Stéphane Zwiller qui dirigeait déjà Cresilas Belfort depuis près de vingt ans, rachète la petite entreprise d’impression 3 D de Fesches-le-Chatel, dans le Pays de Montbéliard, et la rebaptise Tarazed. Sur sa feuille de route, le renouvellement de son parc machines pour des modèles plus performants.


Stéphane Zwiller dirigeait déjà Cresilas Belfort depuis près de vingt ans, maintenant il en est le véritable « boss ». En avril, ce spécialiste de la fabrication additive a racheté à son fondateur Philip Hoarau, parti à la retraite, le fonds de commerce de l’établissement belfortain transféré depuis une dizaine d’années à Fesches-le-Chatel, dans le Pays de Montbéliard.
Désormais totalement maître à bord – bien qu’il bénéficiait auparavant d’une grande autonomie, précise t-il –, le chef d'entreprise vient de baptiser sa nouvelle SAS, Tarazed, du nom d’une étoile géante de la constellation de l’Aigle, au beau milieu de la voie lactée. Histoire de ne pas prêter à confusion car Cresilas qui existe toujours, avec un siège à Marcoussis dans la région parisienne et un autre établissement à Marmande dans le Lot-et-Garonne.

 

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Le métier de Tarazed, c’est celui que Stéphane Zwiller exerce depuis une trentaine d’années (Lire son parcours plus loin en encadré)  : l’impression 3D. Il se souvient du premier équipement acquis à la création de Cresilas Belfort en 2003 : une machine de stéréolithographie, une technique de prototypage rapide qui permet de fabriquer des objets solides par couches successives de résines à partir d'un modèle numérique.
Les technologies et la demande évoluant, une machine de frittage de poudre polyamide destinée au prototypage rapide plastique l’a rejointe, puis des machines de coulée sous vide destinées à la création de petites séries de pièces plastiques. Le parc de Tarazed s’est étoffé à neuf machines. Une autre de stéréolithographie plus performante, c’est-à-dire plus rapide, va rejoindre les ateliers d’ici la fin de l’année.



Préserver le savoir-faire de modeleur

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Le modeleur à la main est un savoir-faire qui se raréfie et que Tarazed veut préserver. © Traces Ecrites


« La diversité des procédés offre des solutions différentes selon les matériaux utilisés et la pièce à fabriquer, comme la possibilité de trouver le meilleur rapport qualité prix », précise dirigeant. Sa clientèle principalement professionnelle – un petit marché de particuliers existe –, se situe dans le tissu économique industriel local et suisse, grands groupes, PME, bureaux d’études pour la réalisation de prototypes et de petites séries. L’activité génère un chiffre d’affaires autour du million d’€ avec 4 salariés, descendu à 750.000 € en 2020 à cause de la crise sanitaire. « Aujourd’hui, c’est reparti » indique t-il.

Aux côtés de l’imposant parc de machines qui conduit Stéphane Zwiller à s’interroger sur la façon de pousser les murs, subsiste un atelier qui fait sa fierté. Ici, on a troqué les logiciels contre des ébauchoirs et des ponceuses. Des modeleurs y façonnent des moules à la main, un métier minutieux  « qui est en train de disparaître. » La machine le remplace avantageusement dans nombre de cas, mais le dirigeant ne veut pas perdre ce savoir-faire. Les modeleurs font aussi du ponçage manuel de pièces fabriquées en 3D pour éliminer des petites irrégularités.

Pour accompagner le passage de Cresilas Belfort à Tarazed, Stéphane Zwiller a trouvé plusieurs bonnes étoiles : Aire Urbaine Investissement, la Région Bourgogne Franche-Comté et Pays de Montbéliard Agglomération ont apporté aides et avances remboursables. Le Réseau Entreprise quant à lui, l’accompagne dans l’apprentissage de son métier d’entrepreneur, avec la complicité de Frédéric Levain, président du Groupe Bourlier et Philippe Pont, gérant de l’entreprise Le Ressort.

 

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Les pièces à imprimer en 3D sont dessinées en modèles numériques avec des logiciels de C.A.O. © Traces Ecrites
Qui est Stéphane Zwiller?

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Stéphane Zwiller montre quelques types de pièces réalisées en fabrication additive. © Traces Ecrites

Le président de Tarazed, 55 ans, est un spécialiste de l’impression 3D. Il a fait toute sa carrière dans le domaine, d'abord chez Bel 3D à Belfort, qui a fermé en 1992, puis il a intégré le bureau d’études Edeficao du groupe Bertrand. En 1999, il rencontre Philip Hoarau, le président du groupe Cresilas qui l’avait créé en 1993 dans la région parisienne.
Dix ans plus tard, il prend la tête de Crésilas Belfort qui déménage à Fesches le Châtel, dans le Pays de Montbéliard en 2009. Le rachat de machines au bureau d’études Segula qui arrêtait l’impression 3D, renforce la petite entreprise.
Connaissant l’importance des réseaux locaux, Stéphane Zwiller vient d’adhérer au cluster Innov’Health qui fédère au sein du Pôle des Microtechniques, les fabricants de dispositifs médicaux.

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