Pionnière de l'e-learning, la pépite technologique de Haute-Saône s’appuie aujourd’hui sur l’intelligence artificielle pour enrichir ses outils d’apprentissage en ligne. Fidèle aux engagements de sa fondatrice, la PME organisée comme une start-up propose également des formations innovantes aux publics en difficulté.
En 1999, Onlineformapro était la première entreprise en France à investir le secteur du e-learning, l’enseignement à distance grâce aux nouvelles technologies, à l'occasion de sa création à Vesoul, en Haute-Saône, par Michèle Guerrin. Vingt-quatre ans plus tard, son learning management system - ou plateforme d’apprentissage – pour les entreprises et les organismes de formation compte 17 millions d’utilisateurs dans le monde. Son catalogue de contenus propose plus de 6.000 heures de modules interactifs.
Prestataire pour Hermès, BMW ou encore Leroy-Merlin, cette grosse PME de 236 salariés (dont 68 à Vesoul) qui revendique « l’agilité d’une start-up » innove encore en exploitant le potentiel de l’intelligence artificielle (IA). « Nos équipes de recherche et développement travaillent sur l’IA depuis quatre ou cinq ans. Nous avons mis en production les premiers outils il y a deux ans, plus tôt que nos concurrents », relate Alan Drabczynski, directeur produits et services d'Onlineformapro. La société de technologie de l’éducation (edtech) a ainsi couplé sa plateforme d’apprentissage avec LISy, un système qui analyse les données des apprenants et leurs interactions, dans le but d'améliorer la pertinence des dispositifs pédagogiques.
Les algorithmes nourrissent également des modules capables d’analyser un CV, de simuler un entretien d’embauche ou de construire un projet professionnel. L’intelligence artificielle générative, incarnée par le désormais célèbre - et controversé - agent conversationnel ChatGPT, a été intégrée à l’autre volet de l’activité d’Onlineformapro : la formation « en présentiel » et l’insertion professionnelle. En effet, depuis une dizaine d’années, 56 centres de formation ont été ouverts, dont dix-huit Access Code Schools en France et au Sénégal - des écoles du numérique ouvertes à tous sans condition de diplôme - et des CFA du numérique à Lyon et Dijon.
L’entreprise a, en outre, monté un « laboratoire pédagogique » à Luxeuil-les-Bains, toujours en Haute-Saône, qui est adossé au dispositif amont à la qualification financé par la région Bourgogne-Franche-Comté à destination des personnes sans emploi ni qualification. « L’intelligence artificielle est un socle d’égalité des chances, estime Michèle Guerrin. Elle peut enrichir les cursus de formation, y compris pour les publics éloignés du numérique. Nous avons toujours eu le souci de ne laisser personne au bord de la route. »
« Fiers » d’être à Vesoul

sans emploi ni qualification.
Ancienne enseignante, la dirigeante au caractère bien trempé n’a rien renié des convictions qui l’ont amenée à créer sa start-up il y a un quart de siècle : « J’ai toujours défendu l’idée que la technologie devait servir à rapprocher les gens et à abolir les distances. Mon but, c’est de pouvoir rester dans une zone rurale et de diffuser la formation dans le monde entier. »
C’est pourquoi, malgré l’appel du pied de technopoles renommées, la société reste attachée à son implantation vésulienne. « Cela suscite même beaucoup de fierté », souligne Alan Drabczynski. Coté en Bourse depuis 2011 – à hauteur de 1 % du capital pour renforcer sa visibilité sur le marché en l’absence d’équipe commerciale – Onlineformapro vient de clôturer ses comptes 2022-2023 sur un chiffre d’affaires, en hausse, de 25 millions d’€ et « un résultat entre 3 et 4 millions d’€ pour financer la R&D et rester autonomes », précise Michèle Guerrin. Les projets de recherche en cours portent en particulier sur l’automatisation de la création de formations adaptatives, afin d’individualiser les parcours au sein d’un groupe aux profils hétérogènes. Toujours grâce à l’IA.
Créatifs et inventifs, les ingénieurs, développeurs, graphistes et designers d’Onlineformapro se sont spécialisés dans la conception de contenus de formation interactifs sur mesure pour de grands groupes ou des institutions publiques. L’entreprise haut-saônoise a ainsi élaboré les deux MOOC (massive open online courses soit cours en ligne ouverts et massifs) les plus populaires au monde (*) : « Se former à la sécurité informatique » pour l’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (ANSSI) et « Vigipirate : sensibilisez-vous au risque terroriste » pour le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale.
Dans un registre plus ludique, l’équipe vésulienne a travaillé, ces dernières semaines, sur des modules d’apprentissage en ligne destinés aux bénévoles mobilisés par l’organisation de la coupe du monde de rugby à partir de ce 8 septembre en France.
Photos fournies par l'entreprise.
(*) Selon un classement établi par la plateforme My Mooc sur la base d’un ratio entre le nombre d’avis et la note moyenne de chaque MOOC.















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