Pas moins de 450 restaurateurs, cafetiers, brasseurs, exploitants de discothèques, mais également leurs fournisseurs, étaient présents hier 7 décembre à Dijon, place de Libération, face au Palais de Ducs de Bourgogne et siège de la mairie, pour exprimer leur douleur de ne pouvoir travailler. Une manifestation digne et admirablement bien organisée par le syndicat de l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH), en forme de requiem et au son du glas.

 

A 15h05, hier au cœur de Dijon, Cyril (20 ans),  Elsa (18 ans), Saloua (21 ans), Guillaume (22 ans), Elisabeth (15 ans), toutes et tous apprenti(e)s au sein de restaurants, cafés, bars, brasseries, égrènent les noms de 350 établissements de Côte-d’Or en indiquant leur date de création et le nombre de salariés. En chœur, l’assistance composée de professionnels du métier scandent à chaque fois : « mort en 2020 », ponctué d'un glas sourd, très sourd. Ce n’est certes qu’une image, mais elle symbolise cette année terrible pour toutes ces professions qui ont du fermer leurs portes pendant près de trois mois au printemps, et à nouveau depuis fin octobre et ne pourront à priori pas réouvrir avant le 20 janvier 2021.

 

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Nous sommes Place de la Libération et, triste gageure, tous sont prisonniers de l’inactivité. Ils meurent d’une mort lente, presque sans bruit, si ce n’est ce requiem pour leurs établissements qui font en temps normal la vie, favorise le tourisme et sont l’ADN de la région. En résumé, ils sont partout, de Lille à Cahors, de Marseille à Rennes, de Bayonne à Charleville-Mézières, essentiels à notre bien-être et notre bien vivre.

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« In memoriam », alors. Et bien non ! A l’appel de leur syndicat, l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) de Côte-d’Or, 450 chefs de maison, conduits par Patrick Jacquier, veulent renaître. « On nous parle de l’horizon du 20 janvier prochain, mais sans garantie, alors que nous avons investi pour garantir la plus grande sécurité sanitaire à nos salariés et à notre clientèle ; on permet la réouverture des commerces et on maintient la restauration collective…, où est la justice ? », dénonce cet hôtelier-restaurateur.

«  De belles paroles et peu d’action »


Voilà la deuxième fois de sa vie que le président de l’UIMH Côte-d’Or sort de ses gonds et mobilise ses troupes qui pèsent dans ce département : 2.000 établissements qui emploient 5.600 personnes. « Les décrets officiels sont trop longs à être publiés, les annonces floues : pas d’exonération de charges pour ce second confinement, quid du chômage partiel après le 31 décembre…, de belles paroles et peu d’action.  »

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Les adhérents de l’UMIH ne disent pas autre chose. « Ils nous faut un vrai accompagnement », clame Alexandre Hutin qui exploite plusieurs restaurants et bars dans la capitale régionale. « Nous pourrions rouvrir, tant nous avons investi dans des dispositifs de protection, entre 4.000 et 5.000 € par établissement, et perdu en fonds propres des sommes importantes, d’où l’urgence », assure Gilbert Febvay, d’un bar d’ambiance avec pour attraction phare le billard.

 

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Parmi les fournisseurs, du secteur des Cafés, Hôtels, Restaurants (CHR), les mines se font grises également. « Mon chiffre d’affaires de novembre est à 5% d’un mois normal », se désespère Yannick Verriele, du groupe C10, distributeur de boissons. « Je suis à leur côté car ils souffrent et certains ne pourront pas tenir et c’est un drame pour Dijon, ville du plaisir de vivre et de la gastronomie », ponctue Nadjoua Belhadef, maire-adjointe au commerce et à l’artisanat. Pour les fêtes de fin d'année : aidez-les à ne pas mourir, consommez local et « pensez à la vente à emporter. »

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