CORDERIE. Si le jeu de mots dans ce titre est facile, il résume toutefois les trésors de savoir-faire de l’un des derniers fabricants de cordes implanté à Selongey (Côte-d’Or).
Et, tout un univers qui répond à différents marchés.
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Bernard Aubry, directeur de l’unique site de fabrication de la corderie industrielle Godet, fait découvrir ses installations de Selongey avec un plaisir non dissimulé.
«Nos produits sont très techniques et trouvent des applications très diverses», explique cet ingénieur textile qui connut les heures de gloire du secteur dans les Vosges.
On trouve chez lui des cordes à grimper, à décorer, à rampe d’escalier, à lever - autrement baptisées élingues -, des cordes pour filet de sécurité ou encore d’autres servant à la maroquinerie de luxe et dont la Maroquinerie Thomas est très friande. (lire à ce propos : Maroquinerie Thomas fait ses bagages avec art)Fondée il y a plus de 60 ans, la Corderie Godet (7 millions d’€, 45 personnes), dirigée par Roland et Didier Godet, a son siège social à Paris XVIII ième, mais elle fabrique en Côte-d’Or depuis très longtemps.
Implantée auparavant à Diénay, elle a déménagé en 2008 sur la commune de Selongey pour occuper un ancien bâtiment du groupe SEB où sont employés 30 salariés.
«Il faut au moins deux années de formation sur le tas pour devenir un bon cordier, car on doit ressentir la corde au toucher et par son aspect final», souligne Bernard Aubry. À voir le parc des machines qui toronnent (*) et câblent les cordes, on le croît sur parole.
Vente directe aux artisans locaux
Côté matière, outre le chanvre, fibre naturelle douce et résistante, provenant principalement d’Égypte, l’entreprise emploie selon les usages différentes fibres synthétiques, en polypropylène, polyamide ou encore en polyester.
«Nous développons aussi de nouvelles matières très techniques et ultra-résistantes qui, à diamètre égal, sont plus solides que les câbles en acier», révèle le dirigeant. La corderie Godet commercialise ses produits dans les grandes surfaces spécialisées, chez les gros industriels et auprès des théâtres comme commandes décors.
Localement, elle vend en direct à toutes les entreprises du bâtiment à des fins sécuritaires pour les travaux en hauteur. Le métier devient de plus en plus dur avec la mondialisation, illustrée par la concurrence asiatique qui inonde le marché de produits à bas coût.
«Et il est vraiment dommage que certains acheteurs préfèrent toujours discuter d’un prix que d’une qualité», regrette Bernard Aubry.
(*) Dans le travail de cordier, un toron est un ensemble de fils de caret (base du cordage) tournés. Par exemple, 3 ou 4 torons commis (tournés) ensemble formeront un cordage, mais on peut en trouver jusqu’à 8 torons.
Crédit photo: Traces Écrites
Article à lire aussi dans Entreprises & Performances, 16ième édition, magazine économique commun au journal le Bien Public et au Journal de Saône-et-Loire coréalisé avec les journalistes de Traces Écrites.


































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