FERROVIAIRE/BOURGOGNE. Pour une rare fois que la SNCF peut faire parler d'elle en dehors des grèves, Traces Ecrites News s'est vue privée de faire un reportage sur un aspect pourtant valorisant pour l'entreprise publique : son technicentre industriel de Varennes-Vauzelles, dans la Nièvre, communément appelé Les ateliers SNCF.

 

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Les ateliers vus depuis la rue. ©Traces Ecrites.

 

Varennes-Vauzelles, près de Nevers, est l'un des plus importants parmi la dizaine de technicentres industriels de la SNCF. Etendu sur une vingtaine d'hectares en pleine ville, dans des bâtiments d'une taille impressionnante - 300 m de long et 16 m de hauteur -,  ce centre de réparation des trains emploie 970 agents et actuellement 120 intérimaires, qui exercent près d'une cinquantaine de métiers.

 

C'est la diversité des compétences, depuis les spécialistes de la mécanique lourde jusqu’aux couturières des têtières de siège, en passant par les électroniciens ou les peintres, qui motivait ce reportage.

 

Le rendez-vous avait été pris de longue date - plus d'un mois - auprès de la directrice Catherine Trevet qui dirige le centre depuis deux ans. Une confirmation deux jours avant précisait qu'une visite des ateliers était bien prévue sous la responsabilité d'un technicien. Tout s'annonçait donc pour le mieux… à tort.

 

Déjà, l'accueil fut frisquet malgré la belle journée ensoleillée de cette fin d'hiver : « Je n'ai pas beaucoup de temps, 20 minutes », me prévient la directrice. Et dire qu'on accuse la SNCF d'être fâchée avec l'horloge… Soit, je m'adapte et vais à l'essentiel, sachant que le fonds de mon reportage serait la visite des ateliers.

 

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« Puis-je faire des photos ? », demandai-je au moment où la directrice convie le technicien à prendre le relais. « Non ». J'acquiesce : la situation n'est pas anormale dans le milieu industriel, même si la plupart du temps, les prises de vue sont autorisées au cas par cas en fonction de la machine, de la tâche… « Vous me ferez relire votre article », ajoute t-elle au moment de prendre congé. « Pourquoi ? », lui répondis-je, « je vous demande de me faire confiance ».

 

30 millions d'investissements

 

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L'entrée du technicentre industriel de Varennes-Vauzelles. ©Traces Ecrites.

 

« C'est une question d'image, je dois voir si votre texte est conforme à la politique de l'entreprise car la SNCF va entrer dans le champ de la concurrence (*) ». Je ne cède pas. « Alors j'appelle la direction de la communication », dit-elle en quittant la salle, portable à la main. Quelques instants plus tard, j'apprends qu'il n'y a pas de dérogation possible et je suis invitée à changer d'avis.  « Alors dans ce cas, vous ne visiterez pas les ateliers », conclut mon interlocutrice.

 

Et dire que le technicentre de Varennes-Vauzelles ouvre ses portes tous les 1er mai au grand public. Certes, les visiteurs ne rédigent pas d'articles dans la presse, mais noircissent des blogs : une petite recherche sur un moteur de recherche le prouve.

 

J'eus tout de même le temps d'apprendre que l'un des plus gros employeurs de l'agglomération de Nevers a un plan de charge complet jusqu'en 2016.

 

Ses principaux contrats sont la rénovation de la MI 79, première rame d’interconnexion des réseaux RATP et SNCF en Île-de-France, au rythme de 13 rames par an, et la rénovation de la ligne C du RER pour 6 rames par an.

 

Un toilettage complet, de la voiture aux boggies en passant par les essieux, la câblerie, les boîtes de vitesse, les selleries qui expliquent la présence de 47 métiers différents. Ces contrats ont nécessité un investissement de 30 millions d'€ pour adapter les installations, historiquement dédiées aux TER qui restent une activité soutenue avec notamment la réparation des trains accidentés ou en panne (environ 70 par an).

 

Le site est aussi référencé pour l'élaboration des règles de maintenance du matériel roulant régional. Une activité qui mobilise 200 agents, ingénieurs et techniciens. Récemment, l'activité s'est diversifiée dans les matériels roulants urbains (métro, tramways), avec la réparation des boggies du tramway d'Orléans.

 

Dommage que Guillaume Pepy (**) ne soit pas Charlie...

 

(*) En 2019, l'activité voyageurs sera ouverte à la concurrence.

(**) Guillaume Pepy est le président de la SNCF.

 

Pour ceux qui ne résistent pas à voir des photos de l'atelier, consulter le site Travail et Sécurité dédié aux risques professionnels ici.

3 commentaire(s) pour cet article
  1. Christiane Perruchotdit :

    Réponse à Mathieu Oui j'avoue que ça m'a traversé l'esprit d'accepter de lui faire relire l'article et de retour à mon bureau, d'oublier ma promesse. Mais ça aurait été malhonnête vis-à-vis d'une personne (directrice salariée) qui n'a pas dû prendre cette initiative de son propre chef, mais a suivi les consignes de la direction de la communication de son groupe. Et puis, il faut avoir le courage d'assumer ses prises de position. D'ailleurs, si vous appreniez que les articles publiés par Traces Écrites News étaient tous relus par les personnes interviewées, que diriez-vous ?

  2. Mathieudit :

    Demander à un journaliste de lire le texte de l'article... bof bof. La journaliste n'a pas été finaude. Sentant la bêtise de la directrice, elle n'avait qu'à dire oui... et ne pas le faire après. Pas très bien, mais sur

  3. Christiane Perruchotdit :

    Commentaire d'un lecteur reçu dans la boîte mail de Traces Ecrites News : Regrettable et stupide attitude de la SNCF aux ateliers de Vauzelles (technicentre)… Et dire qu’on sort d’une période où on a beaucoup défendu la liberté d’expression et d’information… Autre info : les rames corail qui vont être rénovées suite à l’abandon de commandes de rames neuves TER devraient être rénovées à Vauzelles dans les années qui viennent.

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