PLASTURGIE/BAS-RHIN. La filiale du groupe familial allemand voit son chiffre d'affaires progresser fortement avec l'attention prêtée par les collectivités et les citoyens aux dérangements climatiques. Le fabricant de bassins et cuves de retenue et de gestion des eaux vient d'acquérir 18 hectares pour concrétiser une extension logistique en 2019.

 

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Graf fabrique des structures en plastique pour bassins d'infiltration, de rétention, de stockage... Sa maison mère devient collecteur de plastique usagé en Allemagne afin de sortir de la dépendance des cours du pétrole et des prix variables de la matière plastique. © Graf.

 

Encore rappelées par le drame de l’Aude ces dernières semaines, les inondations deviennent de plus en plus fréquentes et intenses. Personne ne s’en réjouit mais, comme un fait tenace, elles génèrent leur business. C’est dans leur prévention que les produits de Graf à Dachstein (Bas-Rhin) trouvent l’une de leurs applications, d’importance croissante.

 

« Le marché des bassins de rétention et des bassins tampons explose actuellement en Europe », observe Dominique Lacombe, le codirigeant de l’entreprise filiale du groupe familial allemand du même nom. La fabrication de leurs éléments, en particulier les structures alvéolaires, représente désormais un tiers de l’activité du site alors que celle-ci était longtemps très majoritairement dédiée aux équipements de récupération des eaux de pluie.

 

Ce domaine connaît toujours la croissance, mais pas avec la même intensité. Il occupe un second tiers d’activité. Le troisième moteur de Graf Dachstein vient de l’assainissement non collectif : les pouvoirs publics poussent - et aident financièrement - les propriétaires de résidences isolées à s’équiper. Pour ce besoin, Graf fabrique des micro-stations d’épuration compactes.

 

 

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L’une des marques de fabrique de l’entreprise reste les cuves en plastique pour la gestion des eaux pluviales. Leurs dimensions ne semblent plus connaître de limites. Les plus impressionnantes peuvent stocker pas moins de 120.000 litres. « Tous les formats augmentent : les cuves extra-plates (cette forme réduit la profondeur d’enfouissement nécessaire et limite ainsi les volumes de remblais, NDLR) sont passées de 10.000 à 60.000 litres », souligne Dominique Lacombe.

 
Le site de Dachstein, qui emploie 100 salariés, travaille en complémentarité avec l’usine principale du groupe, implantée moins de 100 km plus à l’est, au siège de Teningen dans le Bade-Wurtemberg avec un effectif de 280 personnes.

 

Chacun cultive sa part de spécialisation dans le process : à la France celle du roto-moulage, à l’Allemagne l’injection et le soufflage. Tout le monde y trouve son compte. Le groupe continue de croître, et sa filiale française aussi. « Nous en sommes en croissance depuis trente ans », souligne Dominique Lacombe.

 

Ciblage des projets professionnels et industriels

 

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Dominique Lacombe, codirigeant : « Nous étions tournés plutôt vers les marchés domestiques, mais désormais nous nous ouvrons davantage aux projets professionnels et industriels. » © Traces Écrites

 

Le chiffre d’affaires de Dachstein se situe à 50 millions d’€. Une autre unité en Europe fonctionne de façon plus autonome, mais elle a son lien avec l’Alsace : il s’agit de l’ex-usine en Pologne de Sotralentz, l’industriel bas-rhinois qui s’était retrouvé en difficulté et auquel Graf a racheté ce site étranger l’an dernier.

 

L’augmentation des volumes qui caractérise l’évolution des gammes modifie quelque le profil de l’utilisateur final. « Nous étions tournés plutôt vers les marchés domestiques, mais désormais nous nous ouvrons davantage aux projets professionnels et industriels, avec un département qui lui est dédié depuis l’an dernier », poursuit Dominique Lacombe, qui assure la direction commerciale de l’entreprise, tandis que son collègue Christophe Woets est chargé de la production.

 

Caves vinicoles, brasseries, hôtels, centres de vacances, sites industriels comme Alstom à La Rochelle pour des blocs alvéolaires pour bassins de rétention, entrent ainsi dans le « pipeline » de clientèle.

 


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Les besoins étant universels, le site de Dachstein est logiquement orienté vers l’export, en complément du marché français. Dans la répartition des ventes mondiales avec la maison-mère allemande, il se charge d’un espace que l’on peut synthétiser comme francophone : Bénélux, Suisse, Afrique, Drom-Tom.

 

Sur place à Dachstein, les stocks sont pleins… et il est temps de les soulager : Graf France a acquis 18 hectares autour de son site, de quoi préparer, pour commencer, l’extension logistique par une plate-forme programmée en 2019. Ses surfaces sont en cours de définition.  

 

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La micro-station de Graf fonctionne sur le principe des boues activées : l'épuration des eaux se fait dans une seule cuve et une seule chambre de traitement. © Graf.

 

En attendant, la rive allemande concentre l’investissement majeur de Graf, d’ampleur historique pour la PME familiale cinquantenaire. Le mois prochain, elle mettra en service une unité de recyclage de matière plastique à laquelle elle consacre 30 millions d’€, à Herbolzheim (Bade-Wurtemberg). Elle deviendra l’un des premiers collecteurs de plastique usagé de ce land allemand, pour le transformer en granulés qui serviront à fabriquer des cuves.

 

L’enjeu se résume en un terme : sortir de la dépendance. D’une part, celle des cours du pétrole qui déterminent ceux du plastique vierge, d’autre part celle de la volatilité des prix du plastique résultant des stratégies mondiales des fournisseurs. « Nous maîtrisons nos procédés de transformation de la matière, il était important de maîtriser aussi la matière elle-même », justifie l’entreprise. Qui ambitionne dans quatre ans d’atteindre 85 % de production à partir de sa propre ressource.

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