Le distributeur de produits laminés et tréfilés à froid se développe doucement mais sûrement depuis sa création, en 1984, à Châtillon-le-Duc. Il devrait passer la barre des 1.000 tonnes par mois en 2019 et se positionne sur de nouveaux marchés pour l'aluminium, notamment dans l'industrie l'automobile.

L’entreprise que co-dirige Christine Tillet se trouve juste après l’entreprise Tillet, à Châtillon-le-Duc, dans le Grand Besançon (Doubs), chemin des Tilles. On s’y perdrait presque ! Tillet était la première société de refendage fondée par Michel Tillet, son père. Quant au chemin des Tilles, « c’est une coïncidence », explique en souriant la dirigeante d’Ars Métal (Atelier de Refendage Services). Aucun lien en effet entre l’écorce du jeune tilleul et les énormes bobines de cuivre, laiton, aluminium ou inox pesant jusqu’à 12 tonnes et qui occupent une bonne partie du site industriel de cette société de refendage et vente de feuillards, fils et métaux non ferreux pour découpeurs et emboutisseurs.
« Notre métier consiste à acheter des bobines de grandes largeurs, de 1 .000 ou 1.500 mm, et de les redécouper aux quantités et largeurs commandées par nos clients », précise Christine Tillet qui assure la direction de la société au côté de son frère, Patrick Tillet, le président. Quant aux métaux eux-mêmes, il s’agit de cuivreux, d’aluminium, d’inox ou d’aciers doux dans différentes nuances et différentes épaisseurs. « Nous passons les bobines sur les refendeuses, nous les coupons dans la largeur pour en faire de petites bobines. Notre métier, c’est de faire du détail, nous ne transformons pas la matière. »

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Michel Tillet avait positionné l’entreprise Tillet sur le refendage d’aciers ordinaires. ARS Métal est née de la vente de cette première entreprise au groupe italien Ilva, en 1984 – qui la revendit à son tour à ArcelorMittal en 2018. ARS Métal a repris alors, en la développant, une activité de diversification de métaux de Tillet. « Le constat de mon père était qu’il y avait un besoin de petites quantités et de multiproduits, mais aussi de délais rapides. » Pour la rapidité des délais, la PME peut compter sur son stock de 4.000 tonnes. La diversification, elle, s’est faite progressivement. Celle des clients également : des découpeurs et emboutisseurs de la filière automobile, à 60%, et des fabricants de ressorts.
Les dirigeants avaient créé un second site à Saint-Maximin, dans l’Oise, en 1996, que pilote sur place Patrick Tillet. Un bon moyen de se rapprocher des clients industriels franciliens et de gagner encore en réactivité. Le site vient de s’équiper d’un petit laminoir qui permet de réduire l’épaisseur des produits ou de modifier leur résistance.
« Nous nous positionnons sur un marché de proximité, c’est ce qui nous distingue de nos concurrents qui sont essentiellement des producteurs ayant intégré leurs centres de services. Ils affichent des prix plus bas que les nôtres mais sont souvent monoproduit et livrent dans des délais de deux mois minimum. Nous, nous pouvons dépanner en 72 heures dans toute l’Europe. »


Efforts commerciaux sur l'Allemagne

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Cette machine de refendage peut découper les bobines de métal dans une largeur jusqu’à 1,50 mètre.© Laurent Cheviet.

Dans le projet de développement d’ARS Métal figure la prospection de nouveaux marchés pour les produits en aluminium, de plus en plus utilisés dans l’automobile ou le bâtiment en raison de leur légèreté. La société familiale a un autre atout : la R4, le nom d’une grosse machine de refendage acquise en 2013. « Elle va jusqu’à 1.550 mm de large. C’est une petite révolution :  désormais, nous pouvons acheter des grandes largeurs en direct chez les gros stockistes. »
La PME emploie 46 personnes, dont 36 à Châtillon, moitié en production et moitié en emplois commerciaux et administratifs, et 10 sur le site de Saint-Maximin. Elle réalise un chiffre d’affaires de 25 millions d’€, dont 18% à l’export et principalement en Allemagne, marché sur lequel elle concentre ses forces avec des commerciaux maîtrisant parfaitement la langue de Goethe. Et depuis que Christine Tillet a rejoint l’entreprise familiale, il y a une trentaine d’années, son développement est régulier. Elle se souvient avoir sabré le champagne lorsque les ventes avaient atteint 100 tonnes par mois. En ce début 2019, elles atteignent 900 tonnes. « L’objectif est de passer dans l’année à 1.000 tonnes, et nous visons une vitesse de croisière de 1.200 tonnes. »

 

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© Laurent Cheviet.
Qui est Christine Tillet ?

Après son DUT de gestion comptabilité et après s’être un peu « promenée », Christine Tillet avait été rattrapée par le virus familial : celui de l’industrie. « Je m’y suis tout de suite plu », explique cette maman de trois grands enfants arrivée dans l’entreprise à la fin des années 1980.
Elle fut rejointe par son frère Patrick, avec lequel elle assure la direction de l’entreprise. Elle comme directrice au siège de Châtillon-le-Duc, lui comme président à Saint-Maximin.
Ils se partagent les tâches, s’appellent plusieurs fois par jour, échangent leurs points de vue. Ni l’un ni l’autre ne connait la solitude du chef d’entreprise. Lui s’occupe d’investissement, de production et d’achat pour le grand export. Elle de tout l’aspect commercial, son dada, et de l’achat des matières premières. « J’aime le contact et j’aime négocier », avoue-t-elle.

 

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Ars Métal emploie 46 personnes, dont 36 à Châtillon-le-Duc, dans Le Grand Besançon : moitié en production et moitié  dans le commercial et l'administratif, et 10 sur le site de Saint-Maximin, dans l’Oise. © Laurent Cheviet.

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