L’entreprise Monnet connue pour ses chaussettes techniques pour les sports d’hiver à Montceau-les-Mines vient d’obtenir la certification « Origine France garantie », au moment où son segment d'activités se porte bien. Son dirigeant fait de cette distinction un tremplin vers plusieurs autres axes de développement.


C’est une glisse tranquille pour les chaussettes Monnet. Trois ans après sa labellisation EPV (entreprise du patrimoine vivant), l’entreprise de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) vient de décrocher la certification « Origine France Garantie. »  Si tous les fils de son approvisionnement ne viennent pas de France, la fabrication finale à Montceau par une équipe de 22 salariés a justifié la nouvelle distinction.
 

MONNET DIRIGEANT
Daniel Porte, directeur des chaussettes Monnet (à droite), a reçu la certification " Origine France Garantie " saluant
l'internalisation de la production de l'entreprise. © Monnet


Le fabricant l’accueille comme une continuité logique. « Nous la devons aux actions que nous menons depuis des années. Cela donne de la valeur à la marque. Nous sommes différents des autres et il faut le dire », soutient Daniel Porte, son directeur.

L’entreprise qui vend 330.000 paires de chaussettes chaque année, doit d’abord sa notoriété aux sports d’hiver. Leader de la chaussette de ski, elle renouvelle depuis 12 ans un partenariat avec la Fédération française de ski et travaille ses innovations comme le GelProtech, une technique brevetée mondialement pour protéger les tibias et la mallélole en cas de chute sur les pistes. 

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La stratégie de développement se construit aussi sur d’autres axes. La randonnée en particulier. Ce secteur est un peu plus concurrentiel, même s’il offre des partenariats porteurs comme celui avec les guides de Chamonix. Monnet a bien compris le profil de sa clientèle, plus mûre et sensible à des produits de qualité fabriqués en France. L’ « Origine France Garantie » apporte ainsi un atout précieux pour accroître la présence sur ce segment, également plus ouverts aux produits bio. Dans cette logique, l’entreprise vient de sortir une gamme de chaussettes de randonnée courtes fabriquées à partir de 50% de lin.

Un autre axe consiste en le développement des ventes sur Internet, depuis deux ans. Leur part reste limitée à 3 % aujourd’hui, mais la maison de Montceau-les-Mines se fixe comme objectif de la faire monter à 10%. Elle associe, avec subtilité, pédagogie et proposition de produits sur son site web. Entre deux pages de vente, Monnet donne des conseils en ligne : « comment bien récupérer après une randonnée ? » « souleur au genou, que faire? » ou encore le sujet récurrent de tout randonneur : « comment éviter les ampoules ? » Sur ce point, Monnet a sa petite idée puisqu’elle produit les « Twin Trek », des chaussettes double peau, anti-ampoules.

 

Une gamme de ville

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Les fils sont achetés en France et ailleurs en vue de leur transformation dans l'atelier de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). © DR


L’entreprise mise par ailleurs sur un développement de l’export, qui représente actuellement 10% de ses débouchés. Elle travaille son implantation à l’étranger pour étendre les ventes à partir des pays dans lesquels elle est déjà ancrée : la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Belgique, la Suède…

Son quatrième axe repose sur sa collection street wear. En 2021, Monnet a en effet lancé une gamme de chaussettes de ville baptisée « Casual » qui lui procure 40% de ses ventes sur Internet. Là, encore, la pédagogie prime. La marque communique sur son savoir-faire de chaussettes parfaitement ajustées à la pointure alors que les autres distributeurs proposent des produits pour trois tailles.

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Après le creux de la période Covid, la situation s’est tout à fait renversée en 2022 avec un chiffre d’affaires de 3,3 millions d’€ contre 2,4 millions d’€ en 2018. La raison : les sportifs en manque d’activité se sont défoulés sur les pistes de ski. L’ensemble du secteur a donc profité de cette vague favorable. « Après la réouverture des stations fin 2021, nous avons connu une frénésie pour les sports d’hiver, l'ensemble du secteur outdoor a connu une année extraordinaire qui nous a permis un rattrapage de la crise sanitaire », précise Daniel Porte. 

Si l’année 2022 a été porteuse, rien n’était moins sûr en revanche pour 2023. Finalement, avec 2,9 mililons d’€, l’entreprise terminera l’année par un chiffre d’affaires bien supérieur à celui de l'avant-Covid. De quoi remplir largement ses chaussettes sous son sapin de Noël.  

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