Panneaux photovoltaïques, process moins énergivore, allègement du poids des bouteilles plastiques, PET recyclé, passage au verre consigné en grande distribution régionale … L’embouteilleur de l’eau de source Lisbeth, bien connue des Alsaciens, investit pour réduire son impact écologique. Prochain chantier, réduire la consommation d’eau du process.


« Le respect de l’environnement est l’une des valeurs fondamentales des Sources de Soultzmatt », dit d’emblée Jacques Sérillon, le directeur général de l’entreprise. Presque une évidence quand on vend un produit 100% naturel : l’eau. L’usine du Haut-Rhin embouteille en effet de l’eau de source  sous la marque Lisbeth, de l’eau minérale sous la marque Nessel, des eaux aromatisées, et produit aussi des limonades et des sodas (Elsass Cola, T'Glacé, etc.).

La société anonyme sous forme de société d’économie mixte détenue notamment par la commune de Soultzmatt et l’entreprise suisse Rivella, emploie 43 salariés pour un chiffre d’affaires de 11 millions d’€. L’usine qui produit chaque année environ 24 millions de bouteilles, a travaillé à réduire sa consommation d’énergie à chaque étape du process de fabrication.


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Dernier investissement en date : la pose de 308 panneaux photovoltaïques mis en service le 19 mars dernier. Des panneaux de l’entreprise alsacienne Voltec Solar, insiste le directeur général, composés de matériaux recyclables à 95% et produisant 100 kWc. Destinée à l’autoconsommation, cette électricité représente environ 10% de la consommation globale de l’entreprise. Cet investissement de 120.000 € a été soutenu à hauteur de 25.000 € par la Région Grand Est dans le cadre des actions Climaxion.

Depuis trois ans, la société a investi 400.000 € pour réduire sa consommation d’énergie. Elle a changé ses ampoules classiques en led, s’est équipée de chariots électriques, d’une nouvelle chaudière et a renouvelé ses compresseurs. Ces équipements qui fournissent l’air comprimé nécessaire à la chaîne d’embouteillage sont passés de deux à cinq unités (3 de 10 bars et 2 de 40 bars), qui s’activent en fonction des besoins. « Cela nous a permis de réduire de 40% la consommation d’électricité des compresseurs », assure le directeur général.

L’entreprise a également isolé l’ensemble de ses conduites vapeur et de ses vannes, et mis en place des déstratificateurs (système de ventilation) dans les halls de stockage. Ces actions réduisent de 30% la consommation de gaz naturel. Depuis l'an dernier, un régulateur de tension fonctionne en entrée d’usine et fait baisser la consommation électrique de 3,5%.


Prochain objectif : consommer moins d’eau dans le process

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L'entreprise est organisée pour les visites du public, depuis cette circulation qui surplombe l'usine d'embouteillage. Elles n'ont pas encore repris. © Google map

 

Le prochain chantier environnemental de l’entreprise concernera la consommation d’eau. « D’ici deux ans, nous souhaitons diviser par dix notre consommation d’eau industrielle », prévient le directeur général. Il programme un investissement d’environ 400.000 € pour l’achat d’une nouvelle laveuse, la mise en place d’un procédé pour réutiliser l’eau et augmenter la productivité de l’usine.Il souhaite également travailler sur une stratégie plus verte au niveau des achats et des déchets. Avec ce nouveau projet, la facture approchera le million d’€.

Le bilan carbone que l’entreprise vient de finaliser, lui révèle des pistes d’amélioration. « Il y a beaucoup de choses à faire pour l’économie circulaire au niveau de nos achats. Ce sont souvent des choses simples, mais il faut analyser et poser la stratégie », observe Jacques Sérillon. Les Sources de Soultzmatt s’emploient déjà à utiliser les matières premières les plus locales possibles. Par exemple, les sucres et la plupart des arômes utilisés sont français, le sucre bio est suisse (à partir de betteraves allemandes) et les cartons d’emballage viennent d’Allemagne.


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Le plastique dont elle fait ses bouteilles est aussi au programme du plan environnemental de l’entreprise. Depuis 2001, elle est parvenue à alléger leur poids de 23%, ce qui correspond à une diminution de 50 tonnes annuelles  de PET (polyéthylène téréphtalate), le matériau utilisé pour les bouteilles. « Mais le PET est un matériau 100% recyclable » , rappelle le dirigeant. Aussi, l’embouteilleur ajoute t-il 30% de PET recyclé dans ses bouteilles et 50% dans les emballages de packs. Quant aux films entourant les palettes, ils sont entièrement en PET recyclé.

Les Sources de Soultzmatt s’engagent également dans la voie des bouteilles en verre consignées, un matériau qui représente 30% de sa production. Depuis avril dernier, la consigne est en place pour l’Elsass Cola dans les grandes surfaces d’Alsace. « C’est une tendance dans la grande distribution régionale qui avait démarré déjà avant la crise du Covid-19 », souligne le dirigeant. Mais le plus gros débouché pour les bouteilles d’eau en verre reste le secteur CHR (cafés, hôtels, restaurants). Un marché qui représente habituellement 35% des ventes et qui redémarre doucement…

 

serillonJacques Sérillon, directeur général de la SEM des Sources de Soulzmatt, présente le coca alsacien lancé il y a près d'une dizaine d'années. © Julie Giorgi

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