Remis à flots depuis 2017 par un industriel local, l’unique fabricant français de refroidisseurs pour transformateurs électriques est parvenu à surmonter dix années de crise. L’équipe dirigeante entend désormais moderniser le site historique de Corbenay en Haute-Saône, dont 95 % de la production est exportée.


De grandes « gaufrettes » en acier sont entreposées dans la cour de l’usine d’Eurocooler. Il s’agit des refroidisseurs pour transformateurs de puissance électriques que cette PME de Corbenay, près de Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône, est seule à fabriquer en France. Appelés aussi radiateurs en raison de la chaleur qu’ils émettent, ces systèmes font circuler l’huile en mouvement dans le transformateur de sorte à en diminuer la température. Ils constituent donc des pièces maîtresses des infrastructures de production et de transport d’électricité.

 

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Malgré l’importance stratégique de sa production, l’entreprise, créée en 1937 par François Slakta, un réfugié hongrois, a bien failli disparaître. Affaiblie par la concurrence asiatique, elle a subi plusieurs liquidations judiciaires à partir de 2007. En 2017, deux cadres, Ümüs Altinok et Mustapha El Hilali, ont convaincu un industriel haut-saônois, Jean-Jacques Quivogne, de reprendre leur société via sa holding.

Ce dernier était déjà à la tête d’un constructeur de matériel agricole à Jussey et des fermetures Mischler à Fretigney-et-Velloreille. « Nous appliquons depuis six ans le business plan conçu à ce moment-là…et ça marche bien », se réjouit Ümüs Altinok, que le repreneur a nommée directrice générale, tandis que son collègue est devenu directeur de production.

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De la découpe de la tôle en bobine à la peinture à la lance en passant par des soudures très complexes, toutes les opérations de fabrication sont réalisées en interne. © Laurent Cheviet


Fini la course au volume, Eurocooler a adapté sa stratégie commerciale et amélioré sa productivité en s’appuyant sur une équipe réduite de 35 salariés (ils étaient 90 en 2007). De la découpe de la tôle en bobine à la peinture à la lance en passant par des soudures très complexes, toutes les opérations de fabrication sont réalisées en interne. Sauf la galvanisationqui est sous-traitée à Sofigalva (ex-France Galva) dans son unité de Baccarat (Meurthe-et-Moselle). 

 

1 million d’€ investis dans des économies d’énergie

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Les produits d'Eurocooler sont une pièce maîtresse des infrastructures de production d'électricité. © Laurent Cheviet


Face à des concurrents principalement indiens qui sont 30 % moins chers, la petite usine franc-comtoise réussit à tirer son épingle du jeu auprès de grands groupes internationaux comme Siemens, General Electric, Toshiba ou Hyundai. Etabli à 8,5 millions d’€ en 2022, le chiffre d’affaires est réalisé à 95 % à l’export, sur les cinq continents. « Nous nous distinguons par notre réactivité et la qualité de service. Eurocooler est un acteur historique, et sur certains projets, ça aide d’être Européen », souligne la dirigeante, en citant l’exemple d’une commande d’un millier de refroidisseurs pour le Royaume-Uni.

 

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L’activité étant devenue rentable, la PME dispose maintenant des moyens d’investir dans la modernisation de ses vastes ateliers. De 2021 à 2023, un premier programme d’1 million d’€, subventionné par l’Ademe et la région Bourgogne-Franche-Comté, a permis de remplacer une ligne de production vieillissante, de renouveler le système électrique et d’installer un compresseur nouvelle génération. Le bénéfice a été immédiat avec la réduction d'un quart des consommations électriques.

Une seconde phase d’investissement est aujourd’hui à l’étude. Elle portera sur la robotisation de certains postes (soudure, peinture) et la mise en place de systèmes d’aspiration afin d’améliorer les conditions de travail des ouvriers. Chiffré à plusieurs millions d’€, ce chantier pourrait être bouclé en 2027. Eurocooler fêtera alors ses 90 ans. Et une décennie de renaissance. 

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De nouveaux investissements sont à  l'étude pour moderniser et automatiser le process de production. © Laurent Cheviet

 

Qui sont Ümüs Altinok et Mustapha El Hilali ?

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Après avoir été à l’initiative du sauvetage d’Eurocooler par l’industriel local Jean-Jacques Quivogne, Ümüs Altinok et Mustapha El Hilali occupent, depuis 2017, les fonctions respectivement de directrice générale et de directeur de la production. © Laurent Cheviet
La première est entrée chez Eurocooler en 2006 après un BTS comptabilité, le second a été embauché en 2001 comme technicien de maintenance. Après avoir gravi les échelons au sein de la société, Ümüs Altinok et Mustapha El Hilali se sont battus pour stopper la descente aux enfers d’un fleuron de l’industrie française qui risquait de mourir dans l’indifférence générale. « Cela nous tenait vraiment à cœur de garder cette industrie en France. C’est un savoir-faire très particulier. On ne pouvait pas laisser tout cela disparaître », explique le duo qui pilote avec succès la PME
depuis six ans, désormais.

 

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Les refroidisseurs sont expédiés depuis la Haute-Saône vers de nombreux pays dans le monde, l'export représentant la quasi-totalité du chiffre d'affaires de la PME. © Laurent Cheviet

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