EMBALLAGE. Le carton ondulé moulé, c’est le produit original dont Corrupad s’est fait la spécialité en Europe.  Grâce à lui, la PME de Wittelsheim (Haut-Rhin) s’impose dans l’emballage.

Cette alternative du polystyrène et de la mousse polyethylène repose sur le moulage du carton, trouvaille  dénichée à la fin des années 1990 en Angleterre.

La PME, qui a du réduire ses effectifs, attend de voir comment la conjoncture va évoluer avant de lancer de nouveaux projets dont elle a rempli ses cartons.

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Rond, carré, plat : le carton ondulé qui sort des lignes de Corrupad se laisse triturer dans tous les sens. «Nous le sortons selon quatre formes principales : en angle, en U, plat et profilé», explique Jean-Claude Albert, directeur d’exploitation.

Du coup, il peut prendre l’aspect final d’une charnière, d’un coin, d’une arête… La trouvaille qui repose sur le moulage du carton a été dénichée à la fin des années 1990 en Angleterre par Richard Régnier, entrepreneur régional actif dans l’emballage.

Il s’est empressé d’en prendre la représentation en Europe continentale, ce qui a motivé la création de Corrupad.

Qui dit moule pense plastique, et c’est bien à cette famille de matériaux que le carton spécial Corrupad entend tailler quelques croupières. Il se positionne en alternative du polystyrène surtout, et de la mousse polyethylène.

Pour les poids lourds de la fabrication du carton, le marché du moulé reste trop de niche pour qu’ils s’y déploient vraiment, selon Corrupad… qui ne s’en plaint pas, évidemment.

La PME de Wittelsheim (Haut-Rhin) a investi les marchés de l’emballage. Son activité se répartit aujourd’hui en trois quarts égaux entre l’automobile avec notamment des capots pour PSA et General Motors, la menuiserie industrielle (portes, fenêtres, portails) et les meubles, dont les Cuisines Schmidt.

«On apprend énormément au contact de tels clients en terme d’organisation et d’efficacité», souligne Jean-Claude Albert. Dans le solde d’activité, on compte l’Armée de Terre pour l’emballage de matériel à parachuter et les distributeurs d’emballage dont le leader européen Raja.

L’entreprise sait aussi ce que remise en cause veut dire. «Hormis PSA Vesoul (Haute-Saône), tous les clients historiques ont disparu du portefeuille», souligne le dirigeant.

Pour cause notamment de fermeture d’usine tout simplement, comme Steelcase (mobilier de bureau) à Marlenheim en Alsace ou le site de photocopieurs de Toshiba au Havre.

L’emballage de bobines de fil métallique

Ces dernières années, la crise économique a pesé.  Elle a conduit à réduire les effectifs de 43 à 37 salariés. «La crise nous rend prudents sur le lancement de nouveaux projets. Ils sont prêts, mais on attend de voir comment la conjoncture va évoluer. Au-delà de l’été, la visibilité est faible», reconnaît Jean-Claude Albert.

Corrupad se lance par exemple dans l’emballage de bobines de fil métallique.

Un autre défi vient s’ajouter : la gestion de la hausse de la matière première. Corrupad se fournit exclusivement en papier recyclé. Or le cours de celui-ci a flambé sous l’effet de sa vente massive à l’étranger, pour alimenter les Chinois notamment.

Jean-Claude Albert s’en offusque. «En France, on manque de matière première. Avec le vieux papier, on en a une, mais on se tire une balle dans le pied. Les pratiques actuelles d’exportation nous pénalisent en compétitivité et elles se retourneront contre ses adeptes, avec la réglementation Reach qui oblige à certifier l’origine des produits», prévient-il.

Plein de bonne volonté, le dirigeant s’efforce de passer son message aux pouvoirs publics autant que faire se peut. Mais sans résultat tangible...

Crédit photo: Christian Robischon

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