Trane France a inauguré, jeudi dernier sur son site de Charmes (Vosges), un système de chauffage par pompe à chaleur électrique. Cette solution innovante vient se substituer aux chaudières au gaz, dans le but d'abaisser la facture énergétique et de faire économiser à l'entreprise 1.800 tonnes de CO2 par an.


Quoi de plus naturel pour un spécialiste des pompes à chaleur (PAC) que de choisir une solution de sa fabrication pour chauffer son usine ? C’est le choix entrepris par Trane France pour son site de Charmes (Vosges). Inaugurée ce 15 décembre, l’installation assemblée dans les ateliers de l’entreprise apporte désormais la chaleur aux 18.000 m² de locaux, sans émissions de carbone.

Pour l’occasion, Dave Regnery, président-directeur général de la maison mère, Trane Technologies, un groupe américain de 36.000 personnes (chiffre d’affaires de 14,1 milliards de dollars en 2021) a fait le déplacement à Charmes. « De par son leadership, Trane Technologies occupe une position unique pour lutter contre le réchauffement climatique. Il y a dix ans, nous ne pensions pas qu’une telle PAC pouvait être installée ici. Mais nous sommes parvenus à développer la technologie et les produits afin de chauffer l’usine sans recourir aux gaz fossiles », s’est félicité Dave Regnery.

Des rendements supérieurs à la chaudière gaz

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L’installation « en cascade » associe trois PAC air-eau en extérieur (photo) à deux PAC eau-eau à l’intérieur. © Philippe Bohlinger


Trane cible le marché de l’industrie et du tertiaire, avec des équipements de puissance intermédiaire et grande puissance, de 40 à 3.600 kilowatts
. Jose La Loggia, président de Trane Europe, explique d’ailleurs avoir constaté en novembre dernier lors de la conférence des Nations Unies sur le climat COP27 à Charm-el-Cheikh en Egypte « un intérêt de plusieurs maires de villes européennes pour ce type de solution de chauffage décarboné ». À Charmes, la cheminée qui évacuait jusqu’à présent les fumées des anciennes chaudières au gaz a symboliquement été repeinte en vert.

La PAC électrique de 1.200 kilowatts permet à l’entreprise de soustraire 1.800 tonnes de CO2 par an à son bilan carbone, contribuant ainsi aux objectifs de neutralité du groupe connu aussi pour son autre marque Thermo King. Par ailleurs, le rendement énergétique de cette pompe à chaleur serait quatre fois supérieur à celui d’une chaudière au gaz, un bilan synonyme de gain économique pour Trane. 

 

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L’installation thermique intègre plusieurs innovations. La première tient dans sa technologie dite « en cascade », car elle combine trois PAC « air-eau » à l’extérieur des locaux, à deux PAC « eau-eau » à l’intérieur. « Les PAC air-eau captent les calories dans l’air extérieur pour chauffer l’eau. Lorsque les températures sont trop basses, leurs homologues eau-eau interviennent en booster. Elles collectent les calories résiduelles dans le circuit d’eau chaude pour atteindre les 60°C nécessaires. Enfin, des convecteurs à ailettes transforment l’eau en air chaud », détaille Christian Borel, directeur des opérations de Trane Europe. En l’espace de deux années, une centaine de systèmes en cascade aurait été commercialisée en Europe par Trane.

 

Échangeurs à air repris en interne

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Dave Regnery, PDG de la maison-mère américaine Trane Technologies (au centre), est venu inaugurer les nouveaux équipements. © Philippe Bohlinger


La seconde innovation de Trane réside dans l’utilisation de fluides frigorigènes à faible impact carbone. En effet, en cas de fuite au niveau du circuit frigorifique, ces fluides affichent des émissions extrêmement élevées. « Habituellement, les pompes air-eau utilisent des fluides frigorigènes deux mille fois plus nocifs pour l’environnement que le CO2. C’est ce qu’on appelle le potentiel de réchauffement global ou GWP (global warming potential). Trane a abaissé cet indicateur de 2.000 à moins de 500. Pour les PAC eau-eau les solutions du marché affichent un GWP de 1.300. Le notre est inférieur à 1 », se félicite Christian Borel.

La seconde usine Trane en France, située à Golbey (Vosges) à 25 km de distance, devrait être équipée d’une PAC similaire courant 2023 pour chauffer ses locaux. Les deux sites qui emploient 800 personnes en cumul, fonctionnent en symbiose : Golbey fournit les sous-ensembles (tôleries, tubes en cuivre, modules hydrauliques, etc.) qui sont assemblés à Charmes.

 

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Dans les Vosges, la transition écologique du fabricant de pompes à chaleur se double d’une autre, d'ordre industriel. Cet automne en effet, l’entreprise a internalisé la fabrication des échangeurs à air, un composant de ses PAC auparavant importé d’Italie ou de Pologne. L’entreprise projette également de fabriquer la totalité de ses tubes de cuivre à Golbey, dont une part importante est actuellement importée de Chine.

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