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Complémentaires, Optec et Aurea conçoivent des machines très pointues pour l’horlogerie, le luxe, le médical, l’aéronautique, l’automobile ou encore la connectique.

 

MICROTECHNIQUES. Regroupées au sein du holding Investronic, Optec et Aurea, chacune cliente et fournisseur de l'autre, additionnent leurs compétences pour décrocher de nouveaux marchés, notamment dans le médical et l’agroalimentaire.

La première est spécialisée dans le contrôle optique, la seconde dans la conception de machines spéciales.

Les deux petites entreprises du Doubs dirigées par Christophe Dufresne se sentent aujourd'hui à l'étroit dans leurs locaux.

 

Créateur d’Optec en 2002, Christophe Dufresne a racheté Aurea en 2011. La première société est spécialisée dans le contrôle optique, la seconde dans la conception de machines spéciales. Complémentaires, elles innovent et conçoivent des machines très pointues pour les secteurs de l’horlogerie, du luxe, du médical, de l’aéronautique, de l’automobile ou encore de la connectique.

 

Trois ans après le rachat d’Aurea, la stratégie globale d’Investronic est opérationnelle. Au sein du petit groupe ainsi constitué par le fondateur d’Optec, chacune reste indépendante, mais un directeur général commun, recruté en mai 2013, pilote l’ensemble.

 

Les premières tâches de Bruno Louis-Tisserand ont consisté à définir une base de procédures pour les deux sociétés et à organiser des équipes projets. Au cœur de la stratégie commune, l’innovation, dans laquelle est investi 20% d’un chiffre d’affaires global de 3 millions d’€, et l’export qui représente 60% des ventes d’Optec et 20% chez Aurea.

 

Fondée en 2002 par Christophe Dufresne, un spécialiste de l’optique formé à Paris mais séduit par la position géographique franc-comtoise et la qualité de la main d’œuvre locale, Optec fabrique des machines de contrôle optique et emploie 14 salariés à Guyans-Vennes, petite commune du plateau du Haut-Doubs. A Pugey, tout près de Besançon, Aurea conçoit automatismes et machines spéciales depuis plus de 20 ans et emploie 16 personnes.

 

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Machines pour détecter les défauts d'usinage

 

Les deux entreprises « travaillent main dans la main », assure le dirigeant. Historiquement, chacune est client-fournisseur de l’autre, mais le rapprochement a permis de décrocher de nouveaux marchés, notamment dans le médical et l’agroalimentaire.

« La combinaison machines spéciales et contrôle optique est la bonne. Le vrai levier, c’est le contrôle. »

 

A Guyans-Vennes, en 2013, les ingénieurs d’Optec avaient conçu une machine permettant de trier, par contrôle optique, les vrais des faux diamants. Une innovation qui a beaucoup plu aux horlogers de l’autre côté du massif jurassien (Suisse). Une dizaine de ces machines a été vendue en 2014. Aujourd’hui, pour conserver son avance technologique, Optec est en train de concevoir une machine permettant de contrôler la couleur de ces précieuses pierres.

 

Dans l’atelier de Guyans-Vennes, Optec développe actuellement pour un horloger suisse, une machine robotisée d’assemblage. 

Parallèlement, des recherches sur le contrôle esthétique des pièces industrielles sont en cours. « Ce sont des solutions assez compliquées permettant de détecter les défauts d’usinage, de polissage, les points ou taches. D’ici 36 mois, trois ou quatre machines de ce type devraient tourner. Il y a un marché : l’automobile, l’horlogerie ou le médical sont des clients potentiels. Là, la complémentarité des deux entreprises est évidente : Aurea apporte son expérience. »

 

A Pugey justement, les équipes d’Aurea poussent toujours plus loin l’innovation et, après la robotique, travaillent aujourd’hui à l’intégration de systèmes de réseaux de neurones. « Le système est capable de dire si une pièce est bonne ou non. Cela nécessite des compétences en informatique et en mathématiques, avec l’intégration d’algorithmes. Là, nous sommes associés à un partenaire dijonnais », poursuit le dirigeant.

 

Les deux entreprises commencent à être à l’étroit dans leurs locaux historiques.

Début 2015, Aurea va s’installer dans un bâtiment neuf à Etalans, à une trentaine de kilomètres de Pugey. Pour les équipes d’Optec, Christophe Dufresne a également lancé un projet de nouveaux locaux à Orchamps-Vennes, commune toute proche. Pas de fusion en vue mais des locaux plus fonctionnels pour une meilleure collaboration.

 

Qui est Christophe Dufresne ?

 

Originaire du Nord, Christophe Dufresne a découvert la Franche-Comté en 1995 à l’occasion de vacances et, séduit, n’a plus jamais voulu repartir.

Ingénieur en optique, il a d’abord travaillé dans des PME locales et pour le groupe Swatch avant de tout plaquer pour créer sa petite entreprise dans le jardin de sa maison de Guyans-Vennes. 

 

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Les salariés sont organisés en équipes projets.

« J’ai viré la tondeuse et isolé un peu, et je suis resté là pendant deux ans, avec un projet de système d’évaluation de guidage de missiles infrarouges que je n’ai pas réussi à commercialiser », raconte-t-il, amusé.

 

Christophe Dufresne a alors orienté ses projets vers le monde civil et, en 2005, Optec a pu décoller, avec de vrais locaux cette fois, toujours à Guyans-Vennes.

 

A quelques encâblures de l’UTBM de Sévenans (Territoire de Belfort) et des formations bisontines en automatisme, deux viviers de compétences pour les deux entreprises.

 

Photos fournies par Optec.

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