Marinette Garnier, oenologue de la maison Jaffelin.
Marinette Garnier, oenologue de la maison Jaffelin.

VIN. Pour ce négociant beaunois, vinificateur de grandes appellations, la pénurie progressive de l’offre de vin, confirmée en Bourgogne par la vendange du millésime 2013, peut provoquer une forte tension sur les cours.

Toutefois prudent, la Compagnie des Vins d'Autrefois a su diversifier ses sources d’approvisionnement comme ses marchés, en France et à l’exportation.

Rencontre avec Jean-Pierre Nié, tombé dans un tonneau à sa naissance et un dirigeant qui sait appeler un chat, un chat.

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Jean-Pierre Nié a prié avec succès le ciel et un temps relativement clément a perduré jusqu’aux vendanges.

Comme beaucoup de ses confrères, le président de la Compagnie des Vins d’Autrefois (15 millions d’€ de chiffre d’affaires), négociant vinificateur implanté à Beaune (Côte-d’Or), n’a pas été épargné par la météo de ce printemps et du début de l’été.

Certaines parcelles viticoles de Jaffelin, filiale en location-gérance (1,5 million d’€ de chiffre d’affaires), ont été touchées par la grêle.

Comme d’autres du domaine Vincent Girardin (10 millions d’€ de chiffre d’affaires, 10 personnes), à Meursault, géré de manière indépendante et spécialisé dans les grands blancs.

Si la perte ne devrait pas excéder quelques dizaines de milliers de bouteilles sur un volume global de 3,8 millions, elle n’en inquiète pas moins le dirigeant.

« Les petites récoltes depuis trois ans me font craindre une tension sur les cours, notamment pour le millésime 2012 des rouges mis en vente l’an prochain », confesse t-il.

Une forte hausse tarifaire peut provoquer à ses yeux une baisse drastique de la commercialisation tant la concurrence mondiale sur le marché du vin est présente. Jean-Pierre Nié cite volontiers l’exemple bordelais pour la Chine où la flambée des grands crus a fait chuter les ventes.

On peut aussi prendre le cas de Chablis en Bourgogne, qui à force de jouer au yoyo avec les prix, a asséché ces dernières années son principal débouché en Grande-Bretagne, pays très affecté par la crise économique.

Caves du Chapitre de Notre Dame, datant du XIIème siècle et appartenant à la maison Jaffelin.
Caves du Chapitre de Notre Dame, datant du XIIème siècle et appartenant à la maison Jaffelin.

Privilégier la qualité

Mais l’homme, depuis 40 ans dans le métier, né aux Hospices de Beaune d’une famille de vignerons, est un optimiste dans l’âme.

« Du vin on peut toujours en trouver », assure t-il.

Pour s’éviter les ruptures de stocks, son petit groupe, employant 25 personnes au total, a diversifié ses sources d’approvisionnement et travaille dorénavant avec une centaine de producteurs.

Il s’est de plus doté d’un outil de vinification performant. Girardin (75% d’export) a été la première société à s’équiper d’une machine de tri des baies à lecture optique.

Pionnier aussi dans le domaine de la distribution, le négociant réparti par ailleurs judicieusement ses marchés.

La Compagnie des Vins d’Autrefois assure 50% de ses ventes avec les foires aux vins en France et, Jaffelin comme Girardin se positionnent nationalement comme à l’étranger auprès des cavistes et la grande restauration.

girardin« L’avenir du bourgogne passe par la qualité et si les belles appellations la respectent, des efforts restent à faire sur les entrées de gamme », explique Jean-Pierre Nié.

Crédit photos : Compagnie des Vins d’Autrefois

   

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