Le groupe alsacien spécialiste des ingrédients et des bases culinaires pour l’industrie agroalimentaire et les professionnels de la restauration construit un nouveau bâtiment à son siège de Mittelhausen (Bas-Rhin). Cette construction sera dédiée en partie à la transformation d’ail frais, avant d’accueillir d’autres matières premières. Pour son développement, Colin mise sur les filières locales et sur la qualité.
Un nouveau bâtiment est en train de sortir de terre à Mittelhausen, au siège du groupe Colin : 2.000 m2 vont s’ajouter aux 18.000 m2 actuels du site du spécialiste des ingrédients et des bases culinaires. Les travaux doivent s’achever en juin 2024. L’investissement correspondant s'élève à 3,5 millions d’€.
Cette nouvelle construction sera divisée en deux : une moitié consacrée à la logistique et l’autre à la transformation de matières premières fraîches. A commencer par l’ail. Car depuis 2022, le groupe Colin, l'un des leaders européens dans la vente d’épices, s’est lancé dans la production de cet aromate. « Nous sommes une famille d’agriculteurs. C’est notre premier métier », rappelle Eric Colin, le dirigeant du groupe et fils de Georges, le fondateur de l’entreprise il y a plus d'un demi-siècle.
Aussi, Colin Ingrédients a planté 10 hectares d’ail sur la ferme familiale. L’an prochain, cette surface passera à 18, et à court terme, l'entreprise souhaite produire cette culture sur 50 hectares. Huit agriculteurs alsaciens se sont engagés dans la fabrication d’ail pour la PME bas-rhinoise. Il s’agit, pour celle-ci, de répondre à une demande en forte augmentation. Aujourd’hui, le mélange « ail et fines herbes » constitue la saveur favorite des Français et elle entre dans la composition de nombreuses spécialités fromagères, de sauces, de plats cuisinés, etc.
Le groupe familial a également investi pour transformer cette matière première. Dès 2018, une ligne de séchage, pelage et de mouture d’ail frais a pris place sur le site Diafood de Gunsbach (Haut-Rhin), pour un montant d’1 million d’€. Puis, entre fin 2022 et début 2023, une ligne de tri et de ventilation de l’ail frais a été installée à Mittelhausen, d'un coût de 400.000 € (300.000 pour les machines et 100.000 pour les bâtiments). D’autres matières premières fraîches seront produites et transformées en Alsace.
Qualité et traçabilité gérées de façon « strictes »
Le service de recherche-développement emploie 17 personnes à la quête de l'innovation, dont quatre chefs cuisiniers.
En maîtrisant l’intégralité des étapes, de la plantation à la transformation finale, le groupe peut ainsi assurer à ses clients une qualité « d’exception. » « Nous essayons de plus en plus d’acheter local », affirme Eric Colin.
L’entreprise a toujours veillé à ses approvisionnements en sélectionnant soigneusement ses producteurs. « Nous gérons de façon très stricte la qualité et la traçabilité de nos produits », assure Carole Pey, la directrice marketing du groupe. Toutes les références sont analysées par le laboratoire de Mittelhausen. L’autre force de l’entreprise réside dans sa capacité à innover. Le laboratoire de recherche-développement qui emploie 17 salariés dont quatre chefs cuisiniers propose régulièrement de nouveaux assemblages et compositions aromatiques. « Parfois, des groupes agroalimentaires nous intègrent à leurs développements de produits dès le début de leur processus », témoigne la responsable du marketing.
En 2022, Colin, qui emploie 320 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 98 millions d’€. L’activité pour l’industrie agroalimentaire représente 80% de ce total. Le reste des ventes est réalisé en restauration hors domicile via des distributeurs, ou en vente directe avec les marques Toque d’Azur et Côte Ouest, destinées respectivement aux restaurateurs traditionnels et à la restauration collective.
Depuis 2020, le groupe est également présent sur le marché des particuliers, avec la création de la marque Georges Colin et l’ouverture d’une boutique au centre-ville de Strasbourg. « Nous avons gagné des parts de marchés sur nos deux secteurs principaux : l’industrie agroalimentaire et la restauration, à la fois en volume et en valeur », indique Eric Colin. Le dirigeant reconnaît toutefois qu’une grande part de la croissance est due à l'effet prix de l’inflation.
Quant à l'export, il représente 30% du chiffre d’affaires du groupe. Mais depuis le rachat de Diafood en 2016, le marché allemand n’est plus vraiment considéré comme « étranger. » Le siège de Diafood, à Heidelberg, est devenu la base stratégique de l’activité internationale. Celle-ci a pris de l'ampleur : le groupe Colin est présent en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique,en Grande-Bretagne et au Maghreb.
créée par son père Georges il y a plus d'un demi-siècle.
Photos fournies par l'entreprise.


















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