NOËL. La tradition a du bon pour Ferriot Cric, éditeur et fabricant de jeux de société dans l’Aube.

Loto, nain jaune, jeu de l’oie, tours de magie, puzzles, petits chevaux… résistent encore et toujours à l’invasion des jeux vidéo et des produits chinois.

Ces indémodables continuent à distraire les familles de génération en génération et à faire vivre une PME auboise, qui réalise environ 80 % de son chiffre d’affaires pour les fêtes de fin d'année.

 

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Le pic d’activité se situe entre septembre et novembre, période où jusqu’à 12 saisonniers viennent en renfort des 27 salariés. ©Frédéric Marais / Agence Info.

Le show room de Ferriot Cric ferait tourner la tête à n’importe quel enfant. Des piles de jeux de société enfermés dans des mallettes ou des coffrets aux dessins aguichants sont alignées sur les rayonnages. Ici, une boîte promet « 300 tours de magie », là, une autre invite à découvrir « la France en 2 000 questions ». Le ludique côtoie l’éducatif, en se parant de couleurs chatoyantes qui suscitent une irrépressible envie de soulever le couvercle pour voir toutes les merveilles qui se cachent à l’intérieur.

 

Dans cette caverne d’Ali Baba où l’on imagine bien le père Noël venir remplir sa hotte, rien que du traditionnel et de l’ultraclassique : jeux de société, jeux de plateau, jeux de magie qui ont traversé les âges sans prendre une ride. « Notre catalogue comprend une quarantaine de références », indiquent les frères Ferriot, qui codirigent l’entreprise Ferriot Cric, à Mussy-sur-Seine, dans l’Aube. Un bourg rural qui a vu naître en 1925 ou 1929 (le doute subsiste) une petite société qui fabriquait alors des coffrets et des boîtes en bois destinés à différents usages.

 

Il y a donc bien un monsieur Ferriot (Camille) à l’origine de la PME, mais un monsieur Cric ? « Cric, cela veut dire Création Réalisation Industrielle de Cartonnage », explique Stéphane Ferriot, l’ancien responsable de cette société sœur qui confectionnait les produits sous-traités par d’autres éditeurs.

 

L’activité a perduré, mais l’usine de Châtillon-sur-Seine, en Côte-d’Or, où Cric était implantée, a fermé. Les deux sociétés ont fusionné pour être regroupées en 2010 sur le site de Mussy-sur-Seine, où les Ferriot ont fait construire 4 000 m2 de bâtiments supplémentaires chauffés par la géothermie.

 

Une chaîne de fabrication complète

 

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La PME étoffe ou rénove régulièrement son parc machines. ©Frédéric Marais / Agence Info.

 

Aujourd’hui, Ferriot Cric mène trois activités de front : éditeur et fabricant de jeux pour son propre compte, fabricant pour le compte d’éditeurs tiers, et fabricant d’objets publicitaires en partenariat avec des agences de communication ou les annonceurs eux-mêmes.

 

« Nous avons voulu intégrer au maximum la production, et fabriquons tout de A à Z », souligne Stéphane Ferriot. Enfin, presque tout, puisque la PME ne fabrique pas les dés ni certaines cartes à jouer, et qu’elle sous-traite l’impression. Le reste sort effectivement des ateliers : boîtes, plateaux cartonnés, pièces en plastiques (comme les pions ou les jetons de loto), thermoformage (la cale en plastique qui sert à ranger l’ensemble des éléments du jeu)… Tout est bien sûr conditionné sur place.

 

Les Ferriot investissent régulièrement dans l’outil de production pour le compléter ou le moderniser. En 2013, ce fut une grosse machine servant à fabriquer les boîtes, achetée 350 000 €. Dernier investissement en date, une machine à tampographier les roulettes de jeu, c’est-à-dire à imprimer les numéros.

 

Bannière anthalys

 

Dans ce descriptif des métiers de l’entreprise auboise, on ne saurait oublier l’essentiel : la partie conception et création des jeux. Les idées nouvelles naissent dans le cerveau fertile de Vincent Ferriot, l’aîné de la fratrie. « La France et ses 101 départements », « La France d’Outre-Mer », pour ne citer que ces deux exemples, c’est lui. En 2015, on découvrira le dernier-né de la collection : « Le monde en 100 pays », où l’on continuera à se cultiver et à se divertir tout à la fois.

 

Le logo Made in France grossit

 

Face aux géants chinois, le « Dernier des Mohicans » français mise sur la proximité, la réactivité, la flexibilité et le conseil. Sur la qualité aussi, naturellement. « Depuis à peu près deux ans, il y a une demande sur le made in France de la part de nos clients et des consommateurs », se réjouit Vincent Ferriot. « On n'est ni cheap, ni luxueux », complète Stéphane, qui souligne que le prix de vente public conditionne toute la conception du produit en amont.

 

Le logo « Fabriqué en France » barré du drapeau tricolore grossit ostensiblement d’édition en édition sur les boîtes. Les magasins spécialisés jouent le jeu - les ToysRUs, JouéClub et La Grande Récré -, de même que de grandes chaînes de distribution comme Auchan, E.Leclerc ou Super U. L’ancienneté de la maison Ferriot rassure aussi les professionnels.

 

L’activité reste toutefois dépendante de la météo (il ne faut pas qu’il fasse trop beau, ni trop mauvais non plus !) et des commandes ponctuelles des clients, notamment sur la partie sous-traitée, qui représente grosso modo un tiers du chiffre d’affaires. Lequel peut ainsi fluctuer de plus ou moins 20 % selon les années, autour de 3 millions d’€.

 

« 2014 a été une très bonne année », explique Vincent Ferriot, qui anticipe un exercice 2015 un peu moins faste. Noël 2014 est déjà un lointain souvenir pour lui, puisque les collections sont prêtes un an à l’avance. Les enfants n’ont pas encore déballé leurs cadeaux, que Ferriot Cric s’est déjà projeté dans le futur. Un vrai tour de magie !

 

Qui sont Vincent et Stéphane Ferriot

 

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Vincent et Stéphane Ferriot devant l’une des nouveautés du catalogue 2015, « Le monde en 100 pays ». ©Frédéric Marais / Agence Info.

 

Vincent et Stéphane Ferriot sont les petits-fils du fondateur de la société. Vincent, 58 ans, s’occupe plus spécifiquement de la gamme de jeux, propre à l’entreprise, des finances et de la gestion. Stéphane, 50 ans, gère la communication externe et les activités sous-traitées.

Celles-ci se composent aussi bien des jeux commandés par des éditeurs scolaires ou par des éditeurs spécifiques comme les orthophonistes, par exemple, que des jeux fabriqués sur mesure pour des sociétés aussi diverses que Play Bac, Petit Bateau ou La vache qui rit.

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