Croissance. Dans un secteur d’activité (la chimie) et un secteur géographique (le bassin de Cernay, dans le Haut-Rhin) qui n’ont ni l’un ni l’autre été épargnés par la crise, DuPont de Nemours détonne…, fort heureusement.

Le site local du groupe américain poursuit avec une régularité de métronome son développement en personnel et en matériel. Pour 2011, ce seront respectivement 70 emplois et 7 millions d’€  d’investissements.

L’usine de Cernay et son satellite à Uffholtz, la commune voisine, fabriquent des produits qui n’ont pas bonne presse : herbicides, fongicides et insecticides.

Mais la demande est toujours là et le site, par ailleurs soucieux d’environnement (préservation de la biodiversité dans les espaces verts alentour, diminution des déchets et des rejets en eau…), estime apporter sa contribution à la réduction de l’empreinte écologique de ses fabrications. Notamment en réduisant les doses de façon significative.

Sa croissance  vient surtout de son nouveau statut au sein du vaste groupe américain. «Nous desservons désormais le monde entier, puisque 132 pays figurent dans notre portefeuille. L’Europe reste notre marché de référence, mais le fait d’élargir notre horizon à l’hémisphère Sud est précieux: il procure un lissage de l’activité sur toute l’année. La période de l’été qui était plus creuse ne l’est plus à présent », expose Daniel Bechadergue, directeur du site.

Au sein du département "protection des cultures" de DuPont, Cernay est devenu la plus importante unité européenne, devant ses 2 homologues d'Espagne et de Russie. Sa production totale atteindra cette année un record de 30.000 tonnes, correspondant à un volume de produits finis de 16.000 tonnes.

Un record de 30.000 tonnes

«Cernay a franchi un étape. Il y a quelques années, il pouvait encore être considéré comme un petit site à l’échelle du groupe. Ce n’est plus le cas. Il a acquis un taille internationale et le rang de site d’excellence», confirme Martin Virot, président de DuPont de Nemours France.

«Grâce à nos investissements en équipements, nous couvrons désormais l’ensemble du process: formulations, synthèse, conditionnement…, si bien que nous avons la capacité technique d’accueillir potentiellement neuf produits DuPont sur dix», souligne Daniel Bechadergue.

Ce contexte favorable se traduit en investissements et en embauches. En 2010, puis en 2011, le groupe a consacré à Cernay/Uffholtz une enveloppe annuelle de 8 à 10 millions de dollars (5,5 à 7,5 millions d’€). Une somme de même ampleur est promise pour 2012.

Côté effectifs, l’usine a recruté 60 personnes en 2009-2010 et pour cette année, elle prévoit 70 embauches, dont 50 créations nettes. Ce qui la mènera à 420 salariés en CDI.

L'entreprise maintient un rythme d’une nouveauté produit par an. Après l’insecticide Rynaxypyr® en 2010, c’est un fongicide "made in Cernay" qui prépare son entrée sur le marché.

La ville de Cernay se félicite de toutes ces bonnes nouvelles, qu’elle a gravées dans le marbre d’une convention de partenariat le 19 mai dernier.

Son député-maire Michel Sordi, lui-même ancien chef d’entreprise, n’a pas manqué de relever la «qualité exemplaire de la relation» de l’entreprise avec son environnement local.

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