BATIMENT. Un immeuble qui tremble sous la poussée phénoménale de vérins avant de plier puis de s’effondrer sur lui-même étage par étage.

Cette scène accompagne le vérinage, la marque de fabrique du Haut-Rhinois Ferrari.

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L’entreprise de démolition - de déconstruction comme il convient de dire désormais - basée à Wittelsheim (Haut-Rhin) demeure la référence de cette technique de destruction inventée par son fondateur Dominique Ferrari.

Le prix européen de l’innovation décerné en novembre dernier par les pros de l’Association européenne des démolisseurs est venu le confirmer, si besoin était.

Par rapport aux techniques plus classiques de l’explosif et du grignotage que Ferrari maîtrise également, le vérinage présente respectivement les avantages d’un périmètre d’évacuation plus restreint et d’une capacité à traiter les immeubles de hauteur, de plus de 10 mètres.

Ce double atout est apprécié des collectivités locales et bailleurs sociaux qui veulent détruire leurs imposantes barres HLM… sauf que ce filon aujourd’hui se tarit.

«Les programmes de rénovation urbaine dans les quartiers s’achèvent les uns après les autres en France, ce qui implique pour nous une réorientation vers les sites industriels. Mais le vérinage s’adapte aussi aux exigences de ceux-ci, il est bien approprié au traitement des installations de grande hauteur. Ces dernières années, nous avons abattu de la sorte une cheminée d’usine en Picardie et un silo de coke à Gênes en Italie», souligne Yvon Fabret, directeur de Ferrari Démolition.

Diversification dans les bétons

Il reste encore quelques grosses opérations de tours et barres d’habitation pour démontrer les vertus du vérinage.

L’été dernier, il s’est appliqué à l’échelle exceptionnelle de 315 logements en 15 étages à Asnières, ce qui a généré 30 000 tonnes de gravats.

En mars dernier, c’est la tour d’Athènes à Belfort qui s’est effondrée sur elle-même par cette technique, soit 16 étages de 75 logements partis en fumée pour laisser 10 000 tonnes de gravats.

Ces vestiges sont partis au centre de recyclage voisin du siège haut-rhinois de l’entreprise. Ferrari traite là près de 200 000 tonnes annuelles de gravats qu’il transforme après concassage et criblage en remblais ou en produits pour couches routières plus ou moins profondes selon la finesse.

Pas étonnant que les spécialistes du revêtement routier se soient intéressés à ce fournisseur. En 2006, la PME a été rachetée par le groupe Colas, rejoignant ainsi la galaxie Bouygues.

L’entreprise a gardé son envie d’explorer des voies nouvelles. Actuellement, elle travaille sur la production de divers types de bétons à partir de recyclé.

Ce projet l’associe au cimentier Holcim en soutien à un travail de recherche de l’école d’ingénieurs Insa de Strasbourg.

Sur les 14 millions d’€ de chiffre d’affaires, 10 millions proviennent de la démolition, un autre du recyclage et 3 millions du désamiantage.

«Cette activité progresse sous l’effet de réglementations de plus en plus strictes. Davantage consommatrice de main d’œuvre, elle occupe près du tiers de l’effectif», explique le directeur de l'entreprise qui compte aujourd'hui 104 salariés.

Crédit photo: Ferrari

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