Christophe Gless a repris l’entreprise Les Cotillons d’Alsace, à Colmar, en octobre 2018, suite au départ à la retraite de Christiane Roth, qui dirigeait l’entreprise familiale depuis 1985. Après neuf années passées au poste de directeur commercial, il a vécu un changement radical quand il est devenu le patron et a ressenti une grande solitude. Témoignage.

« Je n’imaginais pas passer autant de temps à gérer les ressources humaines. J’ai dû apprendre à fermer la porte de mon bureau, car cela devenait difficile à concilier avec le reste de mon travail », confie Christophe Gless, le repreneur en octobre 2018 de Cotillons d’Alsace, fabricant et distributeur d’articles de fêtes à Colmar.

Pourtant, la passation de pouvoir entre lui et Christiane Roth, l’ancienne dirigeante, s’est déroulée en douceur et n’a surpris ni les clients ni le personnel. Après le rachat effectif, Christiane Roth a encore accompagné le nouveau patron pendant six mois. Et le nouveau président ne découvrait pas l’entreprise puisqu’il y a passé neuf ans comme directeur commercial.

cotillonsgrossiste
Cotillons d'Alsace fabrique des articles de fête. © Julie Giorgi.

Mais les 29 salariés des Cotillons d’Alsace avaient besoin d’être rassurés. Pour répondre à la demande du personnel, le nouveau dirigeant a travaillé sur l’organigramme en clarifiant la hiérarchie et en établissant des objectifs chiffrés et quantifiés dans le temps pour chaque poste.
« Les salariés avaient besoin de cadre », affirme Christophe Gless. Dans son ancien poste, il manageait une équipe, mais c’était plus informel. « Je trouve le management hyper motivant, mais cela s’apprend. Aujourd’hui, je dis à mes équipes que je peux commettre des erreurs car, comme elles, je suis en train d’apprendre. »

 

BPALC



Comme un funambule sans filet de sécurité

Mais la plus grande difficulté à laquelle il a dû faire face reste la solitude. « Vous ne pouvez plus communiquer comme avant avec vos anciens collègues. Vous vous retrouvez seul dans la fonction car la décision finale appartient au patron. Et on vous incombe des tâches auxquelles vous n’auriez jamais pensé comme l’organisation de la fête de fin d’année et autres… La question des finances change aussi radicalement vos prises de décision. Désormais, ce sont mes sous que j’engage dans l’entreprise. Du coup, je me sens comme un funambule qui n’aurait plus le filet de sécurité sous ses pieds ! »

cotillonsalsace
Cotillons d'Alsace est aussi un grossiste d'articles de fêtes qui ne vend qu'aux professionnels. © Julie Giorgi

Pour l’aider dans ses nouvelles fonctions et pour mieux gérer le stress, Christophe Gless a pris un coach. Il ne regrette pas cet investissement qu’il juge plus utile qu’un nouvel ordinateur ou une nouvelle voiture de fonction.
« Je suis très satisfait car il y a des sujets que je ne peux aborder ni avec mon épouse ni avec mes relais dans l’entreprise. Même au sein des réseaux de chefs d’entreprises, si on évoque un problème, on échangera sur le sujet quelques minutes mais sans aller plus loin. Alors que le coach, sans donner de solution toute faite, analyse les causes et permet de structurer sa pensée. »
Aujourd’hui, Christophe Gless pilote sereinement l’entreprise colmarienne qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 6 millions d’€.

Commentez !

Combien font "1 plus 10" ?