Mécaprécis dans la Nièvre vient d’acquérir une cellule de fraisage robotisée 5 axes qui va lui permettre de faire des séries répétitives et de réaliser plus rapidement des prototypes. C’est le second investissement de la petite entreprise de mécanique de précision qui a deux sociétés soeurs, dans le Cher et en Tunisie. Elle a utilisé les fonds européens qui, rapporte dernièrement la mission d'information du Sénat, sont sous-utilisés.

Au moment de prendre en photo la cellule de fraisage robotisée 5 axes dont il avait à peine terminé l’installation, Didier Richard, dirigeant de Mécaprécis vérifie que le logo de l’Union Européenne est bien accolé sur la machine. « Nous avons obligation de publicité, et si cela peut inspirer d’autres industriels et aider à chasser l’idée reçue comme quoi obtenir des aides européennes est trop compliqué… », justifie t-il.
Cet investissement, le second en deux ans, a été épaulé par une subvention de l’Union Européenne (fonds Feder) couvrant près de 30% de la dépense de 608.000 €. En 2018, la PME avait déjà acquis un centre d’usinage 5 axes, pour un investissement de 315.000 €. Des investissements significatifs à comparer avec le chiffre d’affaires de 1,36 million d’€ réalisé en 2018.

 
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Ces machines sophistiquées sont stratégiques pour l’entreprise de mécanique de précision qui emploie 10 salariés à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre). « La cellule de fraisage robotisée va permettre d’usiner des pièces très complexes et de faire des séries répétitives avec une meilleure productivité et en apportant une capacité supplémentaire de production puisque qu’elle peut tourner 20 heures par jour », explique Didier Richard, qui a repris cette entreprise en 2014 et constitué depuis un petit groupe de mécanique de précision (Voir encadré).

 


Quand la machine compense le manque de personnel

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Dans l'atelier de Cosne-sur-Loire qui emploie 10 salariés. © Traces Écrites.

Le gain de temps par rapport aux traditionnelles machines d’usinage trois axes provient du fait qu’avec cinq axes, l’outil d’usinage peut traiter cinq côtés d'une pièce en une seule configuration. Ce type de machine est particulièrement adapté aux prototypes car les opérations de réglage et de changement d’outils sont très rapides. Et pour les mêmes raisons, elle convient aux formes sophistiquées.
En plus de s’armer face à une forte concurrence dans le secteur, le dirigeant espère remédier ainsi à un manque de personnel. « Dans la Nièvre, il est difficile trouver des compétences, même des apprentis et des stagiaires », déplore t-il avant de présenter sa dernière recrue  : un jeune Breton, passionné de sport automobile, qui s’est installé dans la Nièvre grâce au circuit de Nevers-Magny-Cours. Comme quoi rien n’est impossible !

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Un exemple de pièces usinées par Mécaprécis : un barillet en acier (à droite) et une pipe d’admission en titane pour moteurs. © Mécaprécis.

 

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Les fonds européens utilisables jusqu’à fin 2023

Dans un rapport qu’elle a adopté le 25 septembre, la mission d’information du Sénat note la sous-utilisation des fonds européens – pas seulement en France –,  et en décèle les raisons : des difficultés d’accès à l’information, un manque de moyens humains et informatiques, des contrôles multiples et redondants, etc.
Le taux de programmation s’élevait à 61 % en fin d’année 2018 en France, dans la moyenne européenne. Sur la période 2014-2020, dont les fonds sont utilisables jusqu’à fin 2023, la France bénéficie de 27,8 milliards d’€, soit 6,1 % des crédits européens, par l’intermédiaire de quatre fonds structurels (FEDER, FSE, FEADER et FEAMP). Cette contribution jugée importante par les sénateurs, « permet de cofinancer des projets nombreux et variés qui, sans elle, ne verraient probablement pas le jour ». 
Dans la perspective de la future programmation 2021-2027, actuellement négociée à Bruxelles, la mission d’information du Sénat formule plusieurs propositions parmi lesquelles une clarification des compétences respectives de l’Etat et des régions, bien que les fonds européens soient majoritairement gérés par les régions depuis 2014.

 

D&G industrie, un petit groupe d’usinage et de fraisage

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Didier Richard, dirigeant de Mécaprécis et de D&G industrie pose devant la cellule robotisée 5 axes. © Traces Écrites
En six ans, Didier Richard, ingénieur du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), a constitué un petit groupe de mécanique de précision. Trois sociétés sont abritées sous le holding D&G industrie qu’il avait préalablement mis sur pied pour concrétiser son projet.
En 2014, il reprend Mécaprécis à Cosne-Cours-sur-Loire, dans la Nièvre. Puis, fin 2016, Aéromax à Méreau, près de Vierzon, dans le Cher, et Aéromeca en Tunisie, près de Tunis.
Les trois entreprises (chiffre d’affaires cumulé de 3,5 millions d’€) ont des activités complémentaires : fraisage de pièces unitaires et de petites séries à Mécaprécis, tournage pour des petites et moyennes séries chez Aéromax et des pièces moins techniques à forte contrainte économique en Tunisie. Ses marchés se situent dans les biens d’équipements, l’aéronautique et l’industrie pétrolière.

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