La start-up dijonnaise entend faire sa place sur le marché national très concurrentiel des sodas en se démarquant par un travail de recherche microbiologique en matière de fermentation. Après une période de tests, Good Vie prend un virage pour faire décoller la commercialisation de sa boisson auprès des restaurateurs.


Entre le Kéfir et le Kemboucha, il y a Good Vie. C’est en s’inspirant de ces boissons légèrement gazeuses fermentées à partir d’un levain constitué principalement de bactéries lactiques et de levures, bourrées d’oligoéléments, de micro-organismes et de probiotiques, que la start-up dijonnaise s’est lancée dans sa propre recette de fermentation.

Mi-juillet, la jeune entreprise a clôturé avec succès une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule qui lui a permis de lancer la production. Elle s’est soldée par 540 pré-commandes (4.000 unités avaient déjà été vendues dans les différentes phases d’essai) et les perspectives sont ambitieuses. Louis Baqué, le fondateur, parie sur 6.000 ventes de septembre à décembre 2021.

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Pour revenir aux origines du projet, un détour par la cuisine du président-fondateur s’impose. Louis Baqué commence par créer des boissons fermentées dans son blender alors qu’il suit des études de finances à l’EDHEC. De la cuisine à l’entreprise, il n’y a qu’un pas que l’étudiant futur-entrepreneur franchit en vendant ses produits dans une vingtaine de déjeuners d’entreprises (toujours fabriqués dans sa cuisine). Cette étape lui permet d’obtenir des fonds, des accompagnements et d’améliorer ses produits. L’entreprise est créée en 2019. La même année, outre son diplôme de Master, il obtient le Prix Innovation Edhec.

Aujourd’hui, l’entreprise installée au Village by CA Champagne Bourgogne à Dijon est une SAS au capital de 5.000 € qu’il gère du haut de ses 28 ans avec son associée Leslie Goussault, ingénieure agronome et directrice générale. Si le marché des sodas est globalement en stagnation et se frotte à la concurrence de gros  faiseurs, le marché des boissons saines est quant à lui en plein développement.


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Dans ce secteur prometteur, Good Vie entend se démarquer de ses concurrents par la « volonté de réinventer une méthode de conservation des aliments : la fermentation », explique Louis Baqué. Le produit n’a que trois 3 ingrédients : de l’eau de source, des ferments et des fruits. Sa particularité est de contenir 50% de fruits là où la plupart des concurrents sont à 5% maximum : « Personne ne s’était risqué à faire fermenter des fruits », précise fièrement Louis Baqué.
Plusieurs laboratoires ont été associés aux recherches microbiologiques : L’Atelier du Fruit, entreprise de R&D alimentaire à Longvic, dans l’agglomération de Dijon, et le département UMR PAM (Unité Mixte de Recherche « Procédés Alimentaires et Microbiologiques ») d’Agro Sup Dijon.


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Louis Baqué, fondateur de Good Vie à proximité des locaux administratifs de l'entreprise au Village By CA à Dijon, avant leur prochain déménagement à la Cité de la gastronomie. © Sabrina Dolidze


La recherche ne s’arrête jamais sur un produit vivant tel que la fermentation : aujourd’hui les créateurs réfléchissent à une nouvelle recette pour faire disparaître les traces d’alcool qui apparaissent naturellement, en vue d’augmenter les dates limites de consommation et d’élargir le public de consommateurs. La boisson existe en deux parfums (ananas/mangue et pomme/myrtille/banane) et un troisième est en préparation.

C’est à l’atelier technologique de l’établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) de Plombières-Les-Dijon que le produit est fabriqué, mais il est prévu que l’entreprise déménage ses lignes de fabrication en septembre dans une fromagerie en Côte-d’Or, activité qui maîtrise le processus de fermentation.



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La restauration hors domicile est le principal client visé et l’entreprise doit prochainement signer un partenariat avec un grossiste très connu sur le marché dont le dirigeant ne souhaite pas révéler le nom. Une dizaine de partenaires a déjà mis en vente le flacon de 25 cl, des restaurants et une épicerie à Dijon. D’ici la fin de l’année, l’entreprise vise 25 points de vente, puis 60 en 2022.

Pour poursuivre son développement, la start-up compte par ailleurs sur une levée de fonds de 500.000 € pour financer le commercial et de nouvelles recettes en 2023, puis de 900.000 € en 2024 pour atteindre son seuil de rentabilité. Avec le bénéfice, tout récent, d’une bourse French-Tech, programme d’aide aux start-up de Bpifrance  qui lui offre une visibilité, Good Vie espère séduire des investisseurs en capital-investissement.

 

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