L’entreprise, présente dans 75 pays, a décidé de piloter son process en interne, pour se mettre à l’abri de certaines problématiques de sous-traitance, tout en développant une grande réactivité. Ce positionnement lui a procuré un atout majeur lors de la crise des composants d’après-Covid. Il lui permet d’enregistrer une croissance régulière, et de recruter.


Installée à Seurre (Côte-d'Or) depuis sa fondation en 1999, le fabricant français de plaques et fourneaux à induction professionnels Adventys cherche en ce moment à embaucher 5 ou 6 nouveaux salariés, de sorte à renforcer son effectif actuel de 45 personnes. « Nos recrutements sont ouverts depuis l’été, pour l’heure sans succès même si nous examinons de nouveaux CV intéressants », témoigne Mathilde Pérot-Bell, directrice commerciale.

La SAS, de propriété familiale, peine indéniablement à recruter, comme nombre d’autres. Or, elle a besoin de main d’œuvre afin de soutenir une croissance régulière : d’un montant de 6,3 millions d’€ en 2022, son chiffre d’affaires devrait dépasser les 7 millions cette année. Pour atteindre cette performance, Adventys mise sur son excellence technique - l’entreprise investit autour de 10 % de son résultat en recherche et développement - et la totale intégration de sa production.

 

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Cette caractéristique rend la PME plutôt exceptionnelle dans son secteur : Adventys est réellement un fabricant 100 % français, qui regroupe sur son site toutes les étapes de fabrication de ses pianos de cuisine à induction. La société possède un atelier de bobinage, ainsi qu’une tôlerie équipée d’un système de découpe laser pour réaliser ses meubles. L’assemblage et le câblage sont également opérés au sein des 3.000 m2 d'ateliers à Seurre.

Surtout, Adventys déploie deux lignes de fabrication de cartes électroniques, développées en interne alors qu'à sa naissance, elle n’était qu’un sous-traitant électronique. Sa spécialisation dans les appareils à induction découle de son rachat en 2005 par Jean-Luc Pérot.

Le haut niveau d’intégration a permis à la société côte-d’orienne de traverser sans trop d’encombres la crise sanitaire. « Nous avons dû nous séparer de cinq salariés, essentiellement des départs en retraite anticipés, et souscrire un PGE (prêt garanti par l’Etat) que nous avons rapidement remboursé », détaille Jean-Luc Pérot.

 

La carte France dans la gastronomie à l'étranger

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Après le passage par une ligne de fabrication de cartes électroniques avec composants montés en surface (CMS), certains composants sont positionnés manuellement, à l’aide d’une mire laser qui guide l'opérateur. © Arnaud Morel


Il lui a surtout donné les moyens de surmonter la crise des fournitures électroniques, lors de la reprise de l’activité post-Covid. « Le prix des composants a explosé, nous avons bien sûr pris ces hausses de plein fouet et consommé de la trésorerie pour acheter ces pièces. Mais comme nous réalisons nos cartes en interne, nous avons pu continuer à produire quand la plupart de nos concurrents étaient bloqués par un approvisionnement défaillant, à un niveau ou un autre de la supply chain », analyse le dirigeant.

Malgré tout, fabriquer en France demeure coûteux et détermine pour une bonne part le positionnement moyen et haut de gamme des appareils estampillés Adventys. « Nous ne pouvons pas lutter contre les produits chinois, mais heureusement, l’heure est tout de même à sortir de l’ère des équipements jetables », observe Jean-Luc Pérot.

Et le made in France peut aussi présenter quelque avantage dans un domaine comme celui-ci qui touche à la gastronomie. Adventys est présente dans 75 pays et réalise 40 % de son chiffre d’affaires à l’international, l’Asie constituant son premier marché export.

 

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Le développement international de l’entreprise repose largement sur les épaules de Mathilde Pérot-Bell, directrice commerciale et fille du dirigeant. Après avoir étudié dans une école américaine à Lyon, la jeune femme a passé un bachelor dans une école de commerce new-yorkaise. « Nous devons notre succès à l’export à notre capacité d’innovation et au développement continu de nouveaux produits », estime-t-elle.

 

Concentration sur la clientèle professionnelle

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Une seconde ligne de fabrication est dédiée aux cartes électroniques avec composants traversants. La carte électronique est nettoyée à l'aide d’un solvant, puis séchée (à gauche) avant d’être brasée dans une fontaine d’étain en fusion. © Arnaud Morel


L’entreprise n’a, effectivement, de cesse de développer des nouveautés. Elle a même tenté une petite incursion dans le segment grand public en proposant son premier barbecue à induction, à l’issue de la crise sanitaire. L’initiative n’a rencontré qu’un succès timide, ce qui a convaincu la direction de se concentrer sur son marché professionnel. Elle a récemment mis au point une plaque chauffante destinée aux chocolatiers, afin de réaliser la soudure de leurs pièces.

Son plus gros coup demeure sa gamme de produits de maintien au chaud induction, qui représente 20 % de son chiffre d’affaires. « Nous avons breveté et lancé en 2017 une gamme d’induction invisible, qui remporte un vrai succès dans l’hôtellerie haut de gamme. Nous équipons en outre les loges de sept stades américains », se félicite Jean-Luc Pérot.

 

Un trio familial

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Jean-Luc Pérot a racheté l'entreprise en 2005, six ans après sa création, pour la réorienter vers l'équipement des appareils à induction. Deux de ses filles l'ont rejoint, depuis, dans l'équipe dirigeante. © Arnaud Morel

Ingénieur de formation, Jean-Luc Pérot, 64 ans, a débuté sa carrière dans l’automobile, avant d’intégrer Thomson, devenu Thomson-Brandt. C’est là qu'il découvre l’induction, en participant au développement des premiers modèles domestiques. « J’ai piloté une business unit très autonome, qui m’a donné envie de devenir mon propre patron. Je demeure un technicien dans l’âme, qui adore piloter une équipe, embaucher et former », raconte-t-il.
Sa fille Mathilde Pérot-Bell l’a rejoint il y a 10 ans, dans le but de soutenir le développement à l’export. Jeanne, la seconde des trois filles de Jean-Luc, a intégré l’équipe en 2021 pour diriger la production. « Je suis extrêmement heureux de travailler avec mes filles, mais je ne les ai obligées en rien. Elles ont décidé de me rejoindre, car le job leur plaisait. Nous développons des produits intégralement, sommes une marque propre évolaunt sur un marché sympa, c’est ce profil qui les a séduites », estime le patriarche.

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