Stratégie industrielle. Le fabricant de bandes transporteuses et de composants pour convoyeurs et autres élévateurs de produits et matériaux, implanté à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), démontre que le fatalisme en matière industrielle peut toujours être combattu.
Alors qu’on le disait condamné par la fermeture des mines en France – Charbonnages de France étant son principal client -, il renaît aujourd’hui avec une stratégie mondiale de diversification géographique et le développement de nouveaux produits (*) pour conquérir d’autres secteurs d’activité.
«Nous destinons aujourd’hui nos bandes transporteuses pour l’extraction minière, à des pays qui misent encore fortement sur le charbon : Chine, Russie, Pologne…, et, ciblons en Europe de l’Ouest, des marchés comme les cimentiers, les carrières, la construction, la sidérurgie, l’agriculture et l’agroalimentaire», explique Edgar Mansour, P-DG de l’entreprise, connue jusqu’en 2002 sous le nom de Depreux et rebaptisée Cobra pour : Convoyor, Belts, Rubber Products, Accessories.
À force de croissances externes régulières avec l’acquisition de Goro, spécialiste des agrafes, puis de la société lilloise Transco (bandes agricoles et agroalimentaires), Cobra est devenu progressivement un petit groupe qui exploite, outre celui de Luxeuil, un site de production en Pologne (100 personnes) et trois unités en Chine (350 salariés), dont la plus importante vient de faire l’objet d’un investissement de 5 millions d’€.
L’appui financier d’Avenir Entreprises et d’Oséo
«Nous possédons par ailleurs des filiales de commercialisation aux États-Unis, en Australie, en Russie et en Afrique du Sud», précise le dirigeant.
Cette réorientation stratégique nécessite toutefois un besoin en cash flow (ou marge brute d’autofinancement) important. D’où le recours à des financements extérieurs.
Ils sont apportés par Avenir Entreprises, filiale commune de la Caisse des Dépôts et du groupe Oséo, qui souscrit pour une durée de six ans 1,5 million d’€ d’obligations convertibles en actions. Ils sont complétés par un prêt d’Oséo sur cinq ans, à hauteur d’1,250 million.
«Nous ambitionnons d’ici à cinq ans de doubler notre chiffre d’affaires pour atteindre les 100 millions d’€ (**); un objectif qui nous semble réaliste si nous confortons notre présence en Europe de l’Est et en Chine et attaquons les marchés de l’Amérique Latine et de l’Inde», argumente Edgar Mansour.
Cobra dispose à Luxeuil-les-Bains d’une usine de 7 000 m2 (100 personnes) et génère 25 millions d’€ de chiffre d’affaires. Elle fabrique des bandes transporteuses minières et des bandes pour l’agriculture et l’agroalimentaire par transfert sur place d’une partie des activités de sa filiale Transco.
(*) Le service R&D du groupe développe actuellement 32 projets.
(**) Cobra fait face à une concurrence d’acteurs mondiaux: Continental/Phoenix (Allemagne), Fenner Dunlop (Grande-Bretagne) et Goodyear Veyance (USA), qui réalisent respectivement 450 millions, 400 millions et 350 millions d’€ de chiffre d’affaires.










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