La PME d’Héricourt, filiale du groupe français Synov, est engagée dans un programme de modernisation de 800.000 € qui accompagne la montée en polyvalence de la production. La réunion sur son site de la fabrication de cartes, de câbles et faisceaux et de l’assemblage final lui permet de percer sur ses marchés disputés.
A2E a le vent en poupe à Héricourt. Le dynamisme général de son secteur l’électronique, la pertinence de son positionnement produits et le rapatriement en interne d’activités sous-traitées se sont conjuguées pour faire lancer à la PME de 90 salariés un investissement de 800.000 € sur son site de Haute-Saône.
Ce développement en cours pendant une durée de 18 mois « n’entraîne pas de rupture technologique, mais il nous procure une hausse de capacité significative », indique le directeur général Manuel Da Silva, sans plus de précision sur le second point eu égard à la concurrence serrée dans sa filière.
Les machines de pose de composants montés en surface (CMS), celle de soudage ou encore les automates de câblage qui ont déjà commencé à prendre place dans les ateliers incarnent une modernisation du parc matériel. Ils accompagnent une croissance régulière qui a permis à A2E (Applications Electroniques Européennes) de plus que doubler son chiffre d’affaires en une grosse décennie. L’entreprise est passée d’un total de 9 millions d’€ en 2010 à un peu plus de 20 millions d’€ l’an dernier.
Entretemps, elle a changé de propriétaire : son créateur en 1992 à Belfort l’a transmise il y a huit ans à Synov, la faisant ainsi entrer dans le giron d’une ETI (entreprise de taille intermédiaire) française de l’électronique de 800 salariés aux capacités de production réparties en neuf sites - 8 en France (*) et un en Tunisie - générateurs d’un chiffre d’affaires de 102 millions d’€ en 2022.

Au sein de cet ensemble, mais surtout vis-à-vis de sa concurrence, A2E se distingue par sa polyvalence : Héricourt réunit sur son seul site de 6.000 m2 en centre-ville la triple fabrication de cartes, de câbles et faisceaux, et de systèmes intégrés. « Cette caractéristique nous permet de monter des solutions sur-mesure pour les clients si besoin, et plus généralement de fournir une solution complète, d’ensemblier, de guichet unique en somme », souligne Manuel Da Silva.
Ce profil séduit ainsi une clientèle variée d’industriels, hors l’automobile sur laquelle A2E a toujours exclu de se positionner, en dépit de sa localisation dans le bastion nord-franc-comtois de la filière. « Nous travaillons aussi pour le secteur médical », ajoute le dirigeant.
Montée en puissance de la conception

C’est ainsi que les produits expédiés depuis les ateliers haut-saônois vont équiper des commandes de moteurs, des terminaux, des appareils médicaux, des systèmes d’automatisme en industrie, des matériels de sonorisation professionnelle, des systèmes de pilotage de l’énergie et d’éclairage Led (projecteurs de chantiers…). Leurs destinations se répartissent entre la France pour les trois-quarts d’entre elles, et plusieurs pays en Europe (Allemagne, Suisse, Slovénie…) ainsi qu’à Singapour où est implanté l’un des clients importants de la PME.
Celle-ci trouve dans une autre polyvalence un facteur supplémentaire de croissance : sa capacité à réunir conception, fabrication, assemblage (des coffrets intégrés par exemple) et logistique post-production. « Nous intervenons de plus en plus dans la conception des produits auprès de la clientèle, à partir du savoir-faire de notre bureau d’études », confirme Manuel Da Silva.
Rapatriement de Chine

Depuis deux ans, la filiale franc-comtoise de Synov ajoute à son plan de travail des pièces et composants dont elle sous-traitait la fabrication, en particulier en Chine. Cette relocalisation ne représente qu’une part marginale en volume, mais bien davantage en valeur symbolique. « D’une part, les coûts de transports au départ de tels pays ont fortement augmenté, relève le directeur général d’A2E. D'autre part, la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) est une donnée que nous prenons de plus en plus en compte. La politique de réintégration s’inscrit dans la volonté de pérenniser l’emploi à Héricourt », celui-ci étant d’ailleurs occupé à plus de 80 % par du personnel féminin.
Le mouvement confirme que pour A2E, la crise sanitaire et ses suites et conséquences ont été globalement « vectrice d’accélération », selon Manuel Da Silva. Elle a par contre exacerbé les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques. De ce point de vue, les exercices 2020 et 2021 ont été « très compliqués », confie le dirigeant, qui décrit une situation encore « tendue » aujourd’hui, mais en amélioration depuis le début de l’année.

Vosgien d’origine, il a traversé la France afin de suivre ses études à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Brest (Finistère). Il est resté un temps dans l’Ouest pour entamer sa carrière dans l’électronique au sein de plusieurs entreprises. Il a effectué le voyage en sens inverse il y a quinze ans pour s’installer dans l’Est et rapidement intégrer A2E, en 2010. Sa mission de nouveau directeur général était clairement définie : préparer la succession de l’entreprise en en devenant un rouage essentiel. La transition a duré quatre à cinq ans, avant de laisser Manuel Da Silva seul aux manettes localement, au sein du groupe Synov ayant racheté A2E en 2015.
(*) Une autre filiale est implantée en Bourgogne-Franche-Comté, OEM Industry à La Chapelle-de-Guinchay (Saône-et-Loire), spécialisée dans l’électronique de puissance.





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