TEXTILE. La marque dijonnaise de prêt-à-porter féminin ouvrira jusqu’à 70 nouveaux points de vente d’ici à dix ans pour étoffer son réseau de distribution intégré.

Elle continue de produire 10% de ses collections à Gray, commune toute proche de Haute-Saône qui l’a vue naître.

Un investissement de 2 millions d’€ va considérablement améliorer le fonctionnement de son dépôt logistique.

La famille Lasselin, dont la seconde génération est aux commandes, envisage également une opération de croissance externe pour séduire une clientèle plus jeune.

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Jean-Marc Lasselin, P-DG de Christine Laure, marque de vêtement féminin aux 150 boutiques n’aime rien tant que de présenter sa famille lorsqu’il fait découvrir son magnifique siège dijonnais du nouveau quartier de la Toison d’Or.

Christine, sa sœur, s’occupe de la direction commerciale et Jean-Pierre, son frère, assure la production. Le dirigeant ne manque, toutefois, jamais d’associer Jean-Marc Delattre, le directeur général, embauché par son père et pièce maîtresse d’un management à quatre qui fait le succès de l’entreprise.

Chez Christine Laure (70 millions d’€ de chiffre d’affaires, 600 salariés), on a beau marteler n’être que des «paysans de Haute-Saône» au développement prudent, on n’en caresse pas moins des objectifs ambitieux.

«Nous prévoyons d’ouvrir 50 à 70 nouveaux points de vente dans les dix prochaines années pour assurer un maillage territorial plus étoffé», explique Jean-Marc Lasselin.

L’investissement est conséquent, sachant qu’un droit au bail peut s’élever suivant l’emplacement - centre-ville ou centre commercial - entre 150 000 et 200 000 € et que le coût d’aménagement au m2 d’une boutique maison atteint les 1 200 €.

Christine Laure peaufine aussi son site industriel de Gray, en Haute-Saône, berceau de l’entreprise, où sont encore fabriqués 10% des collections avec 80 couturières.

Les ateliers hébergent également de dépôt logistique central où transitent, pour une scrupuleuse vérification, tous les vêtements confectionnés ailleurs : en Chine, Turquie et Maghreb.

Un investissement de 2 millions d’€ est prévu pour l’accroître de 3 000 m2 et le rééquiper avec un système de trieuse automatique et de convoyage plus efficace.

Côté collections, le positionnement réussi auprès des femmes de 40 ans et plus devrait à terme cohabiter avec une ligne pour les trentenaires, mais estampillée différemment.

Dans les pas de Pierre Lasselin

«Nous étudions la possibilité de faire une mini croissance externe avec l’acquisition d’une marque», indique le  P-DG.

Comme dans toute PME d’origine familiale et restée indépendante, l’image du fondateur et paternel, Pierre Lasselin, toujours bien vivant, reste une référence.

«Il nous a permis de poursuivre son œuvre en nous transmettant une boîte solide avec des fonds propres importants», argumente le dirigeant

Son parcours professionnel force le respect.

L’histoire commence en 1947 dans l’appartement de sa mère à Nancy avec une simple machine à coudre.

L’homme réalise alors des tabliers pour enfants qu’il vend directement en boutiques. D’où le vrai nom de la société : Le Tablier de Nancy (LTN).

Son mariage en 1960 l’invite à bouger, attaquer le marché du prêt-à-porter féminin et vouloir s’implanter à Dijon (Côte-d’Or). Son manque de finances l’en dissuade et ce sera finalement Gray, une commune de Haute-Saône toute proche.

Christine Laure s’y développe à vitesse grand V, complétant sa gamme pour femmes, longtemps commercialisée dans des boutiques multimarques.

L’essor des chaînes au début des années 90, qui rachètent la plupart de ces indépendants, conduit la société à monter progressivement un réseau de distribution intégré qu’elle étoffe aujourd’hui.

L’année 2005 concrétise le rêve de Pierre Lasselin. Ses enfants déménagent le siège de l’entreprise à Dijon dans un bâtiment de 3000 m2, moyennant un investissement de 5 millions d’€, et y accueille 60 personnes.

La grande majorité résidant à Gray, Jean-Marc Lasselin, en patron à la fibre humaniste, offre à son personnel le transport dans un car grand luxe, avec café et journaux à disposition.

Pour être complet, le nom de Christine Laure, créé en 1964, mérite une explication. Christine découle du prénom donné à la fille de Pierre Lasselin.

Pensant attendre une autre fille, il l’aurait baptisé Laure. Mais c’est un garçon qui est né : Jean-Pierre.

Aujourd’hui l’honneur est sauf, car la propre fille de Christine se prénomme Laure. Sacrée famille !

Crédit photo: Traces Écrites

2 commentaire(s) pour cet article
  1. AMANI - MONACOdit :

    Bravo... de réelles valeurs humaines... une marque de référence et très élégante une grande Admiration à la famille Christine LAURE

  2. Karinedit :

    Un grand bonjour et félicitations à toute l'équipe pour cette évolution!! Karine (ancienne comptable)

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