PLAIDOYER. Parent pauvre de la construction même dans nos régions forestières de l'Est, le bois trouve un nouvel argument pour  convaincre : la rareté et le prix du foncier en ville.

La première étape de la tournée Le Bois dans la ville (1), le 24 mai à Dijon a étayé la démonstration des premiers chantiers dijonnais d'envergure.

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«Avec la densification du tissu bâti dans les villes, la pertinence du bois est une évidence que conforte la réglementation thermique 2012 et le respect de l'étanchéité à l'air», expose Jean-Philippe Bazot, président d'Aprovalbois, l'interprofession de la filière bois en Bourgogne.

«La propreté du chantier, le bilan carbone ainsi que la qualité de l'air sont incontestablement des arguments en sa faveur en ville», ajoute t-il. L'interprofession consignera recommandations et avertissements dans un glossaire technique en préparation à l'attention du grand public et des constructeurs.

Invité de l'étape dijonnaise de la campagne comité national de développement du bois (CNDB), Markus Mooser, directeur du Cedotec, l'organisme suisse de promotion du bois balaie les préjugés, encore tenaces.

«Il y a longtemps qu'en Suisse, on ne fait plus uniquement des chalets». Logements collectifs, surévélévations de bâtiments anciens et équipements publics représentent «près d'une construction par jour», précise t-il.

Résultat, la part de marché du bois y grandit : 23% dans la réhabilitation (+9% en 5 ans), 5% dans le logement collectif, 12,8% dans la maison individuelle pendant qu'en France, elle stagne autour de 7%.

Gagner des mètres carrés habitables, voilà qui a convaincu l'Opac de Dijon (Côte-d'Or) de remplacer le béton par le bois dans une petite opération de logements dans un espace restreint.

De 18 logements au départ, le programme Beaumarchais en comptera 20. L'utilisation de panneaux en bois massif contrecollé avec un isolant intégré donne des murs et des cloisons moins épaisses.

Contraintes acoustiques et économies d'énergie

Le maître d'ouvrage a étayé son choix sur une étude comparative du bureau d'études mulhousien Sedime sur des critères de coût et de durée du chantier.

A 1192 € le m2 de surface habitable et 11 mois de chantier, le bois offre «le meilleur rapport qualité prix» face au béton, d'un prix inférieur (1110 €) mais plus long à réaliser (13 mois de chantier).

La même configuration, sur un terrain en bande, au centre-ville de Dijon, a conduit au même mode constructif pour un immeuble de trois étages, bâti sur un socle en béton.

«Les contraintes acoustiques liées à la présence d'une voie ferrée à 50 mètres ajoutent à la pertinence de ce choix», précise Pierre-Etienne James, architecte d'une petite opération de logements d'ICF Nord-est-Méditerranée.

Dans l'écoquartier Hyacinthe Vincent, près du CHU, ce sont les objectifs d'économies d'énergie qui ont décidé SNI Nord-Est à construire des maisons accolées et superposées en ossature bois.

(1). Organisée par le Comité national de développement du bois (CNDB), en partenariat avec Le Moniteur, la campagne Le Bois dans la ville fera une halte le 13 septembre à Strasbourg, parmi sept autres villes.

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