La base sera installée sur le parc d’activités de référence Nord Haute-Marne à Saint-Dizier. ©Ecolin-ville de Saint-Dizier
La base sera installée sur le parc d’activités de référence Nord Haute-Marne à Saint-Dizier. ©Ecolin-ville de Saint-Dizier

MAINTENANCE. La ville de Saint-Dizier en Haute-Marne va devenir d’ici à fin 2017 l’épicentre du nucléaire français. C’est en effet à cette date qu’entrera en service la nouvelle base de maintenance de l’ensemble du parc exploité par EDF.

Trois fois plus grande que celle du Tricastin, qu’elle est appelée à remplacer, la base bragarde (*) répond aux besoins de l’électricien dans le cadre de son « grand carénage » : nom donné à l’opération consistant à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires moyennant d’importants travaux de maintenance.

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L’entretien et la maintenance d’une centrale nucléaire sont évidemment un sujet sensible, comme tout ce qui touche à l’atome. Ces opérations ne tolèrent aucune approximation. C’est pourquoi EDF a décidé de construire une base de maintenance « plus adaptée en volume et en qualité au grand carénage » que celle du Tricastin dans la Drôme, dixit les responsables de l’entreprise.

Le futur bâtiment servira à entreposer et à entretenir l’outillage utilisé dans les 58 réacteurs électronucléaires.

Robots d’inspection, de soudage, de boulonnage, de nettoyage, etc. : ces outils pilotés à distance seront décontaminés sur site avant d’être acheminés dans des conteneurs à Saint-Dizier (Haute-Marne).

Là, ils seront entretenus, réparés et « revalidés » pour employer le jargon des spécialistes. Il s’agira en particulier d’appareils nécessitant d’être réétalonnés après chaque usage. Plus d’un millier d’outils seront ainsi stockés sur place, soit après un arrêt de tranche, soit en attente de leur réutilisation.

« Le parc nucléaire français est standardisé, souligne-t-on à EDF, et toutes les centrales utilisent le même outillage. » Saint-Dizier est donc considéré par l’électricien comme sa future « caisse à outils nationale ».

Sorte d'hôtel d'entreprises pour les prestataires

Mais la base de maintenance, dont les travaux démarreront en 2015, réceptionnera aussi les outils des grands sous-traitants d’EDF : les Areva, Cegelec, Westinghouse, etc. Quelque 8 000 m2 de bâtiments seront mis à leur disposition. Il s’agira d’une sorte d’hôtel d’entreprises dont les locaux seront loués.

Jusqu’à 200 personnels des prestataires d’EDF pourront être accueillis en simultané sur le site, s’ajoutant aux 50 salariés de la Socodei, une filiale à 100 % d’EDF qui sera chargée de son exploitation pour le compte de la maison mère.

Le site en lui-même sera considéré comme une ICPE, une installation classée pour la protection de l’environnement, mais ne sera pas classé Seveso dans la mesure où il ne présentera pas de risque particulier. La radioactivité n’y sera présente au pire que sous forme résiduelle.

EDF s’est ménagé la possibilité d’étendre le site si le besoin s’en faisait sentir un jour. La construction des bâtiments sera confiée à un concepteur-réalisateur, dont la désignation interviendra prochainement.

L’investissement tournera autour d’une quarantaine de millions d’€.

Une représentation virtuelle de la future base de maintenance d’EDF (document non contractuel). ©EDF
Une représentation virtuelle de la future base de maintenance d’EDF (document non contractuel). ©EDF

Terre du nucléaire

Le choix du site de Saint-Dizier ne doit rien au hasard.

La construction de la base de maintenance fait partie des mesures d’accompagnement économique du laboratoire de Bure-Saudron, ce laboratoire de recherche souterrain pour le stockage des déchets radioactifs piloté par l’Andra aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

La base de maintenance s’inscrit aussi dans la perspective de l’ouverture future de Cigéo, ou centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs, qui doit s'installer dans la même zone.

D’autres grands équipements ont déjà vu le jour à cheval sur les deux départements de la Meuse et de la Haute-Marne, dans l’optique de « constituer un pôle national d’excellence en maintenance nucléaire ».

EDF y a implanté successivement son centre d’entraînement aux essais non destructifs (déjà à Saint-Dizier), qui délivre des formations et des certifications à ses agents et au personnel de ses prestataires ; ses archives industrielles (à Bure) pour conserver la mémoire de ses opérations de maintenance ; et sa plate-forme logistique de pièces de rechange pour le parc nucléaire (à Velaines).

L’accompagnement d’EDF se traduit également par les commandes passées aux PME locales (124 millions d’€ depuis 2006), et par le soutien apporté aux formations spécialisées dans le nucléaire ouvertes dans des lycées de Saint-Dizier et Bar-le-Duc.

« Une partie des emplois créés par la base de maintenance seront recrutés parmi les diplômés de ces sections », se plaît-on à souligner du côté d’EDF.

(*) Les habitants de Saint-Dizier sont appelés les Bragards.

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