PSP fabrique 2 millions de moulins à poivre, sel et épices chaque année. ©David Cesbron.
PSP fabrique 2 millions de moulins à poivre, sel et épices chaque année. ©David Cesbron.

ARTS DE LA TABLE. Poivrières Salières Peugeot (PSP) est sortie du redressement judiciaire grâce à la famille Peugeot qui reprend le contrôle de cette activité historique.

L’entreprise de Quingey (Doubs) avait été fragilisée par une tentative de diversification à la veille de la crise financière de 2008.

Dans son business plan à trois ans, le nouveau directeur général a choisi de se recentrer sur la marque et de pousser plus loin encore le développement de la gamme de moulins à poivre, sel et épices.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

D’ici quelques semaines, comme chaque année à l’approche des fêtes de fin d’année, l’effectif de l’atelier montage de Poivrières Salières Peugeot (PSP), à Quingey (Doubs), va augmenter de 30 à 40% en raison de la saisonnalité du produit.

Depuis le retour des vacances, mi-août, la confiance est revenue : les 150 salariés ont retrouvé ateliers et bureaux avec davantage d’optimisme que les années précédentes.

Avant l’été, le tribunal de commerce de Besançon a en effet accepté le plan de reprise d’EPF (Etablissement Peugeot Frères) qui permet à l’entreprise de sortir du redressement judiciaire dans laquelle elle se trouvait depuis décembre 2012.

Peugeot Frères passe ainsi de 27% du capital à 80% et revient dans le giron de la famille d’industriels franc-comtois.

Avant de se lancer dans l’automobile, les Peugeot s’étaient illustrés dans les moulins à café et à poivre et avaient breveté les mécanismes. « Il y a un côté affectif et historique, PSP appartient au patrimoine familial », estime Philippe Rapacz, le nouveau directeur général.

Usinage des corps des moulins, pour beaucoup en hêtre. ©David Cesbron.
Usinage des corps des moulins, pour beaucoup en hêtre. ©David Cesbron.

Les moulins, toujours bénéficiaires

L’entreprise PSP était née dans les années 1890 à Quingey pour exploiter le brevet de ces fameux mécanismes. Son fondateur, l’entrepreneur Jean-Claude Fornage, avait relancé les moulins Peugeot - à poivre, à sel et plus largement à épices - dont il n’avait cessé d’étoffer la gamme, et qui sont aujourd’hui leader sur leur segment de marché.

C’est une tentative de diversification dans l’outillage à main, à la veille de la crise de 2008, qui a placé PSP dans une situation financière délicate et abouti au redressement judiciaire de 2012.

« La diversification avait échoué et asséché la trésorerie du groupe », poursuit Philippe Rapacz. « Ici, l’activité était toujours bénéficiaire, mais la problématique financière a pesé sur l’entreprise. »

PSP affiche aujourd’hui près de 600 modèles à son catalogue et le produit a le vent en poupe. Il en sort plus de 2 millions d'unités chaque année des ateliers de Quingey, mais aussi de Chine où 150 salariés fabriquent les pièces électroniques et plastiques. Le chiffre d’affaires s'est élevé à 30 millions d’€ en 2013, dont 70% à l’export.

Et en cette année de redémarrage, PSP a remporté un marché avec Air France pour équiper ses premières classes et business class, ce qui lui donne des ailes.

Opération de contrôle en fin de chaîne. ©David Cesbron.
Opération de contrôle en fin de chaîne. ©David Cesbron.

Politique de marque

Le nouvel actionnaire majoritaire a prévu d’injecter environ 1,5 million d’€ dans les trois ou quatre ans à venir.

Philippe Rapacz, qui a planché avec tout l’encadrement sur un business plan et un « plan marques » au printemps 2014, a remobilisé l’équipe sur un projet.

« Le message que j’ai voulu faire passer, c’est que nous n’avons pas de baguette magique, que nous sommes dans une phase de transition un peu délicate, mais nous savons où nous allons », explique le directeur général.

« La première idée, c’est que nous nous recentrons sur la marque Peugeot et abandonnons celles que l’entreprise a pu développer avant. La seconde, c’est de rester dans l’univers des épices, de la cuisine et de la table, où nous sommes légitimes et avons un réseau de distribution. »

Dotés d’un mécanisme garanti à vie - le cœur de métier de l’entreprise de Quingey -, les moulins Peugeot sont reconnus et vendus dans 80 pays, dont l’Asie et les Etats-Unis.

Pour garder sa place de leader, PSP s’ouvre à des partenariats avec des écoles de design et des designers indépendants. « Au salon de Francfort, en février, nous présenterons déjà des modèles très différents », annonce le dirigeant.

rapaczQui est Philippe Rapacz ?

Le parcours de Philippe Rapacz a convaincu Peugeot Frères de lui confier le pilotage de PSP. Il a travaillé 14 ans dans la verrerie de table, 7 ans chez Danone, 7 ans chez l’Italien Bormioli, puis dans la tonnellerie et les vins et spiritueux.

« J’ai toujours été confronté aux problématiques de marques que l’école Danone, notamment, m’a appris à gérer, animer et développer. »

Son expérience de l’export a également pesé dans la balance. « Et j’étais disponible en janvier 2014 », ajoute malicieusement le nouveau patron.

C’est à cette date, en effet, que Peugeot a fait appel à ses compétences en lui confiant, d’abord, un audit de l’entreprise et un plan de valorisation de la marque. Une feuille de route qui lui valut, ensuite, d’être nommé directeur général.

Photos : David Cesbron ; autres fournies par PSP.

Commentez !

Combien font "6 plus 2" ?