Alpro, leader européen sur le marché des boissons végétales, investit 16,5 millions d’€ dans l’installation d’une nouvelle ligne de production sur son site d’Issenheim (Haut-Rhin). La nouvelle installation, opérationnelle dès juillet 2022, doit permettre à l’entreprise du groupe Danone de répondre à la croissance du marché en France, estimée à + 50% dans les quatre années à venir.
« Il y a dix ans, en France, le végétal était un marché de niche, mais entre 2013 et 2020, la consommation de produits végétaux (rayons boissons, ultra-frais, crèmes et glaces) a été multipliée par trois. Et dans les quatre années qui viennent, on s’attend à une croissance de 50% », explique Nicolas Poillot, le responsable marketing d’Alpro France. Selon une étude Kantar, en 2020, 40% des Français se déclaraient flexitariens, précise t-il.
Pour répondre à la demande en hausse des consommateurs, tant en grande distribution qu’en CHR (café, hôtel, restaurant), la filiale de Danone depuis 2017 engage dans son usine de d’Issenheim, entre Colmar et Mulhouse (Haut-Rhin), un investissement de 16,5 millions d’€. Il sera affecté à une sixième ligne de fabrication de boissons végétales sauf à base de noisettes et d’amandes.
Le site alsacien, créé en 1986, produit 200 millions de briques de laits végétaux par an, mais aussi des alternatives végétales au yaourt, des aides culinaires et des glaces à base de soja, d’amandes, de noisettes, d’avoine, de noix de coco et de riz, vendus dans 32 pays européens. L’arrivée de la nouvelle ligne, qui devrait être opérationnelle dès juillet 2022, s’accompagnera de l’embauche de 49 personnes sur un effectif actuel de 206 salariés.
« Avec cet investissement, nous augmentons notre capacité de production de 70.000 tonnes par an. Issenheim abritera le plus grand site de production de boissons végétales en France avec plus de 230 références qui seront disponibles dans toute l’Europe », annonce Frédéric Lebas, directeur de l’usine alsacienne, l’une des trois en Europe avec la Belgique et le Royaume-Uni.
Approvisionnement auprès de 400 agriculteurs alsaciens

Alpro privilégie l’approvisionnement local en soja, matière première de la moitié des volumes de l’usine qui transforme 2.000 tonnes de graines cette légumineuse chaque année. « 80% de notre soja provient d’Alsace et 100% de France », assure le directeur du site d’Issenheim.
L’entreprise a organisé une filière avec 400 agriculteurs alsaciens qui livrent à deux coopératives de Colmar : la Coopérative Agricole de Céréales (CAC) et Armbruster. Les variétés sont sélectionnées par l’usine qui contrôle toutes les étapes, depuis les semences jusqu’au produit fini. Selon Benjamin Lammert, agriculteur à Ensisheim qui cultive du maïs, du blé et du soja, la qualité du soja en France et en Alsace est « exceptionnelle. » Les prix situés à environ 400 € la tonne de soja devraient grimper en raison d’une pénurie de production au niveau mondial.

Pour le bio, Alpro se fournit en majorité dans la région de Toulouse car en Alsace, la filière soja bio n’est pas très développée. La gamme bio ne représente pour l’instant que 10% des volumes de l’usine. Parmi les évolutions de produits, l’entreprise regarde de près le vrac, qui a déjà fait son apparition dans les rayons de la GMS et qui devrait gagner du terrain. La loi Climat et résilience, adoptée en juillet dernier, prévoit que les surfaces commerciales de plus de 400 m2 devront réserver au moins 20 % de leur surface à la vente en vrac d'ici 2023.



















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