FETE (Femmes Egalité Emploi), gère un programme d’actions en faveur de l’égalité professionnelle femmes/hommes destiné aux entreprises. Fort de son succès, le dispositif s’est étendu à sept autres régions de France, toujours pilotée depuis Dijon.
Il n’y a pas que le 8 mars pour parler de l’égalité salariale femmes-hommes. Ce sujet mobilise tous les jours la coopérative FETE (Femmes Egalité Emploi). Située à Dijon, elle accompagne les entreprises de 50 salariés et plus dans leur rédaction d'accords d’entreprise sur l’égalité de genre au travail.
Le dispositif, dont les bases ont été posées en 2015, a démontré son succès. Il s’étend dorénavant à de nouvelles régions, bien au-delà des terres bourguignonnes, jusqu’en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine où une salariée vient d’être embauchée. Le Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, l'Ile-de-France (pour les départements de Val de Marne et Val d’Oise), les Hauts-de-France et la Bretagne font aussi partie de son territoire d’intervention désormais élargi. « Des associations dédiées au sujet existaient dans ces secteurs, mais en se rapprochant des Dreets (Directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) respectives, nous nous sommes rendus compte que peu d’entre elles travaillaient avec les entreprises sur le sujet de l'égalité professionnelle » relève Karla Martinez coordinatrice de projets à FETE.
Le nouveau recrutement porte l’effectif à 11 salariés. La structure, organisée juridiquement sous la forme d'une Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) est financée à hauteur de 550.000 euros chaque année, dont 52 % provenant de l’Etat, 37 % du fonds social européen FSE+, 8 % de collectivités territoriales et 3 % d’autres ressources.
La période du Covid a permis, en outre, d’expérimenter de nouveaux outils via la visioconférence, qui ont facilité l’extension du programme.
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« Définir des objectifs réalistes et réalisables »
Le dispositif de FETE, déployé sous le slogan « Égalité professionnelle, passez à l’action ! », accompagne gratuitement les entreprises de façon personnalisée via les représentants du personnel. En lien avec la direction, ceux-ci sont formés à la législation, et assistés dans l’élaboration d’un diagnostic, la formulation d’actions et la rédaction d’accords.
La tâche n’est pas toujours simple, compte de l’évolution régulière du droit. Ainsi en 2019, la loi égalité professionnelle a intégré de nouvelles dispositions qui obligent les entreprises d'au moins 50 salariés, à publier chaque année des indicateurs relatifs aux écarts de rémunération et aux actions mises en œuvre pour les supprimer. Ils sont au nombre de quatre pour les PME de moins de 250 salariés, et cinq pour celles de taille supérieure.
Karla Martinez se souvient des premiers accords menés par les entreprises et de leurs limites. « Au début, ils étaient très pauvres en contenu, on retrouvait des copier-coller d’un texte à un autre avec des actions très vagues et floues. D’autres au contraire, voulaient intégrer trop de dispositifs et ce n’était pas réalisable. »
Pragmatique, la structure aide les entreprises à définir des objectifs et des actions en mesure de se mettre en place concrètement. En 2022, Dijon Céréales a, par exemple, pu conclure avec le concours de FETE un accord qui a débouché sur 15 actions dont la réduction des écarts de salaire liés au temps partiel.
La coordinatrice de projet se félicite du travail mené auprès de 25 à 30 entreprises par an, tout en restant modeste. « On observe des avancées sur l’égalité salariale, mais les différences restent importantes, et tous les clichés subsistent sur les métiers qui devraient être exercés par des hommes et des femmes, les problématiques familiales, les familles monoparentales…»
Une demande accrue sur les violences sexistes et sexuelles au travail

Un sujet s'invite de plus en plus au programme de la coopérative : les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST). Pendant longtemps, elle n'a été amenée à les traiter qu’à la marge , « mais la demande a émergé depuis 2018 environ. De plus en plus d’entreprises sollicitent de l’aide », précise Karla Martinez. La structure s’y est adaptée en proposant une formation VSST afin de bien saisir de quoi l’on parle, en terme de cadre législatif et de responsabilité de l’entreprise. Elle a également mis en place des accompagnements sur mesure dans le but d’aider les entreprises à rédiger un article dans leur règlement intérieur, créer une cellule de signalement ou mener des campagnes de communication/sensibilisation.
La question des violences conjugales émerge également dans les entreprises depuis la loi Rixain du 24 décembre 2021 visant à « accélérer l’égalité économique et professionnelle. » Le texte exige que chaque salarié payé par virement possède son propre compte bancaire. À charge pour les employeurs de demander un RIB si l’identité du compte bancaire n’est pas adéquat. Cette mesure a été décidée pour limiter la violence économique au sein des foyers alors que la ligne téléphonique nationale des femmes victimes, le 3919, a recensé, en 2021, le taux non-négligeable de 18% d’appels venant de celles qui ont été dépossédées de leurs ressources cette année-là.
▪️ avec deux enfants, les femmes travaillent 8 fois plus souvent à temps partiel que les hommes.
▪️ salaire net annuel moyen des femmes (pour un temps plein) : 23.900 euros en 2021, soit 16 % de moins que celui des hommes.
▪️ l’écart de salaire s’accroît avec l’âge. « De 10 % chez les 25-34 ans, il passe à 22 % chez les 50-64 ans. »
▪️ « quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, le salaire des hommes est supérieur à celui des femmes : +6 % pour les employés, à +21 % pour les cadres. »
▪️ « près de 13,4 % de la population régionale se situe sous le seuil de pauvreté en 2021. Les femmes à la tête de familles monoparentales sont les plus touchées (31 %), tout particulièrement dans le Territoire de Belfort, à peine moins en Côte-d’Or et dans le Jura .»
Rappel des différentes législations sur l’égalité femmes/hommes au travail : https://accordegalite.org/index.php/que-dit-la-loi
(*) source : INSEE égalité femmes-hommes en Bourgogne-Franche-Comté, chiffres clés de la région et de ses départements, mars 2024.







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