L'idée de l’assistant personnel de la sociégé ID Link est simple, mais astucieuse : automatiser un inventaire pour être sûr de ne rien oublier. Les métiers concernés sont nombreux : l’armée, les médecins, les avocats, les professions libérales, les techniciens de maintenance. Une levée de fonds est en préparation auprès de business angels pour aborder la phase de l'industrialisation.

Pas facile d'innover, même quand l'idée semble séduisante. Valérie Mannarelli en a fait l'expérience avec ses sacs connectés qui semblaient pourtant bien partis, voici deux ans, lorsqu'elle a été lauréate de bronze Cheffe d’entreprise prometteuse aux Trophées des Femmes de l’Économie. Pour parvenir au niveau de fiabilité qu'elle souhaite, elle a fait appel à un nouvel associé et a réintégré la conception des boîtiers électroniques chargés de faire l'inventaire des sacs, quelque soit leur usage.
L'idée est simple, mais astucieuse : automatiser l’inventaire pour être sûr de ne rien oublier. Pour la concrétiser, il faut un boîtier qui détecte les objets équipés d'un sticker RFID (par ondes radio) et une application pour smartphone pour visualiser cet inventaire électronique.


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La fondatrice de l’entreprise ID Link (plus connue sous le nom des marques Gallucha, pour les sacs et &Moi Connect, celle du boîtier) installée à Rixheim, près de Mulhouse, espérait commercialiser ce dispositif à l'automne 2017, mais elle a été confrontée à des problèmes de fiabilité du boîtier. « Il était terminé, mais on n'avait pas la répétabilité industrielle. Lorsqu'on propose une innovation et que l'on n'est pas connu, il faut être très, très fiable ; on ne veut pas être assimilés à un gadget, mais être référencés comme étant utiles. » 

Son objectif est en effet de s'inscrire dans le temps, et non de proposer un outil à la mode, d'usage fugace. Si l'idée est partie du sac à main, elle est désormais de l'en différencier et de proposer un produit en tant que tel : « Un assistant personnel pour éviter les oublis, le vol et permettant la géolocalisation », explique Valérie Mannarelli.
La dirigeante a donc remis l'ouvrage sur le métier et est presque repartie de zéro. En commençant par élargir le tour de table des associés et en intégrant Christian Royer, ingénieur spécialiste en matière d'innovation. « Il dispose d'un capital confiance auprès de grands groupes qui est indispensable pour nous », explique la dirigeante. Les deux jeunes ingénieurs qui l’on rejoint d’abord en tant que stagiaires, sont en train de finaliser le nouveau boîtier, dont le prototype devrait permettre d'obtenir le marquage CE tout prochainement. Une première série de 400 boîtiers sera ensuite produite et des exemplaires confiés à des bêta-testeurs issus de professions différentes.

 Objectif : 40.000 exemplaires par an

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L'équipe d'ID Link : les deux jeunes ingénieurs recrutés cette année, Valérien Mannarelli, et le nouvel associé, Christian Troyer en compagnie de Valérie Mannarelli (2ème à droite sur la photo). © Pierre-Yves Ratti

Ensuite, des présentations en B to B seront effectuées pour lancer la commercialisation à travers des licences ou des partenariats. Valérie Mannarelli cible aussi bien l'armée que les médecins, les urgentistes, les avocats, les professions libérales.
« Il y a énormément de professions concernées, et auxquelles on ne pense parfois même pas. Nous avons été contactés par la Monnaie de Paris pour répertorier des boîtes par étage. La technique peut en effet s'applique à une boîte, un coffre, une étagère, un carton et un boîtier peut gérer plusieurs contenants. »
Les secteurs du nucléaire ou de l’aéronautique, où l'on ne peut pas se permettre d'oublier un outil lors d'opérations de maintenance, peuvent être  aussi demandeurs.Valérie Mannarelli ne vise pas que le marché français, ni même européen. En plus de l’Europe, des brevets ont été déposés aux États-Unis, au Canada et au Brésil. A terme, la diffusion pourrait atteindre 40.000 exemplaires par an.
Pour traverser ces derniers mois où le calendrier de lancement a été quelque peu chamboulé, Valérie Mannarelli a bénéficié du soutien de la Région Grand Est, de Bpifrance, mais aussi de Captronic, émanation du CEA (commissariat à l'énergie atomique), chargée de suivre les projets innovants, non seulement pour leur financement, mais aussi pour l’aide technique.

 

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Aujourd’hui, la dirigeante monte un dossier pour une levée de fonds de l'ordre de 500.000 € auprès de business angels, à la fois pour assurer trois ou quatre recrutements (des profils d’ingénieur qualité et de magasinier) , mais aussi pour le fonds de roulement, notamment pour l'achat de composants.
Fille de commerçants chausseurs-maroquiniers, Valérie Mannarelli pourrait bien dépasser son rêve initial, qui était de créer une maroquinerie avec sa propre ligne de produits. À son souhait de proposer des produits « chics et sobres », elle ajoute la dimension de l'innovation.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. agnes Carton Deianadit :

    Bravo à Valérie Mannarelli! Je suis heureuse et fière d'avoir une créatrice d'une telle envergure dans ma région. Une création prometteuse. Un trophée bien mérité. Je lui exprime toute ma gratitude. Agnes Carton Deiana

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