 3.

Le souci que la politique ne vienne pas plomber le monde local de la construction a été - quasiment - partagé au conseil d’agglo.

Le vice-président socialiste Martial Bourquin n’a pas été le moindre avocat d’une « relance nécessaire » pour le bien des entreprises, voire leur salut.

A condition de ne pas tarder. Les objectifs annoncés de mise en service sont fin 2017 pour les deux premières lignes et mars 2018 pour la troisième.

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