VINS. Les accusations de tromperie à l’étiquetage et coupage d’appellations envers la maison de négoce en vins de Bourgogne cotée en bourse, Cottin Frères, trouble la profession viticole.

Ce vendredi matin, viticulteurs et négociants se réunissent au Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) pour adopter une réaction commune.

«Nous allons décider si nous nous portons partie civile pour avoir accès au dossier, car cette affaire éclabousse toute la région viticole», indique Michel Baldassini, président délégué de l’interprofession.

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Rappelons que le négociant de Nuits-Saint-Georges (32 millions d’€ de chiffre d’affaires, une quarantaine de millions de bouteilles),  coté en bourse, est suspecté d'avoir falsifié les étiquettes sur 1,1 million de bouteilles.

Selon le procureur de la République de Dijon Eric Lallement, le négociant a dépassé le pourcentage de mélanges de vins autorisé (15 % pour les produits d’une même appellation en Bourgogne) et ajouté des vins de table dans les moûts.

La tromperie à l’étiquetage porterait, de son côté, sur 500 000 bouteilles, pour un montant de 2,7 millions d’€.

Sans attendre la suite de l'enquête et les éventuelles retombées judiciaires, la profession se mobilise, craignant  de voir anéantis auprès du consommateur, les efforts de qualité entrepris depuis des années.

«Nous effectuons un suivi aval important, en prélevant directement sur les lieux de vente en France et à l’étranger des milliers de bouteilles pour dégustation et analyse», rappelle Michel Baldassini, président délégué de l’interprofession.

À cette surveillance à posteriori s’ajoute, depuis 2008, les contrôles de l’organisme certificateur Icône qui intervient en amont sur le produit, la vigne et la cuverie.

«Là, nous n’avons pas la main, les faits évoqués relevant du ressort de l’administration des fraudes et des douanes qui d’ailleurs ont fait leur travail», souligne Pierre Gernelle, directeur de la Fédération des négociants-éleveurs de Bourgogne.

D'autres cas antérieurs

La Bourgogne a déjà eu à connaître quelques cas similaires, comme d’ailleurs la plupart des vignobles français.

Des maisons prestigieuses en ont été affectées : Bouchard Père et Fils, et plus récemment Chanson.

«Nous avons mis des années à nous en remettre, malgré une opération mains propres immédiate», confesse Gilles Chaudron de Courcelle, qui dirige cette dernière pour le compte du groupe champenois Bollinger.

Pour Cottin Frères qui commercialise ses vins sous le nom de Labouré-Roi, les premières conséquences ne se sont pas fait attendre, puisque l’action  a perdu 36,36 % à la bourse de Paris dès le 1er jour.

Crédit photo: BIVB / Clemencet D.

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