MÉTALLURGIE. En fond de vallée vosgienne, la PME haut-rhinoise s’impose dans les éléments chaudronnés grâce à sa maîtrise de la soudure. Signe particulier : ses salariés sont tous actionnaires.

Les bons soudeurs sont devenus denrée rare : les entreprises de la métallurgie s’en plaignent à longueur d’année.

On en trouve encore chez Koehler-Bosshardt, à Kirchberg (Haut-Rhin), au pied du versant alsacien du Ballon d’Alsace. Ils manient avec dextérité le chalumeau dont la flamme perce telle une lueur dans les ateliers.

Ils ne sont pas en quantité illimitée – l’entreprise compte 12 salariés – mais leur nombre suffit pour produire une haute qualité prisée des industriels de la chimie, de la pharmacie, du traitement de l’eau, ou de l’agro-alimentaire.

Membre de Pro Eco 2, Koehler Bosshardt fournit ces secteurs en ensembles chaudronnés, en cuves de stockage, échangeurs de chaleur, etc. «Notre marché est d’abord local mais pour les équipements sous pression, requérant des exigences particulières, nous allons au-delà, notamment en Suisse », souligne le directeur général Thierry Nivill. L’export représente 30 % du chiffre d’affaires situé à 1,5 million d’€.

La compétence de la main d’œuvre donne la clé d’accès à des marchés supplémentaires : «Nous maîtrisons la soudure de matériaux plus rares comme le titane, le cuivre, l’uranus et des alliages spéciaux, qui sont recherchés pour leurs résistances, à la température, à la corrosion, au milieu acide…», expose Thierry Nivill.

Plus rares… et plus chers : le titane coûte dix fois plus que l’inox, ce qui permet à la PME de se battre sur des marchés où l’on ne négocie pas le prix au centime d’€ avec des concurrents low cost aux trousses.

Assemblier de salles blanches

Autre diversification : les ensembles plus complexes centrés autour des appareils à pression. Koehler Bosshardt a décroché la réalisation de plusieurs salles blanches de labos sur le site pharmaceutique de Huningue (Haut-Rhin), auprès de Delpharm et, pour son usine biotechnologique Biotech de Novartis.

Par des partenariats avec des fabricants de panneaux de salles blanches et de matériels de laboratoire, il se fait ensemblier et chef de file d’une offre dont il pilote la phase cruciale de réception des équipements.

Cette percée n’est pas sans rapport avec l’expérience professionnelle précédente d’André Rinner, le repreneur de Koehler Bosshardt en 2007. Il était alors client de la PME en difficulté et s’est décidé à la redresser lui-même, pour éviter la disparition du savoir-faire dont l’origine remonte à 1924.

Quelques mois plus tard, André Rinner a proposé aux salariés de participer à une recapitalisation. Ce fut un oui unanime.

L’employé qui quitte l’entreprise revend ses parts, à des collègues ou à la société en direct. Celui qui est embauché - le cas ne s’est pas encore présenté - se voit proposer, mais non imposer, la participation au capital.

Aujourd’hui, les 12 salariés se partagent 20 % des 132 480 euros de capital.

www.koehler-bosshardt.fr

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Photos: Christian Robischon

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