Dans l'usine de fabrication de granulés à Dannemarie-sur-Crête, 40 personnes travaillent en 3 X 8. ©360 HD
Dans l'usine de fabrication de granulés à Dannemarie-sur-Crête, 40 personnes travaillent en 3 X 8. ©360 HD

COOPÉRATIVE. Dans le milieu agricole, l’union fait la force. Née il y a cinq ans du regroupement de trois coopératives, Terre Comtoise rassemble 4000 agriculteurs – coopérateurs, adhérents et actionnaires – et la greffe a pris.

Le groupe emploie 420 salariés et est présent sur quatre métiers : l’alimentation animale, activité historique et toujours dominante, les céréales, l’approvisionnement et la distribution.

Son leitmotiv : faire des réserves pour prévenir les années sans. Ce qui passe par des investissements constants rendus possibles par l’assise financière du groupe.

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Installé depuis 2012 au Parc de l’Echange, en bordure du péage de l’A36 et à dix minutes de Besançon, Terre Comtoise fête cette année son cinquième anniversaire. Dans un contexte de mondialisation des productions agricoles, le groupe franc-comtois est né début 2009 de la fusion de trois coopératives : Coopadou, présente dans le Doubs et le Jura ; Codeval, également dans le Doubs mais aussi en Haute-Saône ; et Poligny Bletterans qui regroupait des agriculteurs jurassiens.

« Ces trois coopératives avaient des métiers et des modes d’organisation différents », explique Frédéric Moine, le nouveau directeur général du groupe coopératif.

« L’une était positionnée sur la vigne, l’autre sur les céréales, la troisième sur l’organisation en filiales. Elles étaient aussi de tailles très différentes. Mais il existait déjà des liens depuis cinq à dix ans, des accords pour certains métiers et investissements. »

Fin 2008, les esprits étant prêts à cette fusion, le nom de Terre Comtoise a fait l’unanimité auprès des 4000 agriculteurs adhérents. Et depuis 2009, Terre Comtoise travaille à harmoniser la culture d’entreprise et à organiser une représentation équitable des territoires et des métiers.

Quatre métiers

« Ce changement profond a pu être réalisé sans dégâts ni problèmes sociaux, sans perte ni traumatisme mais avec une progression lente et construite », affirme Frédéric Moine.

« Il nous faut poursuivre. Le monde agricole avance vite : réglementations, contraintes environnementales, prix des matières premières… Nous devons montrer des capacités d’adaptation. »

Terre Comtoise a sur son territoire, la concession John Deere.
Terre Comtoise a sur son territoire, la concession John Deere.

Le groupe Terre Comtoise emploie aujourd’hui 420 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 196 millions d’€ en 2013 avec ses quatre métiers : l’alimentation animale (fabrication et distribution), activité historique et toujours dominante, les céréales, l’approvisionnement (engrais, semences, produits de protection des plantes et distribution via l’enseigne Gamm Vert) et distribution de matériel agricole avec la concession, sur son territoire, de John Deere.

« Ces quatre métiers, cela représente une forme d’équilibre, ça réduit le risque économique. Certaines activités sont réalisées dans le cadre de la coopérative, d’autres dans le cadre de filiales, soit parce qu’elles sont hors cadre territorial, soit par le fruit de l’histoire. C’est le cas par exemple, de Gauvain, distributeur John Deere à Is-sur-Tille (Côte d’Or) qui a rejoint Terre Comtoise en 2013 ou de la filiale Lisadou, société créée pour la vente grand public sous l’enseigne Gamm Vert », précise le directeur.

Une unité de séchage en construction à Bletterans

Dans le contexte instable du monde agricole, Terre Comtoise poursuit ses investissements. « La vocation d’une coopérative, c’est d’être au service de ses adhérents, même si nous sommes une entreprise comme les autres, avec un compte de résultat. Mais pour nous, un adhérent, c’est à la fois un client, un fournisseur et un copropriétaire, c’est quelque chose que nous devons intégrer dans nos relations. Nous n’avons jamais cessé de moderniser l’outil », assure son DG.

De nouveaux sites de collecte, une unité de séchage en construction à Bletterans (Jura), la toute récente usine de fabrication de granulés à Dannemarie-sur-Crête (Doubs), une nouvelle base à Villers-Farlay (Jura), des tests de variétés céréalières sur la plateforme de Saône, de nouveaux produits d’alimentation animale…

En cinq ans, la coopérative a permis des investissements que, seules, les trois coopératives fondatrices n’auraient pu assumer.

« Le principe des années 30 des coopératives agricoles perdure : il s’agit toujours de faire des réserves pour les années sans. Ce qui consiste à avoir une assise financière importante et à perpétuellement se projeter pour maintenir l’outil en état. »

Frédéric Moine, directeur général depuis avril 2014.
Frédéric Moine, directeur général depuis avril 2014.

Qui est Frédéric Moine ?

Frédéric Moine est arrivé fin 2013 pour le passage de relais, puisqu’Alain Séguin, le directeur général qui, avant Terre Comtoise, pilotait Coopadou, avait annoncé sa volonté de faire valoir ses droits à la retraite. Il a travaillé à ses côtés jusqu’à son départ, s’est imprégné de l’ADN de ce nouveau groupe, lui-même constitué de l’ADN des trois coopératives qui l’ont fondé, et assume seul la fonction de directeur général depuis avril 2014.

Le milieu coopératif agricole n’est pas inconnu à cet homme de 53 ans qui arrive de la Dauphinoise, un groupe coopératif de Rhône-Alpes, où il occupait un poste de directeur des productions agricoles.

Une évolution « intéressante » pour cet ingénieur agronome également diplômé d’une école de commerce et doué de bonnes capacités d’adaptation.

« J’ai beaucoup voyagé et j’ai un réel intérêt pour la Franche-Comté », assure-t-il.

Photos fournies par Terre Comtoise.

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