La petite entreprise de Voray-sur-l'Ognon maintient ferme la traduction du travail manuel du matériau dur, de quoi se faire courtiser par les industries de la joaillerie et du luxe, qui viennent à elle spontanément. Elle envisage une extension.


Contenu dans le nom d’Eurodiam, le diamant procure à cette PME de Haute-Saône des perspectives nouvelles. Au regard de son développement, elle se sent à l’étroit dans ses 250 m2 actuels et souhaite par conséquent s’agrandir, de l’ordre de 50 %, toujours sur le même site datant de 2008 à Voray-sur-l’Ognon. « Nous disposons de la réserve foncière suffisante pour concrétiser ce projet », souligne Sébastien Noirot, le co-gérant avec Cédric Vuillemin.

Expansion ne veut pas dire changement d’échelle, toutefois : depuis son origine en 1999, Eurodiam a fondé son activité sur de la toute petite série, pour l’usinage des métaux non-ferreux (or, argent, platine, aluminium…) grâce au diamant, le matériau dur par excellence. « Nous dépassons rarement les commandes de 20 à 30 unités, notre profil est beaucoup plus celui d’un artisan que celui d'industriel », ajoute Cédric Vuillemin.

 

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En effet, le travail à partir du diamant permet de façonner des formes moins conventionnelles de pièces, en comparaison de celles qui résultent du passage devant un faisceau laser. Technologie jusque-là étrangère à la PME, vers laquelle elle pourrait se tourner cependant en complément, « sur les opérations préalables d’ébauche. Le mode manuel traditionnel restera indispensable ».

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La petite équipe experte d'Eurodiam façonne au millimètre des outils d'alésage, fraisage, perçage ou encore de taillage pour ses clients. © Laurent Cheviet

 

Transmettre par l'apprentissage

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Les contrôles s'effectuent à la loupe oculaire d'extrême précision. © Laurent Cheviet


L’ « artisan » Eurodiam est, pour autant, fort courtisé par les « grands » : l’entreprise, dont le chiffre d’affaires annuel oscille entre 600.000 et 800.000 €, recrute sa clientèle dans la joaillerie, l’horlogerie, de façon générale dans l’industrie du luxe, et de manière plus élargie dans celle des alliages. Ces clients viennent à Eurodiam sans que celle-ci ait besoin de déployer des moyens commerciaux démesurés… « Nous leur fournissons en fait l’outillage qui leur permet ensuite de confectionner les pièces finales : outils d’alésage, de fraisage, perçage, taillage… », poursuit Sébastien Noirot.

Cultiver et perpétuer ce savoir-faire constitue, dès lors, un enjeu majeur pour la PME haut-saônoise. Sébastien Noirot et Cédric Vuillemin eux-mêmes ont pris la direction d’Eurodiam, il y a quatre ans, en succession de son fondateur, après de longues années passées dans les ateliers à parfaire leurs gestes et connaissances techniques. La transmission repose sur l’apprentissage : l’entreprise compte deux apprentis qui se forment en parallèle au centre de formation CFAI de l’UIMM Franche-Comté. La proportion est conséquente, rapportée à l’effectif permanent de 9 salariés. Mais c’est un gage de pérennité, selon la conviction des dirigeants.

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Sébastien Noirot (à gauche) et Cédric Vuillemin ont repris l'entreprise en 2018 après s'être formés sur place pendant de longues années.
© Laurent Cheviet

 

Un bon millésime pour Micronora

Eurodiam a compté parmi les 603 exposants au salon Micronora de Besançon à la fin septembre dernier. Pour son retour après quatre ans d'absence, le rendez-vous professionnel des microtechniques dresse un bilan satisfaisant. Les 25.000 m2 de surfaces d'exposition ont été parcourus au cumul des quatre jours par 11.000 visiteurs, chiffre inférieur au niveau de référence de 15.000 d'avant-Covid, mais traduisant une fréquentation significative et « remarquablement qualitative », selon les organisateurs. La part des visiteurs étrangers, située à 15,5 %, augmente légèrement par rapport aux précédentes éditions.

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