TRANSPORT/BOURGOGNE FRANCHE-COMTÉ. La logistique multimodale a encore du chemin à faire en France, contrairement à des pays limitrophes qui l’ont imposé - la Suisse notamment - pour s’éviter des trains, non pas ferroviaires, mais de poids lourds sur les grands axes routiers.

Tout près de Dijon, existe une plateforme rail-route au passé chaotique certes, mais qui révèle un avenir enfin prometteur. Deux nouveaux trains de fret vont circuler dès l'an prochain.

Explications conjointes de Naviland Cargo, l’exploitant, et de SNCF Logistics, la maison-mère et branche marchandises.

 

conteneur
© Traces Ecrites.

 

Un vent glacial cingle le visage en cet après-midi ensoleillé de la fin novembre dernier. L’un des portiqueurs de la plate-forme multimodale (rail-route) monte avec agilité dans sa cabine perchée à neuf mètres de haut pour décharger un conteneur et le poser délicatement dans l’alignement des autres, avant de les charger sur l’un des trains de fret qui vont faire escale ici.

 

Nous sommes chez Naviland Cargo, à Perrigny-lès-Dijon (Côte-d’Or), sur l’un des onze sites logistiques de cette société de droit privé, filiale de la SNCF. « C’est l’une de nos plus petites plateformes, mais elle est stratégique, car située près un nœud ferroviaire, d’un nœud autoroutier et d’une gare de triage », indique Éric Léonard, chef d’agence et responsable d’exploitation.

 

banquepopulaire 

 

Sa survie vient de ces atouts car financée en grande partie par les collectivités locales - plus de 13 millions d'€ sur une addition de 17,6 millions -, elle  a été inaugurée début 2003, fermée deux ans plus tard, puis rouverte en juin 2009 à la faveur d'une réorganisation du fret SNCF et arrêtée de nouveau en 2011.

 

« On nous a fait miroiter la lune avec un équipement dimensionné pour traiter à l’année 55.000 équivalents vingt pieds (EVP) et équivalents quarante pieds, avec un point mort à 13.000. On n’a jamais atteint plus de 13.000 unités et encore c’était la première année, la moyenne se situant depuis à 7.000 », regrette Éric Léonard.

 

levageconteneur
© Traces Ecrites.

 

La faute à qui : l’exploitant lui-même qui a depuis adapté ses tarifs au marché, mais aussi la clientèle des transitaires, commissionnaires de transport, expéditeurs, destinataires et autres citerniers qui n’ont pas joué le jeu malgré de belles promesses « verbales ».

 

Deux nouveaux trains

 

La situation risque toutefois de changer et la plateforme bourguignonne, toujours déficitaire, devrait devenir rentable dès l’an prochain. Actuellement, deux trains de fret s’arrêtent sur place toutes les nuits. Il s’agit d’un trajet Le Havre-Dijon-Lyon et Dijon-Lyon-Marseille et Fos-sur-Mer.

 

exercice_illegal_boucle 

 

A chaque fois selon le principe du « prend-laisse », des conteneurs sont déposés, puis livrés au dernier kilomètre par camion en Bourgogne et Franche-Comté, ou alors chargés sur les trains pour l’un des ports de la Méditerranée ou de la Manche.

 

Parmi la clientèle régionale, Naviland Cargo compte Solvay (Tavaux), Aperam (Gueugnon), Industeel (Le Creusot) et de nombreux céréaliers. Pour renforcer la charge, un train Lyon-Dijon-Anvers va circuler dès avril prochain, ainsi qu’un Dijon-Strasbourg pour relier le port fluvial sur le Rhin, très actif.

 

poseconteneur
© Traces Ecrites.

 

Grâce à cet apport d’environ 8.000 conteneurs annuels, la plate-forme dépasserait enfin son point mort de 13.000 unités. « Nous avons encore un gros travail de lobbying et de prospection à faire pour aller au-delà en jouant la carte du transport propre et sécuritaire », plaide Laurent Mariotte, délégué à l’aménagement des territoires Bourgogne Franche-Comté chez SNCF Logistics.

 

Naviland Cargo travaille en entreprise intégrée et possède ses propres locomotives avec conducteurs. Elle gère en outre 1.500 wagons. Son chiffre d’affaires s’élève à 100 millions d'€, avec 300 salariés, pour environ 150.000 unités transportées.

 

De son côté, SNCF Logistics en Bourgogne Franche-Comté emploie 900 personnes sur 25 sites et traite 85.000 wagons à l’année.

 

gruelevage
© Traces Ecrites.

 

Pour connaître les atouts logistiques de la Côte-d'Or, cliquez sur le logo de notre partenaire 

 

invest

Commentez !

Combien font "5 plus 5" ?