L'entreprise installée à Dijon depuis 2008 s’est fait un nom dans l’univers de la cosmétique en commercialisant dans les grandes surfaces sous la marque Christine Arbel et via des licences. Elle lance à présent sa propre gamme de parfums, sur un positionnement « luxe accessible », pour l’instant sur Internet.
Une « nouvelle » marque de parfums lancée depuis Dijon : la Compagnie Européenne des Parfums (CEP) a annoncé officiellement, le 10 juin, la naissance de Siobhan, son concept de fragrances naturelles, déclinées en sept modèles d'eaux de toilette, dont trois modèles féminins, deux masculins et deux mixtes.
« Nous avons travaillé sur des ingrédients plus nobles que ceux que nous utilisons pour nos produits destinés à la grande distribution, explique Denis Goudigan, dirigeant de l’entreprise depuis fin 2020. Notre équipe de recherche et développement a mené un travail pointu autour des notes olfactives, avec quatre grandes maisons de Grasse. »
Résultat : une gamme d’eaux de toilette composées d’au moins 90 % d’ingrédients d’origine naturelle, dans des emballages eux-mêmes vertueux – le capot des flacons est en bois – et de surcroît 100 % française : la production est assurée par des façonniers de la région lyonnaise et des Hauts-de-France. Les flacons sont proposés à la vente sur Internet à 89 €, un positionnement que Denis Goudigan qualifie de « luxe accessible ».
Un virage stratégique
La gamme en propre représente un virage stratégique pour cette entreprise. Jusqu'alors, avec sa marque Christine Arbel, elle a principalement vendu en grande distribution, depuis sa création en 1973 à Nancy par Michel Borens, puis son installation à Dijon depuis 2008 quand elle fut rachetée par Muriel Mousson et Marcel Élias.
Les ventes en grandes surfaces concentrent actuellement 97 % de son chiffre d’affaires. Sous sa marque historique, la Compagnie Européenne des Parfums propose une gamme de parfums et de produits cosmétiques portant différents noms, en particulier Mademoiselle à Paris, Madame à Paris ou encore Style à la française pour homme, mais également des produits pour les enfants et les jeunes sous licences : Barbie, Corolle, Miraculous (photo ci-contre), Barbapapa, Harry Potter...
« Nous signons des contrats annuels assortis de clauses de revoyure avec les principales enseignes de la grande distribution », précise le dirigeant. Qui cite entre autres Carrefour, Leclerc, Intermarché. « Nous sommes engagés, depuis fin 2020, dans une reconquête d’un certain nombre d’enseignes dans lesquelles nous n’étions plus présents, par exemple Auchan, Casino, Cora, Monoprix ou Système U. »
Rachat d’un site de vente en ligne
La Compagnie Européenne des Parfums emploie 8 personnes et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 1,1 million d’€. Elle entend désormais avancer sur deux pieds : sa gamme Siobhan – du nom de l’entreprise parisienne qu’elle a rachetée l’an dernier – avec l’objectif d’une distribution en enseignes spécialisées, et Christine Arbel.
La PME veut aussi percer dans la vente en ligne qui représente les 3 % restants de son chiffre d’affaires actuellement. En avril 2021, elle a racheté la boutique en ligne Peaulette de produits cosmétiques naturels pour faire du web le canal de commercialisation de Siobhan.
Il y a près de trois ans, la Compagnie a également a pris le virage du bio et des produits naturels, avec sa gamme Story Bio puis un premier parfum Christine Arbel respectent les exigences de la charte Beauté naturelle et responsable.
Le lancement de Siobhan survient alors que l’entreprise dijonnaise connaît un nouvel essor : + 7 % de chiffre d’affaires entre 2020 et 2021 et même + 30 % depuis janvier. Elle voit son activité progresser en grandes surfaces (+ 10 % entre janvier et avril) mais également à l’international (+ 20 %) et elle a créé quatre postes l’an dernier. La vente en ligne a doublé en 2020, notamment grâce à l’engagement sur Amazon.

Le dirigeant de la Compagnie Européenne des Parfums a commencé sa carrière dans un tout autre univers. Il affiche 30 ans d’expérience dans le secteur de l'automobile, au sein du groupe Valeo, comme directeur d’usine puis directeur général pour un équipementier, à Angers, à Hirson, en Belgique et enfin à Paris.
Après la vente de son activité, il accompagne le repreneur pendant trois ans avant de s’intéresser au secteur de la cosmétique, dans lequel il avait travaillé au tout début de sa vie professionnelle – dans un atelier de fabrication de mini-rouges à lèvres, à Romorantin (Loir-et-Cher).
Business angel, il investit dans plusieurs entreprises avant de s’intéresser à la Compagnie Européenne des Parfums, mis en vente en 2020 et qu’il reprend en décembre de cette année-là.
Photos fournies par l'entreprise, sauf indication contraire.





































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