Le concepteur et fabricant d’équipements cryogéniques du Haut-Rhin continue d’embaucher à un rythme soutenu et d’investir. En prévision de la transition énergétique, le groupe né en Suisse aborde de nouveaux débouchés, le gaz naturel liquéfié pour le transport routier et les équipements pour la géothermie profonde.

Cryostar se porte toujours bien, merci pour lui. Concepteur et fabricant d’équipements cryogéniques pour la liquéfaction du gaz naturel et des gaz de l’air, le groupe né en Suisse en 1966 a fait de Hésingue (Haut-Rhin) à la fois son siège depuis 1998 mais surtout sa rampe de lancement pour l’essentiel de son activité partout dans le monde. « Depuis plusieurs années, nous maintenons un rythme d’une cinquantaine de recrutements par an. Pour 2019, nous passons à près de 100 », annonce Annie Bonnot, la directrice des ressources humaines.
Le groupe emploie actuellement 660 salariés, dont 555 personnes à Hésingue. Son chiffre d’affaires, de 150 millions d’€ en 2011, est passé à plus de 300 millions en 2014 et il se maintient à ce niveau. En 2017, dernières données consolidées, il se situait à 301,4 millions d’€.

BPALC

La grande majorité de la production consiste en de grosses pompes cryogéniques, des turbines de détente et des compresseurs de gaz d’évaporation. Ces équipements permettent de liquéfier et de purifier les gaz de l’atmosphère afin de les utiliser principalement dans l’environnement, le secteur médical et l’industrie agroalimentaire, ou de faire circuler les méthaniers sur les océans. A bord de ces géants des mers,  les compresseurs récupèrent l’énergie née de la vaporisation du GNL (gaz naturel liquéfié) et ils les transforment de façon à  assurer la propulsion.
Alors même que cette offre n’est pratiquement pas vendue en France – 95 à 98 % du chiffre d’affaires se réalise à l’export selon les années – c’est Hésingue qui concentre les activités clés de développement, d’assemblage et de tests des produits phares.

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L'usine et siège d'Hésingue concentrent les activités de développement, assemblage et tests des pompes cryogéniques et ses accessoires.

La carte des implantations est complétée par 9 sites à l’étranger : quatre aux États-Unis (en Californie, en Pennsylvanie, à Houston au Texas et à Chicago) et une respectivement en Chine, au Brésil, en Grande Bretagne, à Singapour et enfin, le pus récent en Russie à Saint-Petersbourg. Les États-Unis, la Chine et le Brésil comptent des unités de montage des équipements.
Cryostar compte un autre site en France, en Aveyron, dans un créneau nouveau pour lui : les véhicules roulant au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce site de 25 personnes développe des stations pour le remplissage de GNL sous forme fixe ou transportable. Il a été intégré par rachat d’une société locale que Cryostar a converti à cette activité assurément porteuse, à partir de celle d’origine dans l’univers plus traditionnel de la distribution de bouteilles de gaz.


Le magasin central a gagné en degré d’automatisation

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En 2018, les investissements ont porté sur l'entreprosage, avec l'implantation de deux tours de stockage.

Des investissements réguliers continuent à soutenir la croissance. En dix ans, 30 millions d’€ ont été injectés. Les derniers programmes à Hésingue avaient concerné l’activité de test des équipements avant leur mise sur le marché. Dans ce cadre, Cryostar Hésingue avait ouvert en 2014 un grand hall d’essais de pompes. Deux ans plus tard, il ouvrait une salle de tests hydrauliques.
L’an dernier, l’effort a porté sur l’entreposage. Au moyen d’une enveloppe d’1,2 million d’€, le magasin central de 22.000 pièces a gagné en degré d’automatisation, en hauteur grâce à l’implantation de deux tours de stockage, et en rationalisation de ses circulations et de ses flux entrée et sortie. « Ainsi avec une surface au sol inchangée, nous avons gagné 30 % de capacité de stockage. L’investissement a également amélioré confort de travail et la sécurité du personnel du magasin », souligne Régine Kinny, responsable communication.
Sur un marché que l’entreprise juge « fluctuant », et dans un contexte de transitions écologiques un peu partout dans le monde qui rebattent les cartes, Cryostar réagit en diversifiant ses débouchés. Outre le GNL pour le transport routier, il a effectué ses premiers pas dans les énergies renouvelables, notamment les équipements pour la géothermie profonde qui va chercher la chaleur du sous-sol à plusieurs milliers de mètres sous nos pieds.


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C’est un embarquement qui a fait du bruit, au sens figuré et au sens propre. En novembre 2018, un Antonov 124, l’un des plus gros avions cargo au monde, a décollé de l’Euroairport de Bâle-Mulhouse, emportant avec lui 90 tonnes de matériel de Cryostar, à destination de la Corée du Sud. Les 30 lots de pompes et compresseurs ont parcouru 9.000 km jusqu’à un chantier naval en train de construire un méthanier.
Le transporteur-logisticien Heppner a conçu et mis en œuvre le chargement, avec les équipes de Cryostar Hésingue. Pour l’entreprise, l’événement relevait du hors normes, aussi bien par bien par son ampleur que par sa nature même. Le recours à l’aérien pour la grande exportation demeure l’exception pour elle. Elle l’actionne pour répondre à des besoins particuliers de planning ou de taille d’équipements qu’exprime la clientèle.
En règle générale, Cryostar fait charger par la mer au départ d’Anvers ou Rotterdam. Mais quand il lui faut l’avion, l'entreprise en dispose pratiquement à sa porte. Son site de Hésingue se trouve à quelques centaines de mètres seulement des pistes de l’EuroAirport.
Photos fournies par l'entreprise

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