BIENS D'ÉQUIPEMENT. Séduit par la politique d’innovation de l'entreprise spécialisée dans les équipements inox pour l’industrie alimentaire, Stéphan Vital, le repreneur d'Evoli a déjà déposé trois brevets en deux ans.

L’entreprise de Serre-les-Sapins (Doubs) vient de signer un très gros contrat qui va faire exploser son chiffre d'affaires l'an prochain.

Spécialiste des fruitières à comté, elle vise maintenant les marchés du beaufort, en Savoie, et des fromages suisses.

 

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Le savoir-faire tient autant à l’innovation qu’aux gestes des chaudronniers, tuyauteurs et mécaniciens.

 

La stratégie de brevets d’Evoli, c’est ce qui a convaincu Stephan Vital, son nouveau patron, lorsqu’il cherchait une entreprise à reprendre. En juin 2012, cet entrepreneur dans l’âme a racheté la petite société de Serre-les-Sapins, dans le Grand Besançon, et poursuivi son activité de R&D. « Ce qui m’a aussi intéressé, c’est que l’entreprise conçoit ses propres machines et se trouve à proximité de ses clients. Nous n’avons pas de concurrents chinois et, au moins, nous nous battons à armes égales. »

 

Issu d'un tout autre secteur - l'informatique -, Stephan Vital a demandé à Pascal Gaillard, qui dirigeait Evoli jusque-là, de rester dans l’entreprise afin de piloter l’activité commerciale, son métier d’origine. « Mon objectif était de m’appuyer sur l’équipe existante, et d’assurer, quant à moi, la gestion des ressources humaines et la stratégie. »

 

Il y a 30 ans, l’entreprise s’était lancée dans la chaudronnerie et la tuyauterie inox pour le transport et le stockage de tous types de fluides (lait, crème, vin, eau, air, vapeur ou gaz). Mais depuis une dizaine d’années, Evoli s’est spécialisée dans le matériel de fromageries et plus particulièrement des fruitières à comté, avec, en ligne de mire, les 140 fromageries locales de la plus grosse AOC fromagère française.

 

Trois nouveaux brevets

 

Implantée sur le territoire du roi des fromages, l’entreprise lui consacre l’essentiel de son activité R&D. Le bureau d’études, qui emploie trois des 21 salariés, travaille sur l’amélioration du process selon deux axes : le développement durable et l’ergonomie qui débouchent sur des machines moins polluantes, mais aussi plus économes et faciles à utiliser.

 

Depuis la reprise, il y a deux ans, trois nouveaux brevets ont été déposés. Le premier porte sur un moule monobloc en deux parties qui fait évoluer le fromage de manière aussi optimale que les moules classiques. Le second protège un système de sécurité pour la main du fromager. Quant au troisième, déposé le mois dernier, il porte sur un "lave-vaisselle" moins gourmand en eau et moins volumineux que les tunnels de lavage habituels.

 

Mis à part les automatismes, sous-traités en Haute-Saône, toute la production est intégrée. Ici, le savoir-faire tient autant à l’innovation qu’aux gestes des chaudronniers, tuyauteurs et mécaniciens.

 

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Evoli réalise 99% de son chiffre dans l’agroalimentaire.

 

Un contrat d'1,5 million d'€

 

Un responsable de production vient d’être embauché « pour mieux maîtriser le process et la qualité », explique Stephan Vital. Depuis son arrivée, cinq emplois ont été créés et il espère vite doubler le chiffre d’affaires. Il était de 1,5 millions d’€ l'an dernier, il a atteint 1,9 million cette année et devrait exploser pour le prochain exercice.

 

« Nous venons de signer un marché d’1,5 million d’€ avec un gros fromager, qui s’ajoute à tous ceux que nous avons en cours, dans un contexte de filière comté qui se porte bien. »

Evoli réalise 99% de son chiffre dans l’agroalimentaire, dont 97 à 98% dans les fromageries – le reste était partagé entre Lu et Buhler à Besançon, Nestlé à Pontarlier et, hors agroalimentaire, des stations d’épuration.

 

Prochaines étapes : la filière Beaufort et les fromages suisses. Un peu de diversication et d’export pour limiter les risques et exploiter de beaux potentiels…

 

evolihautQui est Stephan Vital ?

 

Originaire de l’Yonne, le dirigeant d’Evoli a démarré sa carrière dans l’informatique, d’abord dans son département, puis à Lyon et à Besançon. Technico-commercial, il est passé par le management avant d’assurer la direction d’une business unit d’Axys, l’entreprise qui l’employait alors, qu’il fut chargé de redresser avant sa revente.

 

« Ensuite, j’ai considéré que j’avais suffisamment d’expérience pour avoir ma propre entreprise. »

 

Stephan Vital a fait le choix de rester en Franche-Comté et s’est mis à la recherche d’une entreprise qui réunirait les trois critères indispensables à la réussite, selon lui : le savoir-faire, la qualité et la proximité.

 

C’est ainsi qu’il a ciblé Evoli, « qui n’était pas vraiment à vendre » et contacté Pascal Gaillard, son dirigeant. « J’étais prêt à reprendre sous réserve qu’il reste, il détenait le savoir-faire et connaissait le réseau. Il est resté. »

 

Photos fournies par Evoli.

2 commentaire(s) pour cet article
  1. philippedit :

    Moi et mon collègue travaillons depuis mai 2015 pour Mr Vital. Ayant nous même plus de 25 ans expérience en tuyauterie et surtout comme intérimaires et avons rarement rencontré un patron comme Mr Vital. Il sait reconnaître la valeur de son personnel et n'ai pas qu' un ingrat comme beaucuop d'autres patrons.

  2. schmitdit :

    Cette société et la pire de toute ma carrière de tuyauteur soudeur inox spécialisé dans le process. Ce genre de directeur ne devrait même pas avoir la responsabilité de tenir une société car il ne fait que du profit et une fois son carnet client remplis il revendra sa société sans s'occuper des gens qui y travaillent. J'en ai fait l'expérience.

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