Spécialiste du marquage moléculaire des médicaments, Alsachim est la première à fournir les étalons internes nécessaires au suivi thérapeutique des médicaments en phase de test contre le Covid-19. La société qui fait partie du groupe japonais Shimadzu, travaille sur la dizaine de molécules identifiées par l’OMS comme des pistes thérapeutiques.


Des essais cliniques sont menés depuis plusieurs semaines dans les laboratoires de différents pays du globe pour trouver des traitements thérapeutiques contre le Covid-19. Face à l’urgence de la situation, l’enjeu est d’accélérer ces études cliniques. Alsachim à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, y contribue en fournissant des produits de référence standard pour le dosage des médicaments testés contre le Covid-19.
Il s’agit de synthétiser les étalons internes de ces candidats-médicaments et de les fournir aux hôpitaux afin qu’ils puissent doser de manière juste la concentration des molécules actives pour assurer leur efficacité thérapeutique et leur non toxicité. 
Grâce à une veille qui a démarré dès l’apparition de l’épidémie en Chine, l’entreprise alsacienne a anticipé les besoins actuels.

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Alsachim a commencé à travailler sur le remdesivir  (qui avait été développé pour traiter le virus Ebola) il y a deux mois. « Nous avons été les premiers au monde à pouvoir fournir aux laboratoires l’étalon de référence de ce médicament », se félicite Jean-François Hoeffler, le dirigeant d’Alsachim.
Aujourd’hui, l’entreprise travaille sur la dizaine de molécules identifiées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme des pistes thérapeutiques, et reste en veille sur d’autres molécules, notamment le nafamostat (habituellement utilisé pour les maladies du pancréas), révélé par des chercheurs japonais. « Pour certaines molécules, nous avions du stock, pour d’autres nous avons travaillé en chimie de synthèse en urgence. Comme nous sommes une petite structure, nous pouvons réagir rapidement », assure Jean-François Hoeffler.


La société a réorienté ses priorités

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Jean-François Hoeffler, le fondaeur d'Alsachim en 2005 : « Une petite structure peut réagir plus rapidement. »

L’entreprise qui emploie 42 salariés, a dédié une équipe aux médicaments tests contre le Covid-19. Les chimistes se sont mobilisés pour accroître les activités de recherche et les capacités de production. 20 salariés travaillent actuellement sur le site d’Illkirch-Graffenstaden, l’autre moitié de l’effectif  en télétravail. Sans abandonner les projets qu’elle avait en cours, la société a réorienté ses priorités. « Tout le monde l’a compris et certains clients nous ont même aidés », raconte le dirigeant, qui assure n’avoir aucun problème d’approvisionnement pour le moment.

 

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Les demandes concernant les standards marqués des médicaments tests contre le Covid-19 viennent de laboratoires du monde entier : d'Europe, d'Inde, d'Australie, du Japon et de plus en plus des Etats-Unis.
Avant même cette crise sanitaire mondiale, l’entreprise réalisait 80% de son activité hors de France. Créé en 2005, Alsachim qui appartient depuis 2017 au groupe japonais Shimadzu, est devenu l’un des leaders mondiaux des étalons internes de molécules. avec un catalogue de plus de 8.000 références. En 2019, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 3,8 millions d’€.
« Notre marché est en forte croissance car les essais cliniques augmentent un peu partout dans le monde. Et notre expertise est reconnue par les CHU et les laboratoires », affirme Jean-François Hoeffler. Aujourd’hui, les études cliniques sur la fameuse chloroquine, mais aussi sur l’hydroxychloroquine et le favipiravir (un antiviral prescrit contre le grippe) sont bien avancées.

Lire aussi : Alsachim convole en justes noces avec le groupe japonais Shimadzu.

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