AUTOMOBILE/CHAMPAGNE-ARDENNE. Les produits assemblés par cet équipementier automobile de rang 1 permettent d’apporter l’énergie électrique à la bougie et d’améliorer les performances des moteurs à combustion.

Electricfil Service, à Joinville, en Haute-Marne, est en train d’opérer sa mutation. La PME s’oriente vers la fabrication et la distribution de pièces de rechange, une activité qui l’amène à agrandir son usine pour 1,6 million d'€.

 

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Le site de Joinville fabrique 280 000 faisceaux, 200 000 bobines et 1,9 million de capteurs par an. ©Frédéric Marais / Agence Info.

 

EFI Automotive, le groupe familial français auquel appartient Electricfil (*), ne remerciera jamais assez l’ORTF, le défunt Office de radiodiffusion-télévision française, ancêtre de nos chaines de télé actuelles. C’est en effet pour les besoins de l’Office que l’entreprise invente à la fin des années 1950, le faisceau d’allumage antiparasites Bougicord, système qui empêche les voitures de parasiter les postes de télé et de radio lorsqu’elles circulent à proximité.

 

L’usine de Joinville (Haute-Marne) a vu le jour en 1978 à la demande de Renault afin d’assembler cet accessoire. « Le constructeur voulait ouvrir un second site de production proche de la Française de Mécanique, là où il faisait fabriquer ses moteurs, dans le Pas-de-Calais », explique Pierre-Loïc Collin, le directeur du site haut-marnais.

 

A cette époque, Mai 68 n’est pas encore très loin, et Renault cherche aussi à diluer les risques d’une grève éventuelle. L’entreprise de Joinville s’appelle alors la SIR (Société Industrielle du Rongeant) et elle procède du rachat d’une société existante. Elle ne prendra le nom d’Electricfil Service qu’en 2005.

 

Spécialiste de l’allumage

 

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Le travail manuel occupe une place non négligeable dans l’entreprise. ©Frédéric Marais / Agence Info.

 

Electricfil Service a beaucoup évolué au fil des ans, au gré des produits qu’on lui a demandé de fabriquer. Une flexibilité facilitée par la « polyvalence des salariés ». Aujourd’hui, l’activité se concentre autour des produits suivants : capteurs de régime moteur électroniques ou bobinés, bobines et faisceaux d’allumage, connecteurs.

 

« Les capteurs mesurent la vitesse du moteur afin de fournir des informations précises au calculateur de position du moteur. C’est très important pour le système antipollution, souligne Pierre-Loïc Collin. Les bobines d’allumage transforment quant à elles la basse tension de la batterie en haute tension. Lors d’un démarrage à froid par exemple, la bobine est fortement sollicitée et sa qualité doit être irréprochable. »

 

Les clients d’Electricfil sont aussi bien des constructeurs automobiles (PSA, Ford, Volvo) que des équipementiers (Delphi, Bosch, ZF) et des distributeurs indépendants. Son chiffre d’affaires officiel au sein du groupe EFI Automotive s’élève à 5,7 millions d’€, mais il est en réalité de 24 millions d’€ si l’on considère les flux sortant de l’usine. Au moins 30 % de la production part à l’export.

 

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Ces dernières années, Electricfil s’est tournée de plus en plus vers la fabrication de petites séries (parfois moins de dix pièces par an) et la pièce de rechange plutôt que la pièce de première monte. « La part de l’activité rechange est passée de 32 % en 2011 à 65 % en 2015, et devrait dépasser 80 % en 2020. Pour un nombre de références atteignant 4 500, contre moins de 1 000 en 2006. »

 

La pièce de rechange — destinée aussi bien aux constructeurs qu’aux distributeurs indépendants — nécessite d’adapter un process automatisé en process semi-automatisé, voire manuel.

 

75 % de femmes

 

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©Frédéric Marais / Agence Info.

 

Dès lors, on ne s’étonnera pas que 4 ouvriers sur 5 soient… des ouvrières, les femmes étant recherchées pour leur minutie. La gent féminine représente les trois quarts des effectifs totaux de l’entreprise (120 personnes, intérimaires compris). Les conditions de travail favorisent ce recrutement : beaucoup de postes assis, relativement peu de bruit, pas de chaleur ni de salissures.

 

Cette spécialisation dans la pièce de rechange conduit aussi l’usine joinvilloise « à devenir un site logistique ». Un nouveau bâtiment de 2 200 m2 va être construit derrière les locaux actuels dans ce but. Un investissement de 1,6 million d’€, incluant la construction d’un nouveau pôle administratif destiné notamment à améliorer l’accueil de la clientèle.

 

Ce dernier devrait être livré à la mi-2016, la mise en chantier du bâtiment logistique restant pour sa part suspendue aux résultats du diagnostic archéologique. Sa mise en service contribuera à desserrer les ateliers, caractérisés par une grande densité de machines.

 

Restera une possibilité d’extension en étage au-dessus des bureaux. L’agrandissement de l’usine se fera à effectif constant.

 

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En poste depuis 2003 à Joinville après avoir travaillé chez Thomson, Testut, au Bronze Industriel puis chez Gévelot, le directeur Pierre-Loïc Collin, 55 ans, est ingénieur Arts et Métiers. ©Frédéric Marais / Agence Info.

* EFI Automotive a été fondé en 1936 dans l’Ain sous le nom de Compagnie Industrielle des Fils et Câbles Electriques, avec une spécialité : le cordon de fer à repasser.

Ayant encore son siège dans l’Ain et désormais entièrement dédié à l’automobile, le groupe possède des filiales aux Etats-Unis, en Chine, en Turquie et bientôt au Mexique. Il emploie 1 600 personnes et a réalisé 195 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2014.

 

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