L’énergéticien d'Entzheim près de Strasbourg, né dans le chauffage électrique, prolonge sa diversification dans le photovoltaïque par une solution qui permet de stocker le surplus des pics de production afin de les utiliser plus tard. Soit une offre d’autoconsommation, présentée comme plus avantageuse que la revente au réseau public, qui doit être le levier d’une multiplication par deux ou presque des effectifs (200 salariés aujourd’hui) et du chiffre d’affaires.


Stocker l’énergie au moment de sa production pour l’utiliser plus tard pour soi-même, plutôt que la restituer immédiatement au réseau : voilà ce que Hestiom propose depuis quelques semaines. L’énergéticien basé à Entzheim (Bas-Rhin), qui trouve son origine dans le chauffage électrique en 1993, a mis au point cette solution qui vise à maximiser l’autoconsommation, à partir des panneaux photovoltaïques qu’elle installe depuis plus de cinq ans chez les particuliers.

Hestiom en attend de forts développements : « Nous comptons doubler notre chiffre d’affaires total dans les cinq ans pour le faire passer à 50 millions d’€ à 100 millions d’€. La branche photovoltaïque doit constituer le moteur de cette croissance : par rapport à ses 15 millions d’€ réalisés en 2022, elle devrait représenter plus de 50 millions d’€ de volume d’activité à ce même horizon de temps », expose son président, Thierry Fallard.

Le dirigeant estime de telles prévisions « réalistes, eu égard au développement du marché du photovoltaïque. » De même, les effectifs du groupe, 200 personnes aujourd’hui, ont vocation à grimper dans une fourchette entre 350 et 380 en 2028.

 

360 grand est

 

Dans cet univers concurrentiel, Hestiom cherche à se distinguer par cet avantage du stockage. Dans son système, une batterie emmagasine l’énergie produite en pleine journée par les kits solaires de la PME lorsque le soleil brille, puis la délivre en fin d’après-midi, dans la soirée ou la nuit. Ce qui réduit d'autant l'appel au réseau électrique.

Revendiquée par l’entreprise comme « seule disponible au niveau national », cette offre présente aussi un intérêt économique pour son utilisateur par rapport à la réinjection dans le réseau, selon les explications de Thierry Fallard. « La revente au surplus n’est pas avantageuse pour le client car elle s’effectue au tarif de seulement 10 centimes du kilowattheure (Kwh), alors que ce même Kwh vaut en moyenne 19 centimes en autoconsommation, taxes et abonnement inclus. Le fait de le stocker rapporte donc 9 centimes de plus. »

Sur le plan technique, la solution repose sur un onduleur de transformation du courant continu du panneau en courant alternatif « qui n’est pas conçu comme les micro-onduleurs les plus usuels. Il se présente sous la forme d’un boîtier de 40 cm x 40 cm qui s’installe à l’intérieur de la maison, près du tableau électrique », poursuit Thierry Fallard. Cet onduleur connecte la batterie, dimensionnée pour assurer une autonomie d’1 à 3 heures en fonction de l’intensité de consommation. Le module de base de stockage de 5 Kwh peut se démultiplier en quelques exemplaires, jusqu’à 30 Kwh pour la clientèle du particulier.

 

Aller vers la clientèle professionnelle

schema 1 hestiom
La batterie stocke l'énergie non utilisée en journée, qui servira le soir et la nuit, réduisant le besoin de faire appel au réseau électrique.


Mais Hestiom entend aussi étendre son champ d’action aux professionnels, qui n’étaient pratiquement pas présent dans son portefeuille client jusqu’alors. Il vise, du moins, les établissements de petite dimension. « Les artisans et PME partagent les mêmes préoccupations que les particuliers en ces temps de flambée des prix de l’énergie… mais sans bénéficier ni des tarifs réglementés, ni des boucliers tarifaires. Le potentiel est donc important », analyse le dirigeant. L’entreprise travaille, dès lors, à une solution de modulation plus puissante, en vue d’atteindre « le cap des 100 Kwh. »

Concurrentiel, cet univers a aussi donné lieu à profusion d’acteurs plus ou moins sérieux, surtout pour la pose. Consciente de cette problématique, Hestiom joue la carte de l’interne : ses équipes assurent elles-mêmes l’installation des panneaux, pour lesquels il se fournit en Allemagne.

 

pvf2023

 

Signe du caractère stratégique de la récente innovation pour les développements globaux du groupe, actif également en Belgique et au Luxembourg, celui-ci prend le nom d’Hestiom (*) alors qu’il portait celui de la première société remontant à 1993 : Aterno dans le chauffage électrique (radiateurs, chauffe-eau…). Celle-ci garde son nom, comme filiale spécialisée dans les radiateurs à inertie basse consommation et leur domotique associée.

Le groupe se complète d’Aterno ENR -  l’installateur des kits solaires - et de PowerPark évoluant dans le domaine de la mobilité électrique, dont les bornes de recharge.

dirigeant hestiom
Thierry Fallard préside le groupe jusqu'alors dénommé Aterno, en référence à son activité historique et maintenue de chauffage électrique, et qui prend désormais le nom de la filiale Hestiom d'énergie photovoltaïque.


Photos fournies par l'entreprise.

(*) association entre Hestia, la déesse antique du foyer, et Home, la maison en anglais

Commentez !

Combien font "6 plus 3" ?