Les deux sociétés acquises par Michaël Riche ces dernières années à Froncles se complètent : l’une fournit les gros matériels de levage en milieu industriel, l’autre apporte les éléments de serrurerie-métallerie, tout en touchant une clientèle plus diversifiée. Investissements et croissance externe vont se poursuivre.


Le duo d’entreprises formé par ERED et Portejoie à Froncles (Haute-Marne) se sent pousser des ailes. Conception-réalisation de matériel de levage et maintenance industrielle d’un côté, serrurerie-métallerie-tuyauterie de l’autre : l’attelage composé par Michaël Riche entre 2020 et 2021 par la reprise successive de ces deux sociétés confirme la complémentarité que son dirigeant commun avait identifiée a priori.

Ce tandem devrait doubler son chiffre d’affaires en 2024 par rapport au montant cumulé d’1,1 million d’€ réalisé il y a deux ans, en passant par une étape proche de la barre des 2 millions d’€ cette année. Ce dynamisme déclenche des investissements : environ 120.000 € sont prévus l’an prochain pour une extension de moitié des locaux (afin de passer de 1.500 à 2.300 m2) et pour l’acquisition d’une nouvelle presse, faisant suite à la mise en service, en juillet 2022, d’une table de découpe plasma « qui permet la découpe de motifs complexes », souligne Michaël Riche.

 

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Porté par son élan, le patron d’ERED et Portejoie s’est engagé dans un nouveau processus de croissance externe. Celui-ci a commencé modestement en juin dernier, par l’intégration d’un micro-entrepreneur spécialisé dans la conception et la fabrication en impression 3D (3DCPS). Il doit prendre une toute autre dimension, grâce à la reprise en cours de finalisation d’une PME dont les effectifs sont équivalents aux 23 collaborateurs actuels des deux sociétés de Froncles réunies.

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La manutention industrielle constitue l'un des piliers de l'entreprise ERED. © ERED

 
Son développement, le duo d’entreprises - réuni dans la holding Mikindus - le réalise avant tout à côté de chez lui. « Nos marchés sont situés principalement dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres : nord de la Haute-Marne, sud de la Marne, département de l’Aube, ouest des Vosges et ouest de la Meuse. Il nous faut encore prospecter mieux dans le sud de la Haute-Marne », décrit Michaël Riche.

Ce panorama prouve en tout cas que le bassin économique environnant n’est pas moribond : « Notre chiffre d’affaires vient d’abord des prestations réalisées dans les bâtiments industriels. Nous le complétons par des marchés auprès des collectivités locales et des particuliers », poursuit le dirigeant.

 

Dans les anciens locaux de Lacoste

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Ayant rejoint la holding de Michaël Riche un an après ERED, Portejoie fabrique et installe des équipements complémentaires, à l'instar de cette passerelle en aluminium. Elle confectionne aussi des garde-corps, des escaliers, des portails coulissants, etc. © Portejoie


Comme son nom complet Etudes-Réalisations-Entretien-Dépannages le suggère, ERED intervient à la fois sur le développement, la construction et la maintenance de matériels pondéreux, tels que les ponts-roulants, les portiques, les palans, et sur la maintenance industrielle en générale. « Nous assurons aussi la rénovation de matériels roulants et de machines-outils », ajoute Michaël Riche.

Celui-ci avait acquis en avril 2020 l’entreprise née 24 ans plus tôt et alors localisée à Poissons (Haute-Marne). Or le calendrier de cette opération a coïncidé avec le début de la crise du Covid, ce qui a amené Michaël Riche à revoir ses plans. « Au lieu d’un développement par l’interne, je me suis dit qu’il valait mieux privilégier la recherche d’une croissance externe complémentaire. » Ce fut alors la rencontre avec Portejoie et son dirigeant, jusqu' à la conclusion de la vente en mars 2021.

 

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Ainsi, les nombreux éléments et pièces en métal d’habillage et d’aménagement réalisés par cette serrurerie (garde-corps, grilles, escaliers, platelages, passerelles…) peuvent s’insérer dans les bâtiments que la société-sœur équipe en appareils de levage, ou suivre leur propre marche commerciale vers d’autres clients.

Le bâtiment dans lequel ERED et Portejoie sont rassemblés adresse également un message d’optimisme quant à la capacité de rebond du bassin économique de Froncles : il s’agit des anciens locaux de Lacoste que la marque avait fermés en 2019. Quelques traces de motifs de « crocodiles » jalonnent encore les ateliers et bureaux entrés dans une vie complètement différente.

 

 Qui est Michaël Riche ?

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Michaël Roche, le patron d'ERED et Portejoie à Froncles (Haute-Marne), a démarré dans la vie active
comme opérateur régleur. © Mathieu Noyer

Âgé de 48 ans, le dirigeant a tourné il y a six ans la page de la direction de services et d’usines entières qui avait représenté dans un premier temps une belle progression pour lui qui était rentré dans la vie active comme opérateur régleur. « Mais j’ai en ai rencontré les limites au fur et à mesure que les groupes propriétaires de ces établissements ont grossi », témoigne-t-il. D’où, en 2019, la création de sa holding dans le but de reprendre une ou plusieurs PME, dans le territoire de la Haute-Marne/Meuse où il s’était épanoui. Il avait suivi dans ce but, avec succès, un Master 2 de gestion des entreprises à l’IAE de Dijon en 2017. Puis l’opportunité de racheter ERED s’est présentée. Elle a enclenché un mouvement qui doit prochainement faire passer la petite « galaxie » de ces sociétés à la dimension d’une PME de taille significative.  

 

Commandes : savoir prendre son temps

Travaillant l’acier en premier lieu – complété de l’inox, de l’aluminium, mais aussi de produits mixtes intégrant du bois, pour les planchers de terrasses par exemple – Portejoie s’est retrouvée en première ligne des tensions sur ces matières. « Elle en a tant ressentie au niveau des prix qu’au niveau des approvisionnements…et de leurs délais », observe Michaël Riche. « Bien plus que le métal, la problématique a touché aussi les composants électroniques associés à nos produits. Nous avons connu des situations hallucinantes. Pour des têtes de ligne d’alimentation, les commandes mettent en général une à deux semaines. L’an dernier, on nous annoncé…27 semaines, au point que nous avons rappelé le fournisseur pour lui demander s’il n’y avait pas eu une erreur de frappe dans la saisie…Mais non ! De même pour recevoir un palan, les délais sont passés de 12 à 34 semaines », relate le dirigeant. La fin du premier semestre 2022 « a été la période de plus forte tension », celle-ci retombant quelque peu en ce moment.  

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