Millésime 2010. Ces derniers jours ensoleillés sont propices à une maturation des raisins, retardée par un été capricieux.
Tour d'horizon des vignobles de Bourgogne, du Jura et d'Alsace.
Bourgogne : des rouges prometteurs.
Alors qu’en 2009, les premiers raisins avaient déjà rejoint les caves, cette année, les premiers coups de sécateurs n'ont pas été donnés avant le 20 septembre, hormis pour le Crémant de Bourgogne.
«La maturation des baies a bien progressé bien depuis fin août et les parcelles les plus précoces affichent déjà de belles concentrations en sucres», indique le bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). «Les dégustations de baies révèlent un bon potentiel aromatique».
Selon les premières prévisions, la récolte sera en-dessous de la moyenne décennale, soit 1,5 million d'hectolitres.
Vendangé à des dates classiques pour la Bourgogne, ce nouveau millésime devrait plus que jamais dépendre du talent des vinificateurs.
Une tâche difficile : il succède à un millésime 2009 qui «restera dans les mémoires», selon les professionnels.
La vendange 2009 a généré la production la plus importante de ces vingt dernières années, 1999 exclu : 1,58 million d'hectolitres. Alors que les mises en bouteilles ont démarré, la qualité des rouges «n'est pas sans rappeler d’autres grands millésimes».
Jura : une année «déroutante»
Démarrée le 20 septembre, la vendange s'annonce plus abondante qu'en 2009, une année il est vrai assez chiche avec 75 000 hectolitres récoltés (volume record : 90 000 hectolitres).
Le volume devrait être supérieur de 15 à 20%. Toutefois, la situation est hétérogène, selon les cépages et au sein même des parcelles.
«C'est une année assez déroutante», estime Jean-Charles Tissot, président du comité interprofessionnel des vins du Jura, viticulteur dans la région d'Arbois. On prévoit cependant des petits rendements, en particulier dans les Savagnin et les Trousseau.
Côté qualité, «c'est assez joli». Les raisins restent fragiles, avec une sensibilité assez forte à la pourriture, mais les degrés semblent satisfaisants.
La hausse relative du volume arrive à point nommé alors que les caves sont relativement vides. L'équivalent d'une vendange moyenne a été vendue : environ 79 000 hl. La campagne 2009-2010 se termine avec une baisse de 2,4%.
Alsace : faire preuve de doigté.
Le début des vendanges est fixé au 27 septembre, hormis le crémant dont la récolte a commencé il y a une dizaine de jours.
Les professionnels attendent un volume dans la moyenne des dernières années, vers 1,1 million d'hectolitres.
Les opinions sont encore réservées sur la qualité du millésime : l'acidité s'annonce bonne et l'état sanitaire correct, mais chaque viticulteur devra faire preuve de doigté pour gérer les conséquences des pluies de la fin de l'été, génératrices d'un risque de botrytisme (pourriture).
Les ventes ont baissé de 1,2 % l'an dernier et la tendance s'est confirmée au premier semestre 2010, avec - 2 %. Le crémant tire le mieux son épingle du jeu. Sa part augmente d'année en année pour approcher désormais le quart de la production totale.
Crédit photo: Louis Jadot



















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