L'un des sites d'EVN, celui de Picardie, spécialisé dans la récupération de ferraille.
L'un des sites d'EVN, celui de Picardie, spécialisé dans la récupération de ferraille.

ENVIRONNEMENT. La société d’origine alsacienne compte devenir un acteur majeur de la récupération de ferrailles et autres déchets dans l’Est par une succession de rachats.

Nouvelle étape réalisée dans le Doubs cet été où elle a racheté le récupérateur Stehly à Marchaux.

Soucieuse de son indépendance, elle procède à une augmentation de capital.

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La récupération des déchets, c’est un monde discret, injustement jugé suspect…, et qui bouge beaucoup en ce moment. Rachat et concentrations s’y multiplient.

Les groupes majeurs français et étrangers (Ecore, Derichebourg, Paprec…) en sont les acteurs. Mais il reste quelques entreprises régionales qui s’y mettent aussi.

EVN en fait partie.

Depuis sa création en 2006, cette société qui a son siège en Alsace avait déjà percé plus à l’Ouest, en Champagne-Ardenne et en Picardie. Elle met désormais  le cap en Franche-Comté.

Cet été, elle a racheté le récupérateur Stehly à Marchaux (Doubs) qui était en liquidation judiciaire. Elle en conserve le dirigeant et les 6 salariés pour un nouveau départ sous le nom EVN Marchaux.

« Nous investissons 1 million d’€ pour construire un nouveau bâtiment de 2 000 m2 qui doublera la surface. Par le développement de l’activité, nous visons 6 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2014 grâce à un rythme de 1 900 tonnes de ferrailles et autres métaux traitées chaque mois et 300 tonnes de non métalliques : papier-carton, plastique… », annonce Pascal Mercey, président d’EVN.

Le dirigeant ne le cache pas : Marchaux ne doit constituer qu’une étape dans une stratégie plus large de croissance externe dans l’Est de la France ces prochaines années. Pour la mener, Pascal Mercey se réfère à ce qu’il nomme l’« école Massart ».

Michel Massart, décédé en fin d’année dernière, avait créé en 1988 la société Métalifer à Strasbourg dont il a fait en vingt ans le principal récupérateur indépendant de ferrailles de l’Est, propriétaire ou actionnaire d’une quinzaine de sociétés. Or Pascal Mercey a fait sa carrière chez Métalifer avant de voler de ses propres ailes.

Pour Métalifer, l’histoire a débouché sur son rachat par le groupe GDE (Guy Dauphin Environnement), filiale du major hollandais Ecore. Un tel scénario n’est pas à l’ordre du jour pour EVN, souligne son dirigeant. « Nous nous sommes donnés les moyens de notre indépendance », affirme-t-il.

Pascal Mercey, président d’EVN.
Pascal Mercey, président d’EVN.

L’appui de Bpifrance

Depuis son origine, l’entreprise a investi près de 10 millions d’€ dans la modernisation de ses outils. Outre Marchaux, ses principaux sites d’activités se trouvent à Muizon (Marne) et Braine (Picardie).

Le groupe comprend 37 salariés correspondant à un chiffre d’affaires de 27 millions d’€ pour l’exercice 2012-13, avant l’intégration de Marchaux.

Une première société EVN collecte 100 000 tonnes/an de ferrailles et quelques milliers de tonnes de non-ferreux regroupées.

Une seconde société RES - c’est aussi la raison sociale officielle du groupe - assure la « gestion des réformes » des bouteilles et réservoirs de gaz, à savoir la récupération des contenants vides et l’organisation de leur élimination.

Troisième structure de l’édifice, EVN Services s’est constituée l’an dernier dans un but de diversification dans les déchets non-métalliques à partir de Braine et Muizon.

Titulaire d’un premier marché significatif auprès de Reims Métropole, cette filiale vise les marchés de récupération des industriels et collectivités sur l’ensemble de l’Est.

EVN Marchaux complète désormais le groupe.

L’autre levier du développement vient de l’organisation capitalistique construite ce printemps avec les outils de Bpifrance. Grâce à l’entremise de sa section Picardie, FSI Régions injecte 500 000 € en obligations convertibles, tandis qu’Oséo a accordé un prêt d’1,5 million d’€ avec différé de remboursement du capital de deux ans.

Ces opérations laissent l’entier contrôle aux actionnaires actuels qui réalisent en parallèle une augmentation de capital au niveau d’EVN : la famille Mercey, l’associé d’origine Jean-Jacques Renard et tous les cadres.

Crédit photos, Christian Robischon et EVN

 

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